Centenaire de la bataille de la Cote 70 : les péripéties d’un mémorial inespéré (2/2)

Depuis hier lundi 15 août, la bataille canadienne de la Cote 70 à Loos-en-Gohelle a officiellement cent ans. La construction du mémorial pour l’occasion a été l’objet de bien des rebondissements. D’un côté à l’autre de l’Atlantique, la communication n’a pas toujours été facile. Chronologie.

Mis à jour le 17 août 2017

On attend du grand monde à Loos-en-Gohelle. Le 22 août prochain, le mémorial canadien au coeur de Loos-en-Gohelle ouvrira officiellement ses portes aux publics, après deux ans de construction. Entièrement financé par des dons privés de Canadiens, via l’entremise du Comité Cote 70, l’histoire de la construction de cet édifice n’a pas été simple. Retour sur les grandes dates du mémorial.

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Loos raconte Loos : sur les traces de la Grande guerre

Il y a vingt ans, “Loos sur les traces de la Grande Guerre” a créé le musée Alexandre Villedieu. L’association est gardienne de l’histoire de la ville pendant la Première Guerre mondiale. Gilles Payen fait partie des 25 bénévoles et propose de visites gratuites du musée et des lieux de bataille près de Loos-en-Gohelle. Il nous raconte comment est née sa passion pour l’histoire.

“Bataille de Loos-en-Gohelle, 25/09/1915”, peut-on lire sur son tee-shirt. “Je n’ai pas fait exprès”, précise-t-il. Enseignant de technologies à Béthune, Gilles Payen est guide volontaire au musée Alexandre Villedieu.

Situé près de la mairie de Loos-en-Gohelle, ce petit musée tire son nom d’un ancien combattant de la Grande Guerre. Il traite des batailles qui ont eu lieu dans la ville et aux alentours. L’association “Loos sur les traces de la Grande Guerre” l’a fondé il y a maintenant vingt ans. Et compte aujourd’hui 25 membres. “Nous sommes tous bénévoles, âgés de 18 à 86 ans, précise Gilles Payen. L’ainé est notre président, Alfred Duparcq”.

Animé par des bénévoles

L’association loossoise se compose de profils différents, qui ont en commun la passion pour leur ville et pour l’histoire de la Première Guerre mondiale. Pour devenir guides, “nous n’avons pas suivi une formation spécifique mais nous lisons beaucoup”, explique Gilles Payen.

Gilles Payen, guide volontaire au musée Alexandre Villedieu
 Crédit photo : Sofia Nitti

Gilles Payen, guide volontaire au musée Alexandre Villedieu
 Crédit photo : Sofia Nitti

A travers ses trois petites salles, le musée possède un fonctionnement assez inédit. “Nous n’avons pas vraiment d’horaires d’ouverture et fermeture. La réservation des visites se fait par mail. Celui qui parmi nous est libre vient faire découvrir le musée”.

Un musée sans horaires mais aussi et surtout des parcours sur mesure. Les visiteurs peuvent choisir de se rendre sur les terrils pour mieux comprendre le mouvement des troupes pendant les batailles. Ils peuvent également visiter le cimetière où repose John Kipling, fils de l’écrivain du Le Livre de la Jungle. Ou encore faire le tour de la « côte 70 », théâtre de batailles extrêmement meurtrières.

De toute l’Europe

“Une fois, un touriste américain voulait retrouver le lieu exact où était mort son grand-oncle”, s’étonne Gilles Payen. Depuis deux décennies, le musée Alexandre Villedieu reçoit des visiteurs de toute l’Europe, Grande-Bretagne en tête. “Heureusement, cette année, nous avons accueilli un nouveau membre qui parle anglais et allemand”, se félicite le guide.

Quant à la passion de Gilles Payen pour les batailles de 14-18, elle n’est pas née dans les bouquins. “J’ai commencé à m’intéresser à l’histoire de la ville dans la Grande Guerre il y a quinze ans. En faisant mon jardin, j’ai trouvé des barbelés, des obus…” C’est comme cela qu’il a décidé d’intégrer l’association. “J’ai d’abord suivi le président et les autres guides… puis j’ai pris mon envol !”

Sofia Nitti

Découverte du musée Alexandre de Villedieu, au coeur de la réalité des tranchées

2016 : 20e anniversaire du musée Alexandre Villedieu. Il nous permet, le temps d’une visite, de se rapprocher de la réalité quotidienne des soldats de la Grande-Guerre. Le musée porte le nom d’un ancien soldat Français, dont la dépouille a été retrouvée en 1996.

Au premier étage du foyer Omer Caron, situé juste à côté de la mairie de Loos-en-Gohelle, se niche le musée Alexandre Villedieu. Qui n’ouvre ses portes que sur rendez-vous. Il faut monter quelques marches pour y arriver. A l’entrée, un gigantesque drapeau canadien, offert par la ville voisine de Vimy lors du 90e anniversaire de sa bataille il y a neuf ans.

La visite commence dans une première salle, dont on aperçoit à peine les murs d’un bleu céleste. Les étagères sont surchargées d’objets ayant appartenu à des soldats de la Grande Guerre. Plus de 3 000 vestiges sont exposés. Alors que l’on s’attend à voir des armes de guerre, ce sont les objets du quotidien qui dominent. Cuillères, brosses à dents, rasoirs, lunettes, pipes et un étonnant stylo est mis en valeur dans le coin de la salle. Ce stylo est à l’origine de la création du musée, qui porte le nom de son propriétaire, Alexandre Villedieu.

 

Un stylo célèbre

Retrouvée il y a 20 ans avec le corps de son détenteur, la plume Watterman du soldat Alexandre Villedieu a attiré les regards de la France entière. « Lorsque le stylo a été découvert dans la ville de Loos-en-Gohelle, on s’est vite rendu compte qu’il fonctionnait encore, avec l’encre d’origine ! », explique le guide bénévole.

Rapidement, ce sont des milliers d’objets retrouvés dans les jardins et dans les champs que les Loossois ramènent à la mairie. À l’initiative de l’association « Loos sur les traces de la Grande Guerre », un musée a été créé pour exposer les vestiges loossois. Et en filigrane, pour expliquer les batailles qu’a connues la commune.

objets musée
Vestiges de la Grande-Guerre exposés au musée Alexandre Villedieu
Crédit : Sofia Nitti 

Trois grandes cartes ont réussi à occuper un petit espace de mur face aux étagères surchargées qui occupent l’essentiel de l’espace. Ces cartes dessinent les grandes lignes de trois batailles importantes pour la ville. La bataille du 9 mai 1915, qui avait pour but de faire diversion de « l’offensive de Lorette ». La bataille du 25 septembre 1915 connue sous le nom de « la bataille de Loos ». Et la bataille 15 aout 1917 dite « les faubourgs de Lens », menée par l’armée canadienne.

 

Des objets figés dans le temps

 

Sur les étagères, les vestiges ont une teinte rouille qui tire vers le vert sauge. Ils ne sont pas si différents des nôtres et nous rapprochent brusquement de la réalité de ces hommes qui ont connu les tranchées il y a cent ans. C’est une sensation étrange. Au milieu de la pièce, une immense table ovale est habillée d’un drap turquoise. L’espace manque pour circuler, mais cela ne gêne pas le déroulement de la visite faite sur mesure.

Dans le couloir qui nous mène aux autres salles, des photos de graffitis dessinés par soldats canadiens dans les sous-terrains de Loos-en-Gohelle ornent les murs. La deuxième salle accueille des tableaux de paysages de la région d’un ex-soldat allemand. Étonnamment, aucune de ses toiles ne représente des scènes de guerre.

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Graffitis d’une feuille d’érable 
Crédit : Sofia Nitti

La dernière pièce ressemble à la première, des objets qui appartenaient aux soldats français, anglais, allemands et canadiens. Des posters nomment aussi les personnalités de l’époque mortes dans les batailles qui ont touché la ville. Qui aurait cru que le frère de la reine mère d’Angleterre, Fergus Bowerlyon, était mort en Gohelle?

Dans cette ancienne bibliothèque, sont entreposés une rangée, bien fournie, d’objets qui n’ont pas encore trouvé de place. Ce petit musée, né et alimenté d’initiatives volontaires mériterait un peu plus d’espace pour entreposer tous ces trésors du siècle dernier. La visite s’achève. Elle a commencé il y a plus d’une heure déjà. Le temps passe vite quand les histoires sont bien racontées.