Retour sur l’histoire de la Chaîne de Terrils, qui a ressuscité les « crasseux »

La Chaine des Terrils, créée en 1989, est l’une des plus anciennes associations de Loos-en-Gohelle. Elle a non seulement permis de réhabiliter les terrils du 11-19 mais a insufflé un mouvement de préservation à l’échelle du bassin minier.

« Une ancienne parmi les anciennes associations à Loos-en-Gohelle », sourit Francis Maréchal. L’association La Chaîne des Terrils a été créée en 1989 avec quelques dizaines des personnes bénévoles de Loos-en-Gohelle. « Au début, c’étaient surtout des militants, soucieux de préserver les terrils.

Evènements fédérateurs

On les appelait « collectif terrils » de 1988 jusqu’à 1994. Le but du rassemblement était de faire prendre conscience du potentiel des terrils, de les valoriser et d’organiser des opérations médiatiques en rapport », détaille l’actuel président de l’association, qui énumère plusieurs évènements comme l’embrasement des terrils, le concours de nouvelles ou de photos. Certaines communes, à l’image de Loos-en-Gohelle, souhaitaient également garder les terrils comme patrimoine.

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Crédit photo CPIE, La Chaine des Terrils

 

C’est à partir de cette volonté commune que le petit groupe s’est agrandi : comme ils étaient de plus en plus nombreux, les adhérents ont choisi le nom La Chaîne de Terrils, comme un fil invisible qui relierait les terrils du bassin minier.

Multitude de projets

Parmi les premiers projets, ont été mis en place l’inventaire du biotope, les premières animations et visites de terril, la mise au point de la charte de préservation, d’aménagement et d’exploitation. La Chaîne de Terrils s’est ainsi structurée petit à petit : l’association a ainsi pu développer au fur et à mesure des activités pédagogiques, touristiques et sportives.

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crédit photo : CPIE La Chaine des terrils

 

« Il y a même des activités que l’on organisait à l’époque, comme des sorties en VTT sur les terrils, et que nous ne reconduisons plus puisque naturellement, les habitants ont pris le réflexe d’aller rouler sur les terrils » poursuit Francis Maréchal. Au fil du temps, les premiers permanents salariés ont été embauchés. Ils ont mis en place du premier programme régulier d’animations. Ils ont par exemple édité le livre Terrils Majeurs en sol Minier.

Évolution régionale

Les collectivités sont peu à peu entrées au conseil administration de l’association. La Chaine des Terrils a obtenu plusieurs agréments, concernant son rôle dans la protection de la nature (de la préfecture du Pas-de-Calais), pour l’organisation d’évènements sportifs (de la Direction départementale de la Jeunesse et des Sports- DDJS), pour l’enseignement (avec le label « association éducative complémentaire de l’enseignement public »).

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crédit photo : CPIE La Chaine des Terrils

Entre 2001 et 2004 , la Chaîne des Terrils se professionnalise toujours plus. Elle intègre le réseau national CPIE-Centre permanent d’initiatives pour l’environnement. Elle décroche le label « savoir plaire ». Elle développe des activités comme l’éducation à l’environnement, la formation, la gestion des espaces, le tourisme, le loisir de proximité et les sports.

Nouvelles perspectives

À partir de 2004, de nouvelles perspectives se sont profilées avec la création de l’Union Régionale des CPIE (pour une action spécifique au Nord-Pas-de-Calais) mais aussi le projet de trame verte à l’échelle du bassin minier (une sorte de corridor biologique traversant le territoire) et bien sûr la démarche pour la reconnaissance du bassin minier au patrimoine mondial de l’Unesco. La bonne nouvelle est tombée il y a quatre ans maintenant.

Neima Ahmed

Loos raconte Loos : sur les traces de la Grande guerre

Il y a vingt ans, “Loos sur les traces de la Grande Guerre” a créé le musée Alexandre Villedieu. L’association est gardienne de l’histoire de la ville pendant la Première Guerre mondiale. Gilles Payen fait partie des 25 bénévoles et propose de visites gratuites du musée et des lieux de bataille près de Loos-en-Gohelle. Il nous raconte comment est née sa passion pour l’histoire.

“Bataille de Loos-en-Gohelle, 25/09/1915”, peut-on lire sur son tee-shirt. “Je n’ai pas fait exprès”, précise-t-il. Enseignant de technologies à Béthune, Gilles Payen est guide volontaire au musée Alexandre Villedieu.

Situé près de la mairie de Loos-en-Gohelle, ce petit musée tire son nom d’un ancien combattant de la Grande Guerre. Il traite des batailles qui ont eu lieu dans la ville et aux alentours. L’association “Loos sur les traces de la Grande Guerre” l’a fondé il y a maintenant vingt ans. Et compte aujourd’hui 25 membres. “Nous sommes tous bénévoles, âgés de 18 à 86 ans, précise Gilles Payen. L’ainé est notre président, Alfred Duparcq”.

Animé par des bénévoles

L’association loossoise se compose de profils différents, qui ont en commun la passion pour leur ville et pour l’histoire de la Première Guerre mondiale. Pour devenir guides, “nous n’avons pas suivi une formation spécifique mais nous lisons beaucoup”, explique Gilles Payen.

Gilles Payen, guide volontaire au musée Alexandre Villedieu
 Crédit photo : Sofia Nitti

Gilles Payen, guide volontaire au musée Alexandre Villedieu
 Crédit photo : Sofia Nitti

A travers ses trois petites salles, le musée possède un fonctionnement assez inédit. “Nous n’avons pas vraiment d’horaires d’ouverture et fermeture. La réservation des visites se fait par mail. Celui qui parmi nous est libre vient faire découvrir le musée”.

Un musée sans horaires mais aussi et surtout des parcours sur mesure. Les visiteurs peuvent choisir de se rendre sur les terrils pour mieux comprendre le mouvement des troupes pendant les batailles. Ils peuvent également visiter le cimetière où repose John Kipling, fils de l’écrivain du Le Livre de la Jungle. Ou encore faire le tour de la « côte 70 », théâtre de batailles extrêmement meurtrières.

De toute l’Europe

“Une fois, un touriste américain voulait retrouver le lieu exact où était mort son grand-oncle”, s’étonne Gilles Payen. Depuis deux décennies, le musée Alexandre Villedieu reçoit des visiteurs de toute l’Europe, Grande-Bretagne en tête. “Heureusement, cette année, nous avons accueilli un nouveau membre qui parle anglais et allemand”, se félicite le guide.

Quant à la passion de Gilles Payen pour les batailles de 14-18, elle n’est pas née dans les bouquins. “J’ai commencé à m’intéresser à l’histoire de la ville dans la Grande Guerre il y a quinze ans. En faisant mon jardin, j’ai trouvé des barbelés, des obus…” C’est comme cela qu’il a décidé d’intégrer l’association. “J’ai d’abord suivi le président et les autres guides… puis j’ai pris mon envol !”

Sofia Nitti