Présentation de la nouvelle équipe Lost in Gohelle : Martina Mannini, la pensée réflexive et le journalisme

Humaniste, Martina aime lire. Elle aime les phrase longues et complexes, ruminer les pensées. Cette jeune fille italienne à l’accent de Bologne fait partie de la nouvelle équipe de Lost in Gohelle.

« J’ai décidé de devenir journaliste dans un tribunal de Nantes. » Martina est une fille réservée. La voix basse et une cigarette roulée dans la main gauche, elle a du mal à se raconter. Les mots sortent doucement et lentement de sa bouche entre une bouffée de cigarette et une autre. « À Loos-en-Gohelle, j’adorerai faire des longues promenades sur les terrils. J’ai hâte de découvrir et de raconter les coins de cette ville, » affirme-t-elle en souriant.

Humaniste sortie d’une famille de médecins, elle a cassé la logique familiale qui la voulait dans un hôpital. « Je suis une outsider dans ma famille, » dit-elle avec un sourire sillonnant son visage parsemé de taches de rousseur. D’abord à Nantes, où elle décroche un stage dans la rédaction nantaise de Ouest France, ensuite à Bologne, en Italie, où elle est embauchée par le quotidien local Il Resto del Carlino.

« Un de mes écrivains préférés est Ennio Flaiano ! »

« À Ouest France, j’ai commencé couvrir des faits divers. Dans les couloirs du Tribunal de Nantes, j’ai compris que mon avenir c’était le journalisme. J’aime raconter des histoires, mais à chaque fois je dois faire de terribles efforts de synthèse. » Le cerveau de Martina fonctionne comme ça, elle adore les phrases longues, la pensée complexe et construite. Et elle aime la creuser comme un trognon de pomme. Quand on lui fait remarquer que l’écriture journalistique porte avec soi les contraintes de la simplicité, elle s’exclame : « Un de mes écrivains préférés est Ennio Flaiano ! [écrivain italien connu pour l’efficacité de sa prose, NDRL]. »

Martina MANNINI à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille © Stefano Lorusso

De formation littéraire, Martina a étudié Cultures littéraires européennes à l’Université de Bologne. « La première barrière a été l’examen de latin, moi, qui avais effectué des études de langue au lycée! » raconte-t-elle. Pendant son cursus universitaire, cette jeune fille aux longs sourcils se rend compte qu’elle veut voyager. Destination France. Un problème administratif lui barre la route pour Strasbourg, mais elle ne renonce pas à son projet. Un échange Erasmus l’amènera à Nice. « Mais je n’ai pas du tout aimé l’ambiance du Sud de la France, je n’ai pas aimé les gens. »

Parions qu’elle appréciera bien plus Loos-en-Gohelle !