José Evrard, l’histoire du député passé du Parti Communiste au Front National

A 71 ans, José Evrard est le nouveau député FN de la 3e circonscription du Pas-de-Calais (Lens-Avion). Issu d’une famille de mineurs de fond et de résistants, il a d’abord été militant communiste pendant 35 ans. Il a été élu sous l’étiquette du Front national avec 51,7% des voix à Loos-en-Gohelle. Portrait.

Le député FN José Evrard a été élu avec le 52,94% des voix dans la 3ème circonscription du Nord (ex Nord-Pas-de-Calais) © Stefano Lorusso

L’histoire politique de José Evrard est l’emblème de l’évolution de la sociologie électorale du bassin minier et de l’ex Nord-Pas-de-Calais. Traditionnellement ancré à gauche, le territoire compte aujourd’hui quatre des huit députés du Front National. Parmi eux, un humaniste, retraité de La Poste, qui a été paradoxalement membre du bureau politique du Parti Communiste Français et maire adjoint de Billy-Montigny de 1989 à 1998. Comment peut-on basculer des barricades de Mai 68 aux murs du Front National ?

Selon Freud, cinq phases de l’élaboration du deuil existent : la négation, la colère, la négociation, la dépression et l’acceptation. Né communiste dans une une famille de mineurs de fond et de résistants, Il se trouve aujourd’hui dans un état d’esprit pragmatique qui l’oblige à inventer une nouvelle phase : la nécessité de survivre politiquement à la mort de la gauche.

« Ici tout le monde me connaît, je suis militant depuis trente ans. »

José Evrard est d’abord un homme de terrain. « Ici tout le monde me connaît, je suis militant depuis trente ans », affirme-t-il en évoquant son passé politique. Ayant dansé sur les barricades de Mai 68 et vécu les années des luttes ouvrières et étudiantes, il a douloureusement et doucement vu « le soleil de l’avenir » s’effondrer sous les décombres du mur de Berlin.

Certains l’ont accusé de trahison. « Je n’ai jamais bougé, je reste fidèle aux idéaux de justice et lutte sociale, d’égalitarisme, de lutte contre la pauvreté et le chômage. Je ne retrouve plus ça au sein de la gauche. » En se portant candidat pour le FN, a-t-il exploité une opportunité politique ? Sa réponse est immédiate, le ton monte, son front se plisse comme le sous-sol du bassin minier creusé par les galeries :  « L’opportunisme c’est quand on change de casaque et qu’on joue le lendemain avec celle d’une autre équipe ! » Une conjoncture favorable ? [le député socialiste sortant Guy Delcourt, ancien maire de Lens, ne se représentant pas et en mai dernier, Hugues Sion, son principal challenger se présentant sur une liste indépendante NDLR]. Soyons plus précis. « Oui, non, mais ça veut rien dire. J’ai quand même quitté le PCF en 2000 et j’ai rejoint le FN en 2013. » Il n’y a pas de jugement de valeur. L’opportunité n’est pas forcement de l’opportunisme, mais ce dernier peut conduire à exploiter la première. « Bah oui ! Il faut bien qu’en ce pays, on change les donnes ».

« Ni de gauche, ni de droite. Je suis patriote »

L’homme est connu pour son appétit littéraire. Dans sa libraire, on dénombre près de
8 000 livres. « Peut-être plus », s’amuse-t-il. Fin connaisseur de la littérature et de l’historiographie marxiste, José Evrard affine et nourrit son discours par de nombreuses citations. Marxisme et écologie, mais également souveraineté, indépendance et patriotisme sont les concepts le plus récurrents. Est-il de gauche ou de droite ? « Ni de gauche, ni de droite. Je suis patriote », ricane-t-il. Même lui, il ne semble pas y croire. Soyons plus précis. « Je suis le témoin vivant de la déstructuration du bassin minier. Cette région de la France est de plus en plus pauvre et économiquement immobile. Les politiques socialistes n’ont pas répondu aux exigences des cette population. Aujourd’hui, ils payent le décalage entre les promesses et les actes. »

Le député FN José Evrard devant le bureau du Front National de la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin, sur Lens – © Stefano Lorusso

« Pendant la campagne électorale, mes adversaires ont pointé du doigt mon passé communiste. Ils m’ont rapporté pleins de voix. »

José Evrard a été crédible aux yeux de ses électeurs car il a totalement assumé son passé. Pas seulement il n’a plus de cadavres dans le placard, il n’a même plus de placard. « Je suis connu dans cette région pour y avoir milité longtemps. Pendant la campagne électorale, mes adversaires ont pointé du doigt mon passé communiste. Ils se sont tués tout seuls car ces accusations m’ont rapporté plein de voix. »

Le point de rupture entre lui et la gauche, a été la position trop souple de cette dernière sur les politiques européennes : « L’Europe, telle qu’elle est construite aujourd’hui, produit des profondes inégalités. Le FN a un discours patriotique. Les anciens électeurs communistes ont été plus sensibles que d’autres à ces aspects là. »

Ce professionnel de la politique a-t-il trouvé dans la ligne politique du FN un nouveau « soleil de l’avenir » ? Il hésite, un conflit s’entrevoit dans ses yeux, son esprit semble en contradiction. Le temps d’une seconde, il redevient le professionnel de la politique qu’il est. « Le FN reprend des idées dans lesquelles je m’étais engagé. Je ne vois pas pourquoi je ne devrais prendre ma place au sein du Front national. Dans la vie, ce n’est pas tout blanc ou tout noir ». Peut-être bleu Marine ? 

 

Centenaire de la bataille de la Cote 70 : les combats oubliés (1/2)

En ce 15 août 2017, premier jour de l’anniversaire des 100 ans de la bataille canadienne de la Cote 70, retour sur un épisode guerrier qui a marqué à jamais l’histoire de Loos-en-Gohelle.

Bien moins connue que la bataille de la crête de Vimy, à quelques kilomètres de là, cette offensive des Alliés a la particularité d’être la seule bataille gagnée entièrement par des troupes canadiennes sous le commandement d’un des leurs, le lieutenant-gouverneur sir Arthur Currie.

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Les “pyramides noires”, site touristique incontournable de Loos-en-Gohelle

À 186 mètres d’altitude, les terrils 11/19 de Loos-en-Gohelle se présentent véritablement comme les “pyramides noires” de Loos-en-Gohelle. Ce symbole paysager du bassin minier attire chaque année des milliers de touristes de partout en France et du monde entier.

Les terrils jumeaux du 11/19 constituent l’un des quatre grands sites du patrimoine minier conservés dans le Nord-Pas de Calais. Ces deux chiffres 11 et 19 font référence aux numéros des anciens puits de mine, 11 pour le chevalement métallique des années 1920 et 19 pour la tour de concentration en béton de 1960.

Site incontournable de Loos-en-Gohelle

Un capture d’écran de Tripadvisor.

Fondés avec les déchets de l’extraction, les terrils offrent une faune et une flore diversifiées favorisées par la chaleur dégagée des terrils. Oui, ces milliers de tonnes de charbon dégagent de la chaleur ! Aujourd’hui, grâce aux aménagements, ils sont devenus une destination incontournable pour les touristes, tant pour sa riche histoire, que pour ses zones idéales d’une randonnée et des activités sportives.

Classé au 35ème rang sur 308 choses à voir/à faire à Pas-de-Calais sur TripAdvisor, grand site de voyage, les Terrils Jumeaux du 11/19 attirent des milliers de curieux chaque année.

En publiant les photos des terrils sur TripAdvisor, belleretraite de Montréal, Canada a exprimé sa surprise.

Tiphaine Carrez , venue de Fruges dans le Pas-de-Calais, a déjà visité le Centre historique minier de Lewarde. Cette fois-ci, elle amènent ces six enfants à Loos-en-Gohelle. « Nous allons grimper les terrils en apprenant un peu d’histoire aux enfants », explique-t-elle.

Tandis que Kader Mis, entraîneur d’athlétisme, vient ici uniquement pour le sport : « Je viens de Lille. Mon père était un ancien mineur du bassin minier. Je viens sur les terrils cinq à six fois chaque année pour la course et le marathon. J’y emmène même mes athlètes quelques fois par an ! »

Sur Twitter, les touristes partagent leurs photos prises pendant le voyage sur les terrils:

Informations pratiques

  • Visite libre du site du 11/19 (avec parcours signalétique d’interprétation) et des terrils, tous les jours. Pour monter au sommet depuis le carreau de fosse et redescendre : compter 1h.
  • Visite guidée du site et des terrils avec le CPIE La Chaîne des Terrils : 03 21 28 17  28

Attaque terroriste à Ouagadougou : une « burkinabè » de Loos-en-Gohelle réagit

Ouagadougou a été victime d’une attaque terroriste dimanche dernier. Le bilan provisoire fait état d’une vingtaine de mort et d’une dizaine de blessés. Béatrice Bouquet connait bien le Burkina Faso, puisqu’elle y va régulièrement depuis 1983 et dirige d’ailleurs l’association Loos N’Gourma. Elle est consternée. Interview. 

Béatrice Bouquet, consternée par la nouvelle de l’attentat de Ouagadougou © Oudom Heng

Lost in Gohelle : Un mot pour vos amis du Burkina Faso…

Béatrice Bouquet : Je pense beaucoup à eux. Tous mes amis sont sains et saufs. En 2016, je me suis retrouvée la seule blanche dans un restaurant à Ouagadougou car les touristes avaient peur de sortir après le premier attentat de janvier 2016 à Ouagadougou. Je mesure donc les conséquences de ce qui s’est passé. Il faut pour nos amis burkinabè, rester très solidaires, tenir le coup pour lutter contre ce terrorisme. Beaucoup de pensées pour eux, beaucoup d’amitié. Et un peu de réconfort autant que possible.

Lost in Gohelle : Cet attentat rappelle celui du 15 janvier 2016 qui a lieu sur la même avenue (Kwamé N’Krumah). Connaissez-vous les lieux ?

Béatrice Bouquet : Il est vrai que je ne fréquente pas beaucoup Kwamé N’Krumah mais c’est une avenue que je connais. J’y suis déjà passée. Le but de ces terroristes pour moi, c’est de déstabiliser à la fois le Burkina Faso et les associations qui interviennent pour aider le pays. Ils veulent peut-être aussi mettre la main sur certaines richesses du pays. En résumé, soit en faire un État islamiste soit profiter des richesses minières. Ces gens ont besoin d’argent pour financer leurs attaques, leur terrorisme, peut-être qu’ils viennent frapper pour ces raisons.

Lost in Gohelle : Comment avez vous été mise au courant pour l’attaque?

Béatrice Bouquet : J’ai appris cela le lendemain matin en écoutant la radio. J’étais très triste d’apprendre cette douloureuse nouvelle d’un attentat qui frappe encore le Burkina Faso. Au départ, je pensais que c’était moins grave. C’est seulement après quand on est allé chercher l’info… [Après un silence rempli d’émotions], On est tous Ouagadougou, ou tous Paris, solidaires quand il y a un attentat.

Lost in Gohelle : Ce triste événement nous ramène à nous interroger sur le phénomène du terrorisme, qu’en pensez-vous ?

Béatrice Bouquet : Je me demande si c’est vraiment religieux car l’Islam interdit de tuer son prochain. Cependant, il faut reconnaitre que les inégalités sociales dans le monde créent le terreau fertile pour faire naître ces terroristes, qui ne connaissent pas vraiment les fondements de la religion. On pourrait penser la même chose en France quand on voit la montée du Front National. Ce sont des gens, pour la plupart les exclus de la réussite et de la mondialisation, qui votent pour les extrêmes.

Lost in Gohelle : Des pistes de solution ?

Béatrice Bouquet : Il faut voir comment on travaille à rendre le monde plus juste. À tous points de vue, il y a la grande pauvreté qui existe dans certains pays, l’analphabétisme, c’est… c’est un défi [silence] très difficile.

Lost in Gohelle : …un défi auquel vous croyez?

Béatrice Bouquet : [Empressée] Oui oui j’y crois. J’y crois beaucoup. On arrivera pas à le résoudre, mais on passera le relais. C’est comme ça qu’il faut entendre les choses. On ne peut pas résoudre tous les problèmes du monde mais chacun peut faire sa part, informer d’autres pour qu’ils puissent prendre le relais.

 

Yipo Vincent Bado

Famille d’accueil de jeunes journalistes étrangers à Loos-en-Gohelle : partager pour s’enrichir

Balade aux terrils jumeaux des jeunes étudiants avec leur famille d'accueil © Océance Ten

Cet été, à Loos-en-Gohelle, six familles accueillent de jeunes étudiants internationaux de l’École Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille dans le cadre d’une immersion sur le terrain. L’équipe est composée de trois Italiens, une Chinoise, une Canadienne, un Burkinabé et un Cambodgien. Retour sur cette expérience unique.

Plus besoin de partir en vacances, des familles loossoises ont trouvé le moyen de voyager sans bouger de chez elles : en accueillant cet été les étudiants étrangers qui entreront cette année dans la prestigieuse école supérieure de journalisme de Lille.

À Loos-en-Gohelle, les sept étudiants ont tous trouvé un foyer chaleureux. En échangeant, la famille d’accueil et les étudiants parlent de leur pays, de la famille, de la politique et d’histoire. C’est un bon moment partagé dans ces nouvelles familles !

Les Guillemant : Échanger autour de la culture chinoise

Le couple Christel et Marc Guillemant ne partent pas en vacances cette année. Lorsqu’ils ont appris que la mairie de Loos-en-Gohelle cherchait des familles d’accueil pour les étudiantes, ils ont tout de suite voulu prendre part à l’aventure. Ils accueillent pour la première fois une étudiante journaliste chinoise, Yan Chen.

Famille-Guillemant © Yan Chen

Famille Guillemant en visite tout en haut du beffroi d’Arras © Rémi Guillemant

« L’hébergement d’une jeune chinoise nous permet de voyager un peu aussi » se réjouit Marc Guillemant en souriant, aux côtés de sa femme, Christel. Son épouse ajoute : « Pendant cette première semaine, nous avons parlé un peu de son pays, de sa ville et de la culture chinoise. On échange aussi des nouvelles par rapport à la vie familiale. »

Ce couple en profite pour poser des questions sur la vie réelle de la Chine; par rapport à ce qu’ils voient à la télévision et dans la presse française. Ils ont hâte de connaître les points de vues de Yan sur certains problématiques, différent de leur regard occidental.

Ils sont peut-être un peu déçus de ne pas avoir eu l’opportunité de goûter la cuisine chinoise. Car Yan travaille beaucoup la journée, elle sort tôt le matin et rentre tard le soir. Mais ça devrait ne pas tarder !

Les Payen : Accueillir une canadienne à temps pour le centenaire de la bataille

Gilles Payen © Oudom Heng

Gilles Payen accueille pour la première fois une étudiante de l’ESJ © Oudom Heng

Gilles Payen, professeur de technologie au collège, accueille pour la première fois une étudiante canadienne. C’est en découvrant une annonce sur Internet que Gilles s’est proposé de devenir une famille d’accueil. Lui et son épouse Maryse ont accueilli Clémence Labasse. Et ça tombe bien parce que cette famille s’intéresse vraiment à l’histoire de la bataille de la Cote 70 lors de la première guerre mondiale, une bataille des armées canadiennes sur le sol français. Cet habitant de Loos-en-Gohelle est également membre de l’association de « Loos sur les traces de la grande guerre » qui travaille au souvenir de des grandes batailles de Loos-en-Gohelle.

« C’est tout à fait le hasard! Cette année, l’anniversaire du centenaire de la bataille sera célébré le 22 août prochain. Nous assisterons à l’inauguration du mémorial de la bataille canadienne. Le fait d’avoir Clémence avec nous alimente beaucoup  la discussion et le partage » raconte Gilles Payen. D’autant que des contacts pour la recherche des personnages historiques peuvent s’avérer précieux pour lui. L’étudiante et la famille aiment aussi parler de politique, française et canadienne.

Point de vue dérangement, il n’y a pas aucun problème pour la famille : Clémence part tôt au CyberCoin pour travailler.

Les Bouquet : Héberger un étranger, une occasion de s’enrichir

Béatrice Bouquet accueille pour la deuxième fois un Africain © Oudom Heng

Béatrice Bouquet accueille pour la deuxième fois un Africain © Oudom Heng

Béatrice Bouquet est présidente de l’association Loos N’Gourma. Son association basée à Loos-en-Gohelle soutient un village situé à l’est du Burkina Faso, Sampiéri, en agroécologie.

Cette année, Béatrice accueille le jeune étudiant burkinabé, Vincent Bado. Simple hasard ou le fruit de son choix?

«C’est un peu choisi. J’aime bien le Burkina Faso et c’est bien d’avoir un jeune burkinabé qui reste chez nous, avec qui on peut parler, échanger » avoue la Béatrice, enthousiasmée. Béatrice est très attachée à l’Afrique. Le continent lui tient à cœur, aussi bien à elle qu’à toute sa famille. L’an dernier, elle a accueilli un jeune originaire de la République démocratique du Congo.

Comme les deux familles interviewées ci-dessus, le fait d’accueillir des étudiants ne gène pas du tout la famille, bien au contraire, c’est toujours une occasion de découvrir. Pour l’année prochaine, si elle ne part pas en vacances avec sa famille et, si l’ESJ Lille continue d’envoyer des jeunes étudiants à Loos-en-Gohelle, ce sera avec plaisir que Béatrice Bouquet hébergera un(e) autre étudiant(e).

Loos-en-Gohelle patrimoine de l’Unesco : quelles avantages et quelles contraintes cinq ans après ?

2012 : le Bassin Minier Nord-Pas de Calais est enfin inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Cinq ans après ce classement, quel bilan peut-on en dresser ? Francis Maréchal, adjoint au maire, sous-pèse le pour et le contre. 

 

Le bassin minier patrimoine de l’Unesco : pourquoi ?

« L’origine du dossier Unesco? C’est Jean-François ! », sourit Francis. L’adjoint au maire l’appelle par son prénom. Jean-François Caron est le maire écologique de la ville de Loos-en-Gohelle depuis 2001. Tout a commencé il y a trente ans, lorsque le premier élu, Francis et d’autres Loossois ont fondé La Chaîne des Terrils. Une association avec un but précis : revaloriser une zone en déclin. 

« On voulait changer l’image du bassin minier en partant du contexte. Les terrils étaient tous noirs au départ, ils n’étaient que des cailloux. Mais on constatait que la nature poursuivait son cours, elle les reverdissait. On considérait que c’était un signe marquant de l’évolution du paysage ».

Comme le dit la devise de Loos-en-Gohelle, « Du noir à vert« . Du charbon au développement durable. Mais pas seulement. « A l’époque, le chômage montait et ça créait un esprit défaitiste, une perte de confiance en soi. On a donc pensé à faire quelque chose en commençant par un travail sur l’image. La population devait reprendre possession de cet espace-là, il nous appartenait, et il nous appartient ».

« Le projet de la Chaîne des Terrils avait beaucoup avancé en matière de visites organisées sur les terrils », continue Francis. C’est alors que le groupe a décidé de candidater au classement du patrimoine mondial de l’Unesco.

Une fierté pour Loos-en-Gohelle, mais une réussite qui ne se limite pas à la ville : « 120 kilomètres de long, 87 communes, 17 fosses, 21 chevalements, 51 terrils, 3 gares, 124 cités, 38 écoles, 26 édifices religieux, des salles des fêtes ou encore 4 000 hectares de paysage vont porter les couleurs d’un héritage patrimonial de trois siècles d’exploitation du charbon », décrivait Le Monde il y a cinq ans, juste après le résultat. Un patrimoine matériel et immatériel lié à l’héritage d’une société qui s’est développée autour du monde noir de la mine.

Les sentiers montant des pieds des terrils amènent les visiteurs jusqu’au sommet – © Stefano Lorusso

Quelles contraintes ? 

Quel bilan peut-on dresser cinq ans après l’inscription du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais au patrimoine mondial de l’humanité?

« La difficulté, c’est de peser les avantages. Les contraintes ? C’est facile », reconnaît l’adjoint au maire. « Il y a une zone juste à coté des terrils, y compris les terrils mêmes, qui est maintenant protégée. On aura pas le droit de bâtir. Il y a beaucoup de bâtiments pour lesquels de nombreuses autorisations sont nécessaires pour n’importe quelle intervention. Il y a un certain nombre d’endroits, par exemple les cités minières, où nous ne pouvons pas faire ce que nous voulons ».

Il y a bien des choses à faire. En ce qui concerne les normes thermiques d’isolation des bâtiments, les anciennes maisons des cités minières, construites en briques il y a longtemps, ne sont pas conformes.

« Il faut les rénover. Mais le problème c’est qu’on ne peut pas les rénover n’importe comment parce qu’il ne faut pas qu’on gâche le côté architectural. Il y a des secteurs où il est extrêmement simple, mais il y en a d’autres où l’architecture des maisons est très complexe. On sera obligé de la garder ».

« Par l’intermédiaire de l’Etat, on peut effectivement demander des financements plus facilement. Mais c’est l’Etat, pas l’Unesco ».

Rénover, donc, est forcément synonyme de dépenses. Mais est-ce que l’Unesco aide financièrement la zone du bassin minier ? « On ne reçoit pas directement de l’argent par l’Unesco. Mais par l’intermédiaire de l’Etat, on peut effectivement demander des financements plus facilement. Mais c’est l’Etat, pas l’Unesco. C’est une protection symbolique. L’inscription du bassin minier implique que les mairies et les communautés locales doivent s’engager à protéger le patrimoine ».

Cité n° 12, Lens et Loos-en-Gohelle, inscrite sur la liste du patrimoine mondial par l’Unesco le 30 juin 2012 . © Jérémy-Günther-Heinz Jähnick sur Wikicommon

Quels avantages ?

A quoi sert, finalement, l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco? Heureusement Loos-en-Gohelle en retire de nombreux avantages. Tout d’abord, le tourisme, une source de revenus. Même si « peut-être pas comme on aurait voulu », avoue Francis.

Il continue : « Je pense que la chose la plus importante, c’est de montrer aux gens le patrimoine qui a été créé par la société, donc par nos parents et nos grands-parents ». Les gens y ont participé : cet héritage, qu’il soit matériel ou immatériel, est effectivement l’histoire de la ville. « C’est notre patrimoine, c’est un beau patrimoine. Il mérite d’être connu. Quand des gens d’ici ont vu arriver des touristes, ils se sont dit que finalement ils vivent dans un pays où il y a des choses intéressantes. Avant c’était la déprime sociale. Une fois le charbon terminé, les gens ont eu l’impression d’être jetés ».

Ça en vaut la peine? Francis Maréchal n’hésite pas un seul moment : « Oui. Au delà de l’argent, socialement et moralement ». Selon lui « les terrils – symboles d’une ville, d’une société, d’un moment historique – sont nos pyramides. Ils ont été construits par les mains de nos parents et grand-parents. Nos terrils peuvent avoir la même valeur que les pyramides d’Egypte ».

Quatre anecdotes sur les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle

Il y a des nombreuses anecdotes sur les deux terrils de Loos-en-Gohelle. Nous en avons sélectionné quatre. Ces légendes s’attachent à des événements historiques, à la vie des mineurs et des paysans de cette région.

Terrils jumeaux à loos-en-gohelle © Mairie de Loos-en-Gohelle

Terrils jumeaux à loos-en-gohelle © Mairie de Loos-en-Gohelle

Cul à Gaillette

Que des « amusettes » ces mineurs ! À l’époque de la production du charbon, les mineurs appelaient leur collègues féminins « Cul à Gaillette », un nom qui semble aujourd’hui un peu grossier pour des jeunes filles. Pas encore mariées, ces ouvrières travaillant au triage du charbon se tachaient la peau parfois jusqu’aux parties intimes, le charbon créant des poussières très envahissantes. D’où le surnom affectueux. Ce n’est peut-être pas très galant, mais dans les mines on avait pas le temps pour les chichis !

Terril et Fusil

L’histoire de l’ortographe du mot « Terril » se passe de génération en génération dans la région, mais aucun moyen de savoir le vrai du faux. L’histoire va comme suit. En 1906, une catastrophe dans les mines de Courrières fait près de 1100 morts. Les journalistes de Paris accourent. Un en particulier décide d’interviewer un mineur rescapé et lui demande comment s’écrit le mot « Terril ». L’homme, illettré, lui répond alors que cela s’écrit comme « outil et fusil ». En verité, le mot s’écrivait « terri », ce qui explique l’on ne prononce toujours pas ce « l » superflu.

Des écoliers qui en ont marre

À Loos-en-Gohelle, les enfants de l’école primaire montent régulièrement sur les terrils pour leur sortie scolaire annuelle. Ce voyage d’étude est important dans le cadre de leur programme scolaire, afin de les initier à la nature et la biologie. Une fois au collège, ils doivent à nouveau repartir sur les terrils. Les jeunes Loossois montent donc régulièrement sur ces deux jumeaux, en partie parce que ce sont les plus hauts d’Europe. Mais c’est aussi précisément pour cette raison que certains d’entre eux refusent aujourd’hui d’y retourner avec leurs parents… Ils en ont tout simplement ras-le-bol !

Couvercle de lessiveuse

Pour descendre rapidement des terrils, les personnes âgées conseillaient de par le passé aux enfants de s’asseoir sur un couvercle de lessiveuse et de se laisser glisser ! Un couvercle de lessiveuse était une pièce d’ancienne machine à laver en fer, qui ressemblait un peu au couvercle des casseroles actuelles. Le jeu, quoi que très amusant pour les jeunes, a été jugé trop dangereux ces dernières décennies et on l’a donc interdit.

Terrils jumeaux à loos-en-gohelle © Mairie de Loos-en-Gohelle

Terrils jumeaux à loos-en-gohelle © Mairie de Loos-en-Gohelle

Loos-en-Gohelle: la ville qui est passée de l’économie noire à l’économie verte

« L’histoire des mineurs vaut celle des rois », dit Jean-François Caron, maire écologiste de Loos-en-Gohelle, quand en 2012, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Pour Loos-en-Gohelle, ce n’est pas qu’une nomination symbolique. En vingt ans, ce territoire a su se révolutionner et passer de l’économie de charbon, à l’économie verte. Reportage.

A Loos-en-Gohelle, prononcer le mot « mine » fait penser aux terrils – ces collines constituées des sous-produits non exploités de la production minière. A Loos-en-Gohelle il y en a deux. Ces jumeaux, les plus hauts d’Europe, culminent à plus que cent-quatre-vingt mètres. C’est ici, à leurs pieds, qu’il faut aller pour comprendre la transition énergétique.

Dans ce paysage, ils sont les seules repères. Ces géants noirs et verts surplombent le paysage du « plat pays ». Ils le façonnent. Toute l’histoire contemporaine de ce territoire est ici : la culture du travail, la fatigue et la mémoire des ouvriers, les richesses produites pour faire repartir l’économie de la France d’ après-guerre, les grèves ouvrières. Empâtées aux résidus de pierre et de schiste, il y a le sang et la sueur des mineurs. Ils sont le symbole de tout ce qui fut.

Beaucoup auraient voulu les raser pour enterrer le passé. Mais Jean-François Caron, maire écologiste de Loos-en-Gohelle depuis 2001 a combattu aux côtés de son père Marcel, maire socialiste de Loos-en-Gohelle de 1977 à 2001, pour les préserver. Grâce à leur ténacité, depuis 2002 le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. « L’histoire des mineurs vaut celle des rois », compare Jean-François Caron lors de son discours après l’inscription.

 

Un de deux terrils de Loos-en-Gohelle. Dans ce territoire plat, ils sont les seules repères - © Stefano Lorusso

Les sentiers montant des pieds des terrils amènent les visiteurs jusqu’au sommet – © Stefano Lorusso

Les bâtiments miniers aux pieds des terrils de Loos-en-Gohelle – © Stefano Lorusso

« La vie à l’époque de la mine était dangereuse, on travaillait beaucoup. Mais on l’aimait tous. »

« La vie à l’époque de la mine était dangereuse, on travaillait beaucoup. Une fois mon service à la mine terminé, je suis allé travailler dans un garage pour gagner plus. Mais finalement, on regrettait la mine et l’ambiance des fosses : c’était la convivialité et l’entraide, tout le monde se disait bonjour, tout le monde se connaissait » évoque Gilbert Lété, soixante-quinze ans, mineur de fond aujourd’hui à la retraite. Sa boucle d’oreille de diamant blanc brille sous les rayons du soleil.

« Beaucoup de personnes auraient voulu tout raser. Après la fermeture du puits de mine, ça a été la crise. »

Clément Ere, mineur durant sa jeunesse avant de s’enrôler pour la guerre d’Algérie, détaille plus en profondeur les cicatrices du territoire : « Beaucoup de personnes auraient voulu tout raser. Après la fermeture, ça a été la crise. On ne savait plus où on allait, on regardait le passé avec un mélange de honte et de nostalgie. Mais il ne faut pas avoir honte, c’est notre passé, notre identité ! Aujourd’hui quelque chose bouge, le maire porte un grand projet de transition écologique. Le charbon, ça n’était plus possible. »

Clément ERE revient sur son passé de mineur à Loos-en-Gohelle - © Stefano Lorusso

Sortir de l’engrenage infernal

Avec la progressive fermeture des mines, le territoire du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais plonge dans un fort immobilisme économique. C’est un choc dur et sanglant pour la population. La mine et les patrons, dont toute l’organisation des villes de cette région dépendait, avaient injecté un profond esprit paternaliste et hiérarchique dans les rapports sociaux, les rythmes de vie, l’urbanisme et l’économie. Une fois partis, les patrons ont tout laissé en l’état : un territoire saigné à blanc et destructuré.

Comment sortir de cet engrenage infernal de crise sociale ? Loos-en-Gohelle, dont le paysage et l’humanité portent encore les blessures liées aux mines, a été complètement retournée dans les vingt derniers années. Prenant son histoire à contre-courant, la ville a mis en œuvre la révolution verte. Le deus-ex-machina de cette transition énergétique est Jean-François Caron, maire écologiste de Loos-en-Gohelle depuis 2001. Dans une ville qui n’avait plus d’espoir, cet homme maigre au visage calme et au discours pédagogique a apporté une vision, un rêve. Il a su s’entourer d’une équipe forte et efficace qui partage son projet de transition énergétique.

Résilience et durabilité

Julian Perdrigeat a 31 ans. Diplômé en science politique, il est directeur de cabinet du maire de Loos-en-Gohelle. Avant de s’engager pour la transition écologique à Loos-en-Gohelle, il a traversé l’Afrique à vélo pour étudier le thème de la résilience. C’est ça, le mot clés de Loos-en-Gohelle, sa capacité de résistance aux chocs. A son retour en France, par un hasard de la vie, il rencontre Jean-François Caron et commence à travailler pour son cabinet. « On a été au cœur de la première révolution industrielle, on a loupé la deuxième, mais on a anticipé la troisième » affirme-t-il avec détermination.

Julien Perdrigeat, directeur de cabinet du maire de Loos-en-Gohelle devant la mairie – © Lost en Gohelle

« On suit le principe de l’économie circulaire en allongeant le cycle de vie de certaines matières et produits. »

« Il faut préserver la planète. On suit le principe de l’économie circulaire en allongeant le cycle de vie de certaines matières et produits. On réduit la consommation. On produit de l’énergie grâce à des nouvelles technologies : les panneaux photovoltaïques, un système de récupération des eaux de pluie, des nouveaux matériaux pour les éco-constructions, un projet d’une usine de méthanisation » continue-t-il.

« Concrètement, il s’agit de passer d’une société paternaliste à la démocratie participative et horizontale. On fait un grand travail culturel ici pour faire comprendre aux habitants et aux communes intéressées par notre philosophie que les énergies renouvelables sont l’avenir. Il faut systématiser la logique écologique. »

Pendant son précédent mandat, le maire a organisé plus de deux-cent réunions publiques, il se base sur un large consensus électorale : 83% des voix lors des élections municipales de 2014.

Vers une 3e révolution industrielle

Loos-en-Gohelle a été nommée ville pilote du développement durable en France. On y expérimente le potentiel de l’économie verte. « D’ici en 2050, on a l’objectif de produire plus d’énergie que ce qu’on consomme », le directeur du service technique de la mairie, Didier Caron (qui n’a aucun lien de parenté avec le maire NDLR). A 53 ans, il a les mains sur tous les dossiers communaux. Ayant travaillé en tant que jardinier, il y a appris l’amour et le respect pour la terre.

Sur les toits de l’Eglise de Saint-Vaast, la Mairie a installé 200 m2 de panneaux photovoltaïques qui rapportent 5000 euros chaque année (32 000 kilowatts/heure). « Imaginez-vous qu’on développe ça à l’échelle du bassin minier », la voix de Didier Caron monte, dans ses yeux on aperçoit la vision de l’avenir. « Dans les jardins publics, un système de détecteurs de mouvement a été installé afin de régler la consommation d’énergie en fonction de la présence humaine », poursuit-il avec fierté.

 

Les bâtiments publics sont dotés d’un système de récupération d’eau de pluie qui servent à alimenter les sanitaires et à l’entretien des espaces verts. 86000 litres d’eau sont ainsi récupérés chaque année. « Le développement durable consiste également en des petits gestes d’attention vers notre planète », conclut Didier Caron, en souriant paisiblement.

Didier Caron, directeur du service technique de la mairie de Loos-en-Gohelle dans son bureau – © Stefano Lorusso

Changement d’échelle

Depuis 1998, 148 logements ont été construits avec des principes écologiques. 350 emplois ont été créés. Du côté des pouvoirs publics de la ville, les idées sont claires. Le défi aujourd’hui est le changement d’échelle. Comment peut-on impliquer les particuliers pour financer la transition écologique au niveau citoyen ?

« L’avenir de l’écologie dépend du changement d’échelle. »

« La plus grande difficulté est d’appliquer les stratégies du développement durable dans le secteur privé », assume Didier Caron. Un propos qui fait l’écho à celui de Béatrice Bouquet, élue locale écologiste entre 1982 et 2004. Elle a travaillé avec les Caron, père et fils. « On est tous responsables de ce qui va venir. On doit tous changer notre mentalité par rapport à l’écologie. Toutefois, c’est vrai que chez les particuliers, cela demande un investissement économique important. La seule chose qu’on peut faire, c’est de travailler sur la culture et sur la pédagogie ». Le défi est grand, dans l’une des villes les plus pauvres du bassin minier. Ici, 60% de la population est exonérée de l’impôt sur le revenu.

« L’avenir de l’écologie dépend du changement d’échelle.» Julien Perdrigeat le sait très bien : « Loos-en-Gohelle est une petite communauté, on n’est qu’une ville laboratoire. Réfléchissez : si au lieu des 70 milliards d’euros que la France paie chaque année aux Emirats Arabes et à la Russie pour acheter de l’énergie, elle les investissait en fermes solaires, en unités de méthanisation, en mobilité soutenable, elle produirait des bénéfices économiques ».

Une nouvelle identité

Sous les terrils, cent mille kilomètres de galeries ont été creusés. Une longueur égale à deux fois et demi le tour de la terre ! Après la fermetures des mines, les élus de ce territoire ont dû gérer de lourdes conséquences environnementales : affaissement des terrains, pollutions, un territoire dévasté.

Les terrils de Loos-en-Gohelle sont le symbole de la profonde capacité de résilience de ce territoire. Créés par l’homme, apparemment stériles, ils sont aujourd’hui habités par six cent espèces d’animaux et de plantes. La nature reprend ses droits et à Loos-en-Gohelle, et l’homme la suit.

D’où vient le nom Loos-en-Gohelle ?

Ceux qui passent à Loos-en-Gohelle ne connaissent pas  forcément l’origine du nom de cette petite ville de 7 000 habitants. Ils se questionnent (ou pas) de savoir d’où vient l’appellation « Loos-en-Gohelle » ? Voici la réponse !

Panneaux de rue dans la Ville fleurie à Loos-en-Gohelle © Mairie de Loos-En-Gohelle

Panneaux de rue dans la Ville fleurie à Loos-en-Gohelle © Mairie de Loos-En-Gohelle

Extrait du livre Loos en Gohelle à la recherche de son passé.

Extrait de Loos en Gohelle à la recherche de son passé

Loos-en-Gohelle est composé de deux mots-clés importants : Loos et Gohelle. Le mot Loos existe même avant 1500 ans. Selon les recherches effectuées par un groupe de Loossois parues dans un livre intitulé Loos-en-Gohelle à la recherche de son passé, paru en 1982, en supplément des Echos Lossois; Loos veut dire « les prés marécageux. » Dans ce même livre, on apprend cependant que Loos veut dire aussi « le Bois », d’après M. L. Ricouart dans son ouvrage Étude sur les nom de lieux du département du Pas-de-Calais.

Ce livre montre aussi que les mots « Gohelle » ou « en Gohelle » correspondent au territoire de l’Artois. Il s’agit de la partie occidentale du doyenneté de Lens. Les racines étymologiques de ce mot sont nombreuses : Goièle, Gohier, Gauheria, Gauhière (vieux français) Gohelle, Goelle, Gouelle, Göll (vieil allemand)…

En 1937, l’Etat français décide finalement de donner définitivement à la ville le nom de Loos-en-Gohelle.

Pour clarifier tout cela, nous avons rencontré Francis Maréchal, l’adjoint actuel du maire de Loos-en-Gohelle. Cliquez sur la vidéo ci-dessous afin de découvrir les explications de ce sage Loossois.

L’explication audio – de meilleure qualité – de Francis Maréchal :

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