Loos-en-Gohelle en 5 chiffres

Projets, histoire, et population. Tout ce qu’il faut savoir en 5 chiffres sur Loos-en-Gohelle, petite ville du bassin minier, située à 5 kilomètres de Lens.

 

6800. Loos-en-Gohelle comptait 6 800 habitants l’année dernière. La population de la commune n’a cessé d’évoluer durant les deux derniers siècles. Alors que la ville attire de nombreux mineurs vers la fin du 19ème siècle, la Première Guerre mondiale a considérablement diminué le nombre d’habitants. Depuis la fermeture de la dernière mine en 1986, la population loosoise décroit, beaucoup de jeunes préfèrent quitter la ville pour trouver plus d’opportunités d’emplois ailleurs.

 

Crédit : Charlotte Mesurolle

 

 

8. Les terrils sont des accumulations de résidus miniers. La commune de Loos-en-Gohelle en compte 8. Les plus connus d’entre eux sont les jumeaux du 11-19, sur lesquels se développent aujourd’hui plusieurs projets de développement durable. Les terrils du 11-19 sont aussi les plus hauts terrils d’Europe: 186 mètres !

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Les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle
Crédit : Loos-en-Gohelle sur flickr 

 

100 000 : c’est le nombre de kilomètres de galeries creusés pour l’exploitation minière, ce qui représente 2,5 fois le tour de la Terre ! Ces galeries ont encore des impacts aujourd’hui sur la géologie de la ville, provocants des des effets d’affaissements. Le niveau de Loos-en-Gohelle a baissé de 15 mètres en 100 ans. Les changements de reliefs se sentent lors des balades à vélos !

 

30. La ville de Loos-en-Gohelle souhaite se tourner vers une agriculture biologique. Il existe déjà 68 hectares de terres exploitées bio, sur 750 hectares de terres cultivables. Cela représente 10% de l’ensemble des terres cultivables, la moyenne nationale se situant à 4%. L’objectif de la commune à long terme est d’augmenter la production bio, mais aussi de développer la consommation locale, grâce à des projets comme VITAL (Ville en transition et alimentation locale). 

 

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350 apprentis en écoconstruction sont formés tous les ans à la Fondation Apprentis d’Auteuil. La Fondation a choisi de se baser à Loos-en-Gohelle pour tenter de remédier au chômage important chez les jeunes. Les apprentis sont installés dans un bâtiment éco-rénové à deux pas des terrils.

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Centre d’apprentissage de la Fondation d’Auteuil
Crédit : Loos-en-Gohelle sur flickr

Julian Perdrigeat : l’aventurier de la mairie de Loos-en-Gohelle

Julian Perdrigeat, directeur de cabinet du maire de Loos-en-Gohelle, a reçu notre équipe de rédaction. Portrait d’un homme de défis et de passions.

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On ne peut que tomber sous le charme de ce trentenaire passionné et passionnant. Julian Perdrigeat est incollable sur l’histoire de Loos-en-Gohelle mais aussi et surtout sur la transition que la ville est en train de vivre depuis plusieurs décennies. « Nous travaillons tous les jours à comment rebondir après l’arrêt de l’exploitation minière et surmonter le choc psychologique, économique et écologique », explique-t-il.

Propulsé à la direction du cabinet de Jean-François Caron , maire écologiste de Loos-en-Gohelle, en avril 2014, l’homme arbore un parcours scolaire impressionnant. Juste après le bac, il étudie pendant deux ans les sciences politiques à Rennes juste avant de poursuivre par un parcours franco-allemand-polonais pour conclure par un master de sciences politiques à Strasbourg, spécialisé sur les métiers de la coopération européenne. Son goût pour l’international vient peut-être de sa filiation : un grand-père Français-Algérien et un grand-père polonais (venu travailler dans les mines).

Traverser l’Afrique à vélo

C’est ce qui l’amène à décrocher un premier poste au sein de l’ex-conseil régional Nord-Pas-de-Calais (aujourd’hui Hauts de France) en mai 2010, comme chef de projet européen en environnement. Après avoir réussi le concours de la fonction publique territoriale, il repousse sa titularisation pour… traverser l‘Afrique à vélo ! « J’avais envie de réaliser ce rêve, de dépasser la frustration du retour du voyage tout en explorant les  techniques du développement durable sur le continent africain. Les habitants ont gardé un savoir-faire ancestral qui respecte l’environnement et que nous avons oublié en Europe« . De cet extraordinaire voyage fait entre 2011 et 2013, il en a retiré une bonne connaissance des cultures africaines et une bonne vision de comment les pays ont pu se reconstruire après la colonisation.

15 000 km

De retour d’un an de traversée avec 15 000 km de distance dans les jambes et quelques mois d’arrêt dans des ville comme Alger, Cotonou, Dakar ou Soweto, il devient « chargé de récit » à Loos-en-Gohelle. Son rôle ? Recueillir la parole des habitants pour comprendre les étapes de l’évolution de la ville. Devenu aujourd’hui le bras droit du maire, il est justement chargé de s’assurer que les volontés du conseil municipal soient bien appliquées par l’administration. Si on ajoute que l’homme est militant au sein du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, rien d’étonnant à ce que Julian Perdrigeat n’ait plus le temps de pratiquer du rugby, du golf et du kung-fu !

 

Premières impressions d’un Chinois, arrivé hier à Loos-en-Gohelle

Ran est arrivé en France depuis deux semaines. Même s’il parle très bien français, il a été étonné par la ville de Loos-en-Gohelle. Il faut dire qu’il vient de Nankin, à l’Est de la Chine, tout près de Shanghai, une ville qui compte aujourd’hui plus de… 8 millions d’habitants ! 

« Tranquille », c’est le mot qui m’est venu tout de suite à l’esprit quand je suis arrivé à Loos-en-Gohelle. Il n’y a personne dans la rue. Toute la ville est baignée dans le silence. Chez moi, dès 7 heures, il y a des embouteillages partout dans la ville tellement il y a de voitures.

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Crédit photo Ran Wei

Les seuls bruits qui cassent ce silence sont le vrombissement des moteurs et les rires des enfants. Ici, nous sommes dans une ville relativement peu desservie par les transports en commun par rapport à ma province chinoise qui possède bus, trains et métros. Contrairement aux grandes villes comme Nankin, il y a de grandes distances entre le centre-ville et les grandes surfaces. Sans voiture, on risque de perdre beaucoup de temps en chemin !

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Crédit photo Ran Wei

Les enfants sont toujours la source d’énergie. Ils s’amusent, ils bavardent, ils apportent de l’animation et des couleurs dans cette ville de 7000 habitants. Selon l’adjointe au maire, Dominique Da Silva, la ville regorge d’associations de sports pour les jeunes, notamment avec les deux clubs de football. Ce serait impensable d’avoir par exemple deux clubs de football dynamiques dans une ville de cette taille (qui serait d’ailleurs considéré comme un petit village en Chine).

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Crédit photo Ran Wei

Les champs autour des maisons, les vaches à côté des rues, le silence qui règne à Loos-en-Gohelle : tout me donne une nouvelle impression sur la « ville ». J’attends encore de découvrir beaucoup de choses !

 

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