Le CERDD stimule le développement durable régional depuis Loos-en-Gohelle

Le CERDD, pour Centre de ressource du développement durable, est installé depuis maintenant plus de dix ans à Loos-en-Gohelle. Son rôle ? Créer de l’interaction entre élus et professionnels, entre acteurs et décideurs pour inventer de nouveaux modèles de société. Tout un programme !

Ils sont installés dans de discrets locaux sur la base du 11/19. Le Centre Ressource du Développement Durable (CERDD) rayonne aujourd’hui sur toute la région Nord-Pas-de-Calais, agissant comme un catalyseur de projets exemplaires en développement durable. Tout en encourageant d’autres projets du même type à voir le jour. « Nous donnons envie au public novice. Nous apportons notre connaissance aux projets en cours. Nous valorisons des bonnes pratiques déjà établies », énumère Marjorie Duchêne, chargée de communication au CERDD.

En tant que groupement d’intérêt public (GIP), le CERDD est une organisation neutre qui travaille en bonne intelligence avec les instances locales et régionales et avec les pouvoirs économiques, pour permettre au Nord-Pas-de-Calais de passer d’un fonctionnement industriel à une économie plus durable.

Financé par le conseil régional Nord-Pas-de-Calais, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), l’Etat et l’Union Européen, le CERDD dispose d’un budget annuel de 1,33 million d’euros en 2015 pour une équipe de 12 salariés.

De Lille à Loos-en-Gohelle

D’abord basé à Lille, l’organisation a déménagé en 2005 à Loos-en-Gohelle toute en continuant son action. Pourquoi Loos ?  » Il y a une raison symbolique : les organisations régionales ne sont pas forcement toutes basées à Lille. De plus, Loos-en-Gohelle est une ville pionnière en matière de développement durable puisqu’elle a été l’une des premières municipalités à adopter la HQE (Haute Qualité Environnementale)« , poursuit Marjorie Duchêne.

Avec l’aide de la mairie de Loos-en-Gohelle, le CERDD a donc créé un premier tour de développement durable (DD Tour) dans la ville. Illustrant les principaux projets de la ville, il commence à la mairie et se termine à la base 11-19 aux pieds de terrils. Le tour traverse ainsi tous les sites-phares de la ville : l’église couverte de panneaux solaires, les maisons écologiques et la ceinture verte qui entoure la ville. Le tour, gratuit et proposé tout au long de l’année, dure une demi-journée.

Aujourd’hui, le CERDD a développé douze circuits du même genre dans d’autres villes, afin de mettre en lumière les projets exemplaires de la région. Mais cela n’est pas suffisant pour CERDD. En ce moment, Marjorie Duchêne, coordinatrice du DDTour, veut explorer les possibilités d’une visite pouvant durer jusqu’à deux jours à Loos-en-Gohelle.

 

Introduction de DDTour

Crédit vidéo : Cerdd

Décloisonner les acteurs

Pour réaliser ces tours, Marjorie Duchêne a commencé à travailler avec des organisations comme le CD2E, la Chaîne des terrils, Culture commune et l’Office du tourisme de Lens. « J’ai été surprise de voir à quel point nos actions étaient finalement peu connues des autres structures du territoire », souligne la coordinatrice. « Les liens ne se fait pas automatiquement. Seul un processus de co-production permettra de décloisonner les différents acteurs de développement durable », affirme Marjorie Duchêne.

Cet effort de dé-cloisonnage est visible dans un autre projet phare de CERDD : les ambassadeurs de développement durable. Depuis 2010, le centre forme une centaine de volontaires venus des secteurs publics ou privés afin de récolter leurs savoirs en matière de transition vers développement durable.  Les « ambassadeurs » se rassemblent régulièrement pour échanger les informations recueillies sur le terrain et explorer des pistes de coopération.

« La transition vers le développement durable engage toutes les parties d’une communauté », conclut Marjorie Duchêne. Le leitmotiv désormais ? Ne plus travailler chacun de son côté mais plus connectés vers un nouveau modèle économique. « Pour cette raison, le travail de dé-cloisonnage est primordial pour le CERDD « .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trois projets-phares du développement durable à Loos-en-Gohelle

Après la fin de l’exploitation du charbon en 1986, les élus loossois ont mis en place différents projets pour inverser la tendance. Depuis plus de quinze ans,  Loos-en-Gohelle mise tout sur le développement durable. Zoom sur trois projets. 

Le 11-19 : un ancien puits de mine transformé en pépinière d’entreprise
Les deux terrils jumeaux de la base 11/19 ont arrêté de fumer à la fin des années 1980. Depuis sept ans, l’activité y a repris. L’ancienne base d’extraction de charbon s’est paradoxalement remise au travail : plus question d’exploitation minière, ici, on pense à l’avenir et on crée de l’activité économique. Au centre, une pépinière d’éco-entreprises permet d’accompagner les créateurs de projet. 
Autrefois atelier des mines, le bâtiment a été restructuré selon les normes Haute Qualité Environnement (HQE) et se compose d’une quinzaine de bureaux allant de 25 à 55 m². Puits canadien, capteurs photovoltaïques, gestion de l’eau et de la lumière naturelle : le bâtiment vise écologique. Deux ans avant l’inauguration officielle en 2010, il hébergeait déjà une dizaine de PME innovantes dans des domaines comme les audits énergétiques, les systèmes de traitement des eaux, la consolidation de serveurs informatiques voire même les futurs bâtiments intelligents.

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La base du 11/19, lieu de développement innovant
Crédits : Guillaume Bavière sur Flickr

Réhafutur : isoler les habitations… avec des vieux habits
A quelques pas des start-up écologiques de la pépinière du 11-19, un deuxième projet innovant : la rénovation avec des éco-matériaux. Sous le nom de Réhafutur se rallient deux chantiers : celui d’une ancienne maison d’ingénieur pour la première phase du projet et de six maisons de mine traditionnelles pour la deuxième. L’objectif ? Restructurer ces bâtiments pour atteindre le standard énergétique passif, c’est-à-dire produire plus d’énergie que celle qu’on consomme. Pour relever le défi, Réhafutur fait appel à des matériaux insolites : chanvre pour le béton, laine de mouton et vieux jeans pour l’isolation. Une reconversion assez surprenante pour des vieux habits !

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Loos-en-Gohelle et ses terrils
Crédits: OliBac sur Flickr

Villavenir : des maisons hors normes pour consommer moins d’énergie

La vague écologique qui a fait de Loos-en-Gohelle un symbole du développement durable en France ne s’est pas arrêtée aux constructions déjà existantes. Elle inclut aussi des nouveaux bâtiments. La commune a mis en place le projet Villavenir pour la construction de six maisons tests individuelles. La Fédération Française du Bâtiment les a terminées en 2009, en collaboration avec des artisans qui ont tenté l’expérience. Au final, on trouve sur le site six maisons avec six concepts constructifs différents, loués par le bailleur social Pas-de-Calais Habitat. Le but est de comparer les avantages en termes d’isolation et de comparer les performances énergétiques du béton, de l’acier ou de la brique. Au total, 100 différentes techniques innovantes ont été employées. Reste à tenir compte des retours d’expériences des locataires : par exemple, impossible de trouver des rideaux adaptés à certaines grandes baies vitrées !

 

Sofia Nitti