Rencontre avec Clément Ere, ancien mineur de Loos-en-Gohelle

Il n’avait que 13 ans quand il a commencé à travailler à la mine de Loos-en-Gohelle. A quatorze ans, Clément Ere descendait pour la première fois « au fond ». Pendant sept ans, il a gagné sa vie à la mine, avant de s’engager volontairement pour l’Algérie. Aujourd’hui septuagénaire sans séquelles liées à son activité minière, Clément nous livre son témoignage.

 

 

Crédits photo : mairie de Loos-en-Gohelle, Karin Karin, Jérémy Jännick, Lewis Hine, Anjelayo

 

Charlotte Mesurolle, Sofia Nitti

Art et terrils : un amour de longue date

Après la fermeture des mines pendant les années 80 une question s’imposait aux Loossois : que faire des énormes terrils qui surmontaient la ville ? Certains proposent de raser ces symboles d’une richesse désormais terminée, d’autres hésitent.
Grace à une politique culturelle innovante, les citoyens décident enfin non seulement de garder les terrils à leur place, mais d’en faire un lieu de création artistique.
Retour en images sur cinq éditions du festival Son et lumières.

1986 :
Le terril devient un petit Kilimanjaro : le sommet est recouvert de poudre de calcaire. Au programme aussi des séquences pyrotechniques et illuminations par rayon laser.

1987 :
Grand jeu scénique nocturne : le terril est reconverti en scène, sur laquelle se déroulent des pièces expressément conçues.

1988 :
Le festival est désormais un rendez-vous fixe pour les Loossois. Le chevalet de la base d’extraction du 11-19 se refait une beauté… éphémère.

2003 :
Plus de 15 ans après, le festival est toujours aussi riche en spectacles et performances.

2012 :
La base du 11-19 en feu et flammes.

Crédits : Mairie de Loos-en-Gohelle
Retrouvez l’intégralité des images des archives de la mairie de Loos-en-Gohelle ici
Musique : Balancing Act, Underscore Orchestra

Première expérience du terril de Loos-en-Gohelle racontée par Ange et Xiaohan

Dure, dure la montée d’un terril quand on vient de Kinshasa en Afrique et de Taiyuan en Chine de l’Ouest. Nos deux étudiantes à l’école supérieure de journalisme de Lille racontent cette aventure.

Photo de famille des étudiants ESJ LILLE au sommet du terril de Loos-en-Gohelle

Photo de famille des étudiants ESJ LILLE au sommet du terril de Loos-en-Gohelle

L’escalade du terril de Loos-en-Gohelle racontée par Xiaohan Shi 

Je m’appelle Xiaohan Shi (prononcez Chiachon Chi). Ma province natale est située à des dizaines de milliers de kilomètres d’ici : je viens de Taiyuan en Chine, une province très polluée du Nord de la Chine. Chez nous, l’extraction minière bat encore son plein. Les sous-sols de ma région sont encore très riches en charbon. Et du charbon, il en faut pour faire tourner l’usine du monde ! Pour autant, nous n’avons pas de terrils à proprement parler. Dès mon arrivée, j’ai été étonnée que Loos-en-Gohelle ait pu préserver son environnement en ayant vécu une telle histoire minière. « Cela résultait d’une volonté politique de sauvegarder le patrimoine minier », nous avait expliqué Julian Perdrigeat, le directeur de cabinet de l’actuel maire Jean-François Caron.

Ni une, ni deux, je me suis donc élancée à l’assaut de ces terrils les plus hauts d’Europe, désormais consacrés au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est incroyable comme ces déchets de charbon ont réussi à former une petite montagne dans la ville. Cela confèrerait presque à Loos-en-Gohelle l’attrait d’un petit village de montagne…

Reste que j’avais jusqu’à présent du mal à imaginer ce qu’étaient ces déchets de charbon. Ce n’est qu’en foulant ces cailloux noirs que je me rends compte à quel point l’histoire minière de la ville renvoie à des travaux lourds et dangereux. On m’a dit que beaucoup de mineurs avait succombé d’une maladie des poumons provoquée par la poussière de charbon. L’ancien chemin de fer nous fait penser à la folie minière de l’époque.

Je suis déterminée à monter jusqu’au sommet du terril, malgré ma peur de la hauteur. Mais l’inclinaison de la pente ne donne pas le vertige. Pour les derniers mètres, je peux compter sur la main tendue de Chloé, une jeune loossoise qui m’aide ainsi à atteindre le sommet. Chloé est gentille et chaleureuse, comme beaucoup de habitants que j’ai rencontrés à Loos-en-Gohelle. Cela me rappelle des habitants de ma ville natale. Chez moi, la région connaît aussi une transition économique : elle pourrait apprendre beaucoup d’expérience  de Loos-en-Gohelle.

Je sors de mes songes pour profiter des panoramas incroyables qui s’offrent à nous, arrivés au sommet. Ça y est, j’y suis arrivée.

 

L’escalade du terril de Loos-en-Gohelle racontée par Ange Kasongo

Je m’appelle Ange Kasongo et je viens de Kinshasa en République Démocratique du Congo. La capitale est aussi la plus grande ville du pays, avec ses 12 millions d’habitants. Autant vous dire que le quotidien d’une ville de 7000 habitants me change un peu ! Quand j’ai entendu le mot « terril », je n’ai pas compris tout de suite de quoi il s’agissait. Et pour cause, la majeure partie des terrils se situent dans le Nord de la France. Même tous les Français ne savent pas forcément ce que c’est !

Quand on m’a dit qu’on pouvait y monter, j’ai sauté de joie. Au détail près que je n’avais pas prévu de chaussures de randonnée pour escalader ce terril de 186 mètres. Heureusement que mon hôte, Béatrice Bouquet, m’a prêté une paire de baskets. Oui, c’est le côté hospitalier des habitants de Loos-en-Gohelle.

Ange Kasongo en train de gravir peniblement le terril de Loos-en-Gohelle Crédit Photo: Shi Xiaohan

Ange Kasongo en train de gravir péniblement le terril de Loos-en-Gohelle
Photo: Shi Xiaohan

L’ascension avait été organisée par les jeunes du centre Les Francas. Après avoir gravi le premier « étage » du terril, certains dans le groupe sont déjà essoufflés. « Personne n’est obligé d’aller jusqu’au sommet », nous lancent les deux animateurs. Mais mon côté aventurière prend le dessus, je suis déterminée à aller jusqu’au bout ! Il faut tenir bon pour gravir ce terril. Je monte péniblement. Je m’accroche aux pierres quelques fois. Je marque des pauses incessamment. Ne m’avait-on pas dit que c’était le plat pays ici ? Qu’importe, pas après pas, j’arrive là où se situe la récompense : une vue imprenable sur Loos-en-Gohelle mais également sur tout le bassin minier.

 

Xiaohan Shi et Ange Kasongo

A Loos-en-Gohelle, Pierre Damageux a impulsé l’agriculture bio

Pierre Damageux a opté pour l’agriculture biologique dès 2008. Si son projet a fait des émules, il est l’un des rares agriculteurs, sur une quinzaine installée à Loos-en-Gohelle, à être à presque 100% de culture bio.

Pierre Damageux à Loos-en-Gohelle

Pierre Damageux dans son champ de patates

Le tracteur s’ébroue en cette matinée ensoleillée de samedi. Il tend lentement ses rampes pour épandre environ 5 hectares de pommes de terre. Dans son réservoir, pas de produit chimique mais de la « bouillie bordelaise », une solution faite à base de cuivre permettant de lutter contre certains pa. En l’occurrence le mildiou, parasite qui affecte régulièrement les pommes de terre. « Le mildiou est un champignon qui attaque les plants de pommes de terre. Avec cette formule de cuivre, on arrive à prévenir la maladie », explique Pierre Damageux, un peu gêné quand même d’avoir à recourir à cette solution chimique pour traiter ses champs. « En effet c’est un peu de la chimie. Mais nous n’avons pas encore trouvé une solution totalement naturelle pour faire de la prévention sur les pommes de terre. Mieux vaut ne pas prendre le risque » se désole-t-il. « Mais cela reste néanmoins bio parce que tout le reste du procédé reste naturel » insiste l’agriculteur dont la voix est dominée par le bruit du moteur.

Ditta versus Carolus

Sur ce champ situé à Vermelles à environ 20 minutes de Loos-en-Gohelle, que l’agriculteur de 56 ans a en commun avec l’un de ses homologues, c’est la « Ditta » qui a été plantée. Cette variété de pommes terre est peu résistante au mildiou. « Mais nous avons aussi le Carolus, une autre variété qui, elle, ne nécessite pas de traitement contre le mildiou », explique Pierre.

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Dans cette petite commune au cœur de l’ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, qui se veut aujourd’hui, une ville pilote du développement durable en France, près de 10% des terres cultivées sont en bio (68 hectares sur 750 emblavés). C’est l’un des meilleurs ratios du pays. La moyenne nationale n’est que de 4%.

Pierre Damageux, lui, possède environ 50 hectares dont 40 ont été convertis en culture biologique. Ce qui fait de lui, le pionnier de l’agriculture biologique à Loos-en-Gohelle. A part les pommes de terre, il y cultive du blé, du maïs, de l’oignon, des endives et de la luzerne (une plante fourragère qui capte l’azote et a la propriété de fertiliser et nettoyer le sol). « Sur les 10 hectares restants qui sont encore en agriculture conventionnelle, j’ai fait du colza, de l’orge et des carottes. Les carottes, je les produits pour une usine de transformation. Pour l’instant, c’est encore difficile d’atteindre les rendements attendus par l’industrie agroalimentaire avec du bio », explique-t-il.

 

2008, l’année de la conversion

S’il reprend l’exploitation de son père dès 1989, après la mort de ce dernier, ce n’est qu’en 2008 que Pierre Damageux décide de se tourner vers l’agriculture biologique. Plusieurs facteurs sont à la base du déclic. Bien qu’il soit au conseil municipal depuis 1991 d’abord dans l’équipe de Marcel Caron et plus tard avec le fils de ce dernier, Jean-François Caron, la vocation ne vient que progressivement. « C’était un peu comme une prise de conscience de la nécessité de travailler autrement. J’étais entré au conseil municipal : le maire étant écolo, c’était des sujets qu’on abordait fréquemment ».
A partir des années 2000, l’Europe exige des producteurs à travers la Politique Agricole Commune (PAC) de classer les produits phytosanitaires selon leur taux de dangerosité pour la santé et l’environnement. C’était l’une des conditions pour bénéficier des subventions. « L’exercice de classement m’a interpellé sur les risques liés à l’utilisation des produits. Je me rends compte des risques de cancer, d’infertilité ou de lésions graves mentionnés sur les emballages », explique l’agriculteur. Bien souvent, les agriculteurs ne se posent pas trop de questions sur la dangerosité des produits. « Tout le monde se dit, nos parents les ont utilisés sans problème. Alors pourquoi pas nous ? », justifie Pierre comme pour s’excuser des années d’utilisation de produits chimiques.

Toujours plus

Encore aujourd’hui, l’agriculture conventionnelle avec l’utilisation – abusive – des produits phytosanitaires reste prépondérante en France.  Le système reste solide et marche encore bien. « Les producteurs veulent surtout encore plus de terres pour cultiver plus. La conversion en agriculture bio demande beaucoup d’investissements humains et financiers. Il faut une motivation économique pour se lancer ».
En 2007, l’agriculteur est encore producteur de betteraves sucrières. La France en est d’ailleurs le premier producteur mondial. Mais l’Union européenne décide d’imposer des quotas aux pays pour rééquilibrer le marché. « Certains producteurs se sont vus proposer des indemnités afin d’arrêter la culture de betterave. Moi j’ai reçu 20 000 euros d’indemnisation. Cela a servi à financer ma conversion », explique Pierre qui a commencé en 2008 avec seulement six hectares.

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Il est presque midi. L’homme dont la fermeté de la main témoigne des années de travaux champêtres, a terminé le traitement du champ de pommes de terre et s’apprête à se rendre sur un second. Mais il doit faire un détour au siège de la Coopérative d’utilisation de matériels agricoles (CUMA) qu’il a créé avec un ami en 1992. Une sorte de mutuelle de matériels qui regroupe 35 agriculteurs. Ici sont garés une dizaine de tracteurs aux fonctions diverses. Pierre, lui, est venu recharger de bouillie bordelaise la grande cuve de l’épandeur. « Nous avons plusieurs machines. Et nous nous partageons les charges de fonctionnement de la coopérative. Notre grande valeur, ce qui fait notre force, c’est l’humain ».

Une philosophie un peu plus proche de l’agriculture biologique soucieuse d’une exploitation rationnelle de la terre et d’une gestion durable de l’environnement. « Les producteurs ont encore du mal à faire la conversion parce que cela demande plus de main d’oeuvre et plus de suivi. Il faut désherber à la main par exemple au lieu d’utiliser herbicides ou opter pour des rotations de plus en plus longues pour lutter contre les maladies. Les gens ne sont pas prêts à franchir le pas ». Surtout dans un contexte où les productions sont de plus en plus grandes et intensives. Et où les rendements en culture bio chutent de moitié, comparé au conventionnel. Pour exemple, le rendement moyen à l’hectare pour le blé en conventionnel est de 90 ou 100 quintaux. En agriculture bio, il est de 50. « Cependant, nous les vendons deux fois plus cher sur le marché », affirme Pierre qui a franchi le pas en toute conscience. « Je voulais prouver qu’on peut faire l’agriculture biologique et s’en sortir ».
Faire des émules

Cela fait désormais huit ans qu’il s’y est mis et qu’il tient bon. « Au départ, les collègues se moquaient de moi et trouvait le projet risqué ». Dix ans après, l’expérience de Pierre commence à faire des émules. Avec quatre autres jeunes qui voulaient s’inspirer de l’expérience de la figure de proue du bio, Pierre a créé Bioloos. Une société civile d’exploitation agricole qui fonctionne aussi comme un label de produits bio. Sur les terres qu’a mises à disposition gratuitement la mairie de Loos-en-Gohelle pour la promotion du bio, Bioloos produit pommes de terre, potimarrons et oignons. Même s’il est fier d’être un précurseur, il voudrait voir tout un monde se mettre au bio.
Sur le second champ de pommes de terre, Pierre Damageux espère un meilleur rendement cette année. « Nous serons entre 23 et 30 tonnes. C’est un peu plus de la moyenne en bio à l’hectare », affirme-t-il non sans fierté. L’épandage est terminé pour cette journée. Le tracteur replie ses rampes. Le lendemain, c’est la moisson. Malheureusement les dieux de la terre n’ont pas été cléments cette année avec les champs de blé. Rien qui puisse refroidir cet homme qui a impulsé la culture bio à Loos-En-Gohelle.

L’association Loos N’Gourma au coeur d’actions au Burkina Faso

Depuis 1981, l’association Loos N’gourma basée à Loos-en-Gohelle soutient  le village de Sampieri dans la commune de Kantchari au Burkina Faso. 

Quel lien entre Loos-en-Gohelle et Sampieri, village où l’association intervient dans le domaine de l’agroécologie ? Comment une Loossoise est-elle tombée sous le charme du Burkina Faso, au point de s’investir pendant toutes ces années ? Quelles sont les actions de l’association au Burkina Faso?

Rencontre avec Béatrice Bouquet, présidente de l’association depuis 1994.

Béatrice Bouquet, président de Loos N'Gourma crédit Photo: Shi Xiaohan

Béatrice Bouquet, Présidente de Loos N’Gourma
crédit Photo: Shi Xiaohan

D’un voyage touristique à une vie d’engagement!

L’histoire qui lie Béatrice Bouquet et le Burkina Faso date d’au moins 35 ans. A l’époque, encore jeune fille, Béatrice s’intéresse déjà aux questions internationales. Avec ses soeurs, elle rêve même de faire le tour du monde, et de l’Afrique en particulier.

Son premier voyage sur le continent africain se fera avec des amis. Tous s’envolent pour la première fois au Bénin en Afrique de l’Ouest. Nous sommes au début des années 80. A l’époque, avec son mari, Béatrice décide de faire d’une pierre deux coups. Elle profite pour visiter ses partenaires au Burkina Faso. Son coeur reste alors définitivement en Afrique. “Ce premier voyage m’a donné l’occasion de mettre en oeuvre ce à quoi je pensais depuis toujours : notamment en aidant les écoles et les hôpitaux. Mais pas que, il y a aussi la joie et le bonheur qu’on reçoit des autres. C’est un enrichissement mutuel. Je peux donc dire que l’accueil de la population a influencé mon engagement.

 

600 paysans déjà formés

Aujourd’hui, l’association se développe essentiellement à Kantchari, une ville de quelques milliers d’âmes à l’Est du Burkina Faso. Loos N’Gourma y propose notamment d’échanger sur différents thèmes dont l’agroécologie (une façon de concevoir des systèmes de production de façon à respecter l’environnement), un thème très cher à l’association.

Près de 600 paysans ont déjà été formés dans la région, ce qui est énorme dans une ville où l’agriculture représente 95% des ressources. “Il a eu tellement d’engouement pour la formation que le lieu est carrément devenu un centre de formation à Sampieri l’un des villages de la commune pour apprendre l’agriculture, la lecture et l’écriture, l’énergie solaire, la construction mais aussi la gestion bio digesteur (une cuve qui permet de générer du biogaz grâce aux matières organiques).”

Dans cette commune, huit forages ont déjà été installés dans les villages pour faciliter l’accès à l’eau. L’association a finalement construit, avec l’aide de huit partenaires privés et publics dont le conseil départemental du Pas-de-Calais, un centre d’hébergement en internat avec la méthode de construction des « voûtes nubiennes » (une technique novatrice utilisant la terre comme matière première). C’était une première dans la région.

Béatrice Bouquet , en arrière plan, la photo de la carte du Burkina Faso Crédit Photo: Shi Xiaohan

Béatrice Bouquet , en arrière plan, la photo de la carte du Burkina Faso
Crédit Photo: Shi Xiaohan

Encore des défis

« Notre prochaine étape, c’est d’être reconnu par l’Etat burkinabé comme une école de formation » explique Béatrice Bouquet au local de l’association de la rue Roger Salengro à Loos-en-Gohelle. « Nous ne nous positionnons pas en donneur des leçons mais l’on s’appuie sur les structures du pays. Nous réfléchissons à comment améliorer ce qui se fait déjà”. Parallèlement, plusieurs autres actions ont été menées, à commencer par la réhabilitation d’une maternité, la construction d’une bibliothèque, l’installation d’une halte garderie.  L’association envisage de faire encore plus, toujours dans le domaine du développement durable et de l’agroécologie.

Impliquée à Loos-en-Gohelle

En attendant, l’association sera présente lors de la Semaine de la solidarité internationale, organisée en novembre de chaque année à Loos-en-Gohelle. Elle réunie une dizaine d’associations du collectif de la Gohelle pour l’éducation au développement et à la solidarité internationale. L’événement accueille de nombreux participants dont les écoliers, afin qu’ils se rendent compte des difficultés d’accès à l’éducation d’autres enfants dans le monde. Il y a également toutes sortes d’animations et chaque année des nouveaux thèmes : cette année, place notamment à un concert de musique malienne avec Badala Foly.

“ Le monde est en mouvement, nous devons prôner le vivre ensemble”  précise Béatrice Bouquet, “c’est d’ailleurs le thème que nous allons développer cette année avec les participants, lors de la semaine de la solidarité.”

Une correspondance entre le Burkina et Loos

L’association N’Gourma a tissé le lien entre deux jeunes filles, qui ne sont âgées que d’une dizaine d’années à l’époque : Océane Ten, à Loos-en-Gohelle et Florence à Sampieri. Océane n’a jamais mis un pied au Burkina Faso mais c’est à travers les lettres qu’elle voyage : « J’y ai découvert les modes de vies, les coutumes, les tenues vestimentaires, bref j’ai été plongée dans le quotidien des habitants de ce petit village ».

Les deux filles partagent leur quotidien par lettres interposées. “Nos échanges tournaient autour de notre vie de tous les jours. On parlait des fêtes de noël, je savais qu’elle allait puiser de l’eau dans les puits, qu’à un moment sa soeur était souffrante, etc. » Océane recevait aussi des photos. « Sans m’être jamais rendue dans son village, je peux le décrire. Une fois, elle m’a envoyé un costume typiquement burkinabé, je l’ai gardé pendant longtemps. C’était un bel échange culturel entre nous. » Aujourd’hui, sa correspondante est enseignante d’anglais. Même si les échanges de lettres ne sont plus réguliers qu’autrefois, elles ont gardé contact. « D’ailleurs, je dois lui envoyer une lettre un de ces jours” , conclut-elle sourire aux lèvres.

 

Ange Kasongo

Frère et soeur : une vie paisible à Loos-en-Gohelle

Adam et Sarah Bouhamoum sont des descendants de la 3e génération d’immigrés marocains. Portrait des deux jeunes Loossois bien dans leurs baskets à Loos-en-Gohelle.

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Sarah et Adam Bouhamoum. Crédit photo: Xiaohan Shi

Souriant et poli, Adam et Sarah Bouhamoum, respectivement 14 ans et 12 ans, viennent d’une famille d’origine marocaine. Leurs grands-parents sont arrivés en France quand leurs parents étaient encore petits pour travailler.

Adam a visité le Maroc en 2009 et 2013 avec sa famille. « C’est un pays très chaud. J’ai pris un coup de soleil« , se souvient Adam, qui n’est pas vraiment habitué à mettre la protection solaire en ayant grandi à Loos-en-Gohelle.

Jeux vidéo : une lutte contre la répétitivité

En 2004, leurs parents se sont installés à Loos-en-Gohelle. Adam se souvient de cet événement familial. Il avait alors deux ans : c’est à cette époque là qu’il a commencé à jouer aux jeux vidéos. Les jeux vidéos sont le loisir préféré d’Adam, qui déteste la monotonie. Il a même transmis cette passion à sa sœur Sarah, une fille souriante aux cheveux très longs et bouclés.

Frère et sœur sont un peu timides face à une journaliste, mais quand ils discutent de jeux vidéos, ils ne peuvent plus s’empêcher de rigoler. Leur jeu ? S’amuser à comparer qui a gagné le plus. A eux deux, ils partagent un petit monde.

Centre jeunesse : une partie indispensable de leur vie

Les parents de Adam et Sarah travaillent à temps plein. Leur mère, employée à la mairie de Loos-en-Gohelle, travaille au service des permis de construire. Leur père, chauffeur de SAMU à Lille, travaille en horaires décalés : souvent il part à 18h et rentre à la maison à 7h du matin. Frère et sœur ont donc pris l’habitude de venir au centre jeunesse de Loos-en-Gohelle, où beaucoup de adolescents se réunissent.

Pendant la période scolaire Adam y va tous les mercredis après-midi, les samedis et, de temps en temps, le vendredi soir. Actuellement, ils passent leurs vacances ici avec leurs amis. En jouant ping pong, au basket et aux jeux de société, ils profitent d’un été bien frais à Loos-en-Gohelle. « Tu ne viens jamais pendant la période scolaire », lance Adam à sa sœur. « Si ! » répond du tac au tac Sarah. Apparemment, cette grande débutante est en train de rattraper le rythme de participation de son frère au centre de jeunesse.

 

 

 

Terrils de Loos-en-Gohelle, où la biodiversité est en mouvement continu

Crées par des décennies d’activité minière, les terrils de Loos-en-Gohelle ont été ensuite ré-colonisés par la nature. Aujourd’hui, l’extraction du charbon fait partie du passé et sur ces deux collines poussent de nombreuses variétés de plantes, parfois exotiques et vivent des dizaines d’espèces animales. Reportage photo.

Crédits photos : Charlotte Mesurolle

 

Pour lire le reportage en entier :
ENTRE FLEURS AFRICAINES ET CRAPAUDS CALAMITE, UN HAVRE ÉTONNANT DE BIODIVERSITÉ SUR LES TERRILS DE LOOS-EN-GOHELLE

 

Sofia Nitti

Anne-Sophie ou le quotidien d’une ado à Loos-en-Gohelle

Anne-Sophie est une jeune fille âgée de 14 ans qui aime bien Loos-en-Gohelle. Derrière ses longs cheveux châtain et son sourire d’un blanc éclatant, ce beau brin de jeune fille passe beaucoup de temps dans la ville.

Anne-Sophie, une jeune fille qui a grandi à Loos-en-Gohelle. Crédit photo : Neima Ahmed

Anne-Sophie, une jeune fille qui a grandi à Loos-en-Gohelle. Crédit photo : Neima Ahmed

Elle étudie au collège René Cassin. « Plus tard, j’aimerais bien être cuisinière », revèle la jeune gourmande. Très sociable, Anne-Sophie a beaucoup d’amis et notamment ceux qu’elle s’est fait en fréquentant l’association Les Francas, au centre de jeunesse Julie Nodot.

Elle avoue ne pas aimer pas le sport mais elle est par contre très coquette. Patiente et calme, Anne-Sophie maîtrise presque tout d’internet et des ordinateurs. Bien sûr, comme toutes les jeunes de son âge, elle est inscrite sur Facebook. et s’intéresse à tout : elle a souvent pris la parole lors de la visite organisée à destination des étudiants journalistes étrangers de l’ESJ venus en immersion à Loos-en-Gohelle.

Neima Ahmed

Romain Devassine : le roi de BMX à Loos-en-Gohelle (vidéo)

C’est sur le skatepark de Loos en Gohelle que Romain Devassine a fait ses débuts en BMX. Un sport qu’il pratique depuis l’âge de six ans. A dix-huit ans, il a déjà  participé à trois championnats du monde (2014, 2015 et 2016). Il nous raconte sa passion pour ce sport… combien extrême.

 

Romain Devassine, un garçon timide devant la caméra, est déjà devenu un bon coureur de BMX. Il a commencé à rouler dès l’âge de six ans à Loos-en-Gohelle. Au début, ce sport n’était pas difficile, jusqu’à la troisième année de son entraînement où les figures se sont compliquées. Aujourd’hui, le BMX fait partie intégrante de sa vie : c’est même comme une « drogue » selon lui. Malgré plusieurs chutes graves, il n’a jamais voulu abonner le BMW. Même s’il sait qu’il ne gagnera peut-être jamais sa vie avec ce sport.  i

Ran Wei / Hermann Boko

Regards de Chine, de Djibouti, du Bénin… sur le Louvre-Lens

La galerie du temps. 3 000 m2. Plus de 200 oeuvres. Le Louvre Lens se trouve à 4km à peine de Loos-en-Gohelle. L’occasion pour l’équipe d’apprentis journalistes étrangers de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille (ESJ) de « Lost in Gohelle » de faire une pause culture entre deux articles.

La galerie du temps est l’exposition permanente de l’annexe du Louvre, installée en 2012 à Lens. C’est un voyage à travers l’évolution de l’humanité et l’histoire de l’art depuis le 4e millénaire avant Jésus-Christ en Mésopotamie, jusqu’à la révolution industrielle en Europe, au milieu du 19e siècle.

Il est impressionnant de voir une telle diversité d’oeuvres qui représente chacune, leurs époques et leurs régions. Toutes sont dans une même salle, immense. Le contraste entre les couleurs froides de l’espace d’exposition, son importance et les productions immortelles réalisées il y a de nombreuses années est saisissant. Une frise chronologique grandeur nature qui fait forte impression sur Sofia, l’Italienne du groupe.

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Vue à l’entrée de la Galerie du temps
Crédit : Charlotte Mesurolle 

Au fur et à mesure que l’on avance à travers le temps, Xiaohan, Chinoise, est étonnée par une statue couleur charbon. Le corps d’une femme, sans tête. Elle la trouve grâcieuse. Le nom de cette déesse étonne Xiaohan. Isis. Dans le contexte mondial actuel de terreur, mené bien souvent par un groupe islamiste portant le nom « Isis », il est étrange qu’une si jolie femme aux formes apparentes se nomme de la même façon. La déesse  égyptienne de la création, Isis, faisait pourtant partie de ce monde bien avant le groupe islamiste.

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La Déesse égyptienne Isis. 300-100 avant J-C. 
Crédit : Charlotte Mesurolle 

Plus loin, ce sont les sarcophages qui attirent Neima, venue de Djibouti. L’Égypte du crépuscule, elle l’a étudié quand elle était plus jeune. Une histoire marquante. Les teintes de couleurs qui se déclinent de l’argile, à l’azur, en passant par l’or et les détails des illustrations la captivent. Ce sont près de vingt minutes qu’elle passera auprès de ces oeuvres mortuaires qui datent de 945 avant J.C, qu’elle n’avait jamais vues de ses propres yeux.

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Sarcophage de la dame Tanetmit : enveloppe de momie, cercueils interieur et extérieur
Crédit : Charlotte Mesurolle 

En allant de l’avant à travers le temps, des tableaux de la Renaissance italienne, de l’Europe baroque, mais aussi de l’art islamique du 19e siècle sont mis en lumière.

Hermann, ému, s’arrête devant une immense sculpture de Napoléon 1er. « Napoléon était un grand homme, et faisait l’objet d’un culte », raconte Hermann. La statue colossale couleur graphite se tient majestueusement droite. Vêtue d’une toge ornée d’abeilles, et le crâne décoré d’une couronne de laurier, elle semble figée dans le temps.

 

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Statue de Napoléon 1er, empereur des Français de 1804 à 1815, en triomphateur. François-Frédéric Lemot.
Crédit : Charlotte Mesurolle 

En sortant de la galerie du temps, Roukia, aussi venue de Djibouti, s’étonne de voir deux salles consacrées à l’histoire du Racing Club de Lens, le club de football de l’ancienne ville minière. Institution dans la ville, le club existe depuis plus d’un siècle : le Louvre a décidé de retracer son histoire jusqu’à nos jours en parallèle de l’Euro 2016. La visite s’achève sur des souvenirs marquants du stade Bollaert-Delelis, dont les Lensois se souviennent encore.

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RC Louvre, exposition dédiée à l’histoire du Racing Club de Lens
Crédit : Charlotte Mesurolle 

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