Présentation de la nouvelle équipe Lost in Gohelle : Arianna, de la danse au journalisme de guerre

Étudiante italienne à l’ESJ Lille, Arianna Poletti souhaite devenir journaliste spécialisée sur le Moyen-Orient. Elle respecte et admire les reporters et journalistes de guerre. Pendant ces deux semaines, Arianna Poletti va découvrir Loos-en-Gohelle où elle est arrivée ce matin.

Sa première impression sur ce village de bassin minier : ces montagnes de 180 mètres sont vraiment toutes petites. « Il faut dire que chez moi, les montagnes culminent à près de 2000 mètres, » s’exclame-t-elle! Dans les 15 prochains jours, elle veut s’intéresser plus particulièrement à la vie politique et aux problèmes sociaux de la région. Voire même l’épineuse question de l’agroécologie à Loos-en-Gohelle.

Arianna POLLETI, 21, étudiante italienne de 93è promotion à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille.

Arianna POLLETI, 21, étudiante italienne de 93è promotion à l’ESJ de Lille.

Grande et blonde, Arianna a les cheveux longs. Dynamique et souriante, elle a appris à danser à 10 ans. À 21 ans, cette belle danseuse contemporaine a déjà reçu plusieurs prix dans divers concours.

« C’est lorsque j’ai échoué au concours d’entrée à l’Académie de Monaco que j’ai réalisé que je ne pouvais pas m’enfermer dans un coin. J’ai alors choisi le journalisme. C’est plus réel », raconte-t-elle.

D’Aosta à Jérusalem jusqu’à Loos-en-Gohelle

Baccalauréat en poche, Arianna rentre à Sciences Po, sur le campus Menton, près de Nice. En troisième année de licence, elle part à Jérusalem. Là-bas, elle écrit en tant pigiste pour « Terre Sainte »un bimensuel de 60 pages.

Dans la planète, Arianna veut la paix et non pas la guerre. Pourtant, si la guerre est inévitable, tous les journalistes devraient au moins aller une fois sur le terrain, pour rapporter la vérité des combats et aider à installer durablement la paix.

Petite, dans son village natal de Aosta, située dans le nord de l’Italie, Arianna ne lisait que de la fantasy. Elle ne s’intéressait pas du tout au réel. Jusqu’à ce jour où sa maman, enseignante au lycée, lui offre un roman inspirée de faits réels. Un tournant.

« Je me suis demandée pourquoi je m’intéressais à l’irréel plutôt qu’à la réalité. Après cette réflexion, j’ai su ce que je voulais faire dans l’avenir : devenir journaliste », explique Arianna, qui parle, outre sa langue maternelle, plusieurs langues, à savoir le français, l’anglais et l’arabe. Un métier qui peut lui permettre, espère-t-elle, de dénoncer et de réagir.

Dans le cadre de la formation diversifiée à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, cette future journaliste souhaiterait se spécialiser en presse écrite. Même à Loos-en-Gohelle, elle va d’abord faire du web !

Présentation de la nouvelle équipe Lost in Gohelle : Martina Mannini, la pensée réflexive et le journalisme

Humaniste, Martina aime lire. Elle aime les phrase longues et complexes, ruminer les pensées. Cette jeune fille italienne à l’accent de Bologne fait partie de la nouvelle équipe de Lost in Gohelle.

« J’ai décidé de devenir journaliste dans un tribunal de Nantes. » Martina est une fille réservée. La voix basse et une cigarette roulée dans la main gauche, elle a du mal à se raconter. Les mots sortent doucement et lentement de sa bouche entre une bouffée de cigarette et une autre. « À Loos-en-Gohelle, j’adorerai faire des longues promenades sur les terrils. J’ai hâte de découvrir et de raconter les coins de cette ville, » affirme-t-elle en souriant.

Humaniste sortie d’une famille de médecins, elle a cassé la logique familiale qui la voulait dans un hôpital. « Je suis une outsider dans ma famille, » dit-elle avec un sourire sillonnant son visage parsemé de taches de rousseur. D’abord à Nantes, où elle décroche un stage dans la rédaction nantaise de Ouest France, ensuite à Bologne, en Italie, où elle est embauchée par le quotidien local Il Resto del Carlino.

« Un de mes écrivains préférés est Ennio Flaiano ! »

« À Ouest France, j’ai commencé couvrir des faits divers. Dans les couloirs du Tribunal de Nantes, j’ai compris que mon avenir c’était le journalisme. J’aime raconter des histoires, mais à chaque fois je dois faire de terribles efforts de synthèse. » Le cerveau de Martina fonctionne comme ça, elle adore les phrases longues, la pensée complexe et construite. Et elle aime la creuser comme un trognon de pomme. Quand on lui fait remarquer que l’écriture journalistique porte avec soi les contraintes de la simplicité, elle s’exclame : « Un de mes écrivains préférés est Ennio Flaiano ! [écrivain italien connu pour l’efficacité de sa prose, NDRL]. »

Martina MANNINI à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille © Stefano Lorusso

De formation littéraire, Martina a étudié Cultures littéraires européennes à l’Université de Bologne. « La première barrière a été l’examen de latin, moi, qui avais effectué des études de langue au lycée! » raconte-t-elle. Pendant son cursus universitaire, cette jeune fille aux longs sourcils se rend compte qu’elle veut voyager. Destination France. Un problème administratif lui barre la route pour Strasbourg, mais elle ne renonce pas à son projet. Un échange Erasmus l’amènera à Nice. « Mais je n’ai pas du tout aimé l’ambiance du Sud de la France, je n’ai pas aimé les gens. »

Parions qu’elle appréciera bien plus Loos-en-Gohelle !