D’où vient le nom Loos-en-Gohelle ?

Ceux qui passent à Loos-en-Gohelle ne connaissent pas  forcément l’origine du nom de cette petite ville de 7 000 habitants. Ils se questionnent (ou pas) de savoir d’où vient l’appellation « Loos-en-Gohelle » ? Voici la réponse !

Panneaux de rue dans la Ville fleurie à Loos-en-Gohelle © Mairie de Loos-En-Gohelle

Panneaux de rue dans la Ville fleurie à Loos-en-Gohelle © Mairie de Loos-En-Gohelle

Extrait du livre Loos en Gohelle à la recherche de son passé.

Extrait de Loos en Gohelle à la recherche de son passé

Loos-en-Gohelle est composé de deux mots-clés importants : Loos et Gohelle. Le mot Loos existe même avant 1500 ans. Selon les recherches effectuées par un groupe de Loossois parues dans un livre intitulé Loos-en-Gohelle à la recherche de son passé, paru en 1982, en supplément des Echos Lossois; Loos veut dire « les prés marécageux. » Dans ce même livre, on apprend cependant que Loos veut dire aussi « le Bois », d’après M. L. Ricouart dans son ouvrage Étude sur les nom de lieux du département du Pas-de-Calais.

Ce livre montre aussi que les mots « Gohelle » ou « en Gohelle » correspondent au territoire de l’Artois. Il s’agit de la partie occidentale du doyenneté de Lens. Les racines étymologiques de ce mot sont nombreuses : Goièle, Gohier, Gauheria, Gauhière (vieux français) Gohelle, Goelle, Gouelle, Göll (vieil allemand)…

En 1937, l’Etat français décide finalement de donner définitivement à la ville le nom de Loos-en-Gohelle.

Pour clarifier tout cela, nous avons rencontré Francis Maréchal, l’adjoint actuel du maire de Loos-en-Gohelle. Cliquez sur la vidéo ci-dessous afin de découvrir les explications de ce sage Loossois.

L’explication audio – de meilleure qualité – de Francis Maréchal :

Témoignage de Francis Maréchal, petit-fils et arrière petit-fils de mineur

Il s’appelle Francis Maréchal. Aujourd’hui adjoint au maire de Loos-en-Gohelle, il revient sur le passé du travail à la mine de sa famille.

C’est une famille de trois Léon. Son grand-père paternel s’appelait Léon. Son arrière grand-père paternel s’appelait Léon. Et son oncle s’appelle Léon. Francis est entouré de Léon.

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Léon Maréchal, l’arrière grand-père Crédit photo Francis Maréchal

Tous ont un point commun : ils ont travaillé à la mine.

 » Mon grand-père est né un peu avant la guerre 14-18, a travaillé bien avant la guerre 39-45, à la fin de la guerre, il fallait produire plus de charbon pour reconstruire le pays« , raconte Francis. C’était en pleine première révolution industrielle. « Du temps de mon arrière-grand père, on travaillait à la main. Il n’y avait pas de machine. C’est à l’époque de mon grand-père que sont apparus les marteaux piqueurs. »

Problème : en éclatant, la veine de charbon dégageait bien plus de poussières. Ce qui a finalement conduit le grand-père à être atteint de la silicose, du nom de la poussière de silice qui pénétrait profondément dans les poumons des mineurs. Francis n’a que six ans quand il perd son grand-père.

« Il travaillait dur pour gagner un bon salaire et des primes mais il y a finalement laissé sa vie puisqu’il est mort à 40 ans. » Quand il était petit, il se souvient que beaucoup de mineurs étaient emportés par la silicose. «  J’ai finalement plus connu mon arrière grand-père que mon grand-père » , résume-t-il.

L’enfant de la mine

Le grand-père de Francis a eu deux garçons : André et Léon, le parrain de Francis. Tous les deux ont travaillé à la mine mais à des postes différents, André descendant « au fond » et Léon restant « au jour » (et ne descendait jamais au fond).

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Léon, le grand-père mort de la silicose. Crédit photo Francis Maréchal

« Mon père André était électro-mécanicien, il descendait au fond pour installer, entretenir et réparer les machines et installations électriques« . Car à l’époque, les machines cassait la roche pour en extraire le charbon. « Il a passé 32 ans au fond et n’a jamais souffert de la silicose« .

Pour les parents de Francis, c’était très important de faire des études et de sortir de l’univers de la mine. « Les mineurs gagnaient bien leur vie mais le travail était très pénible. Surtout, ils pouvaient bénéficier d’un logement fourni par Les Houillières (résultant de la nationalisation des anciennes concessions minières) et obtenir gratuitement le charbon pour se chauffer« . Francis a donc fait ses études et est devenu enseignant. il est même aujourd’hui adjoint au maire au travaux, à la sécurité routière et au haut débit.

Ahmed NEIMA