Passeurs de Mémoire à Loos-en-Gohelle : une aventure humaine pour un monde meilleur

Sylviane Roszak, professeure d’histoire, est l’une des responsables de l’association Passeurs de Mémoire, qui engage les jeunes adolescents dans les recherches et mises en scènes de l’histoire de Loos-en-Gohelle. Entretien avec Sylviane Roszak.

Sylviane Roszak (à droite), est présidente de l’association Passeurs de Mémoire et son élève Clémenté Rabito, coordinateur de cette association. © Yan CHEN

Qui sont les membres de Passeurs de Mémoire ?

Sylviane Roszak : On compte maintenant une dizaine de jeunes adolescents âgés de 11 à 20 ans dans Passeurs de Mémoire. La plupart sont mes élèves. J’ai constaté, dans mon collège, que certains des élèves qui ne sont pas forcément ceux qu’on appellent les « bons élèves » ont énormément d’idées et d’envies. Ils veulent essayer à la chanson, à la danse ou même à la magie.

Qu’est-ce qu’on propose exactement dans cette association ?

Sylviane Roszak : Au départ c’était justement un atelier pour les jeunes afin de passer un moment ensemble autour des recherches historiques et documentaires. Puis, les jeunes ont eu envie de créer des spectacles. On a alors mis en place progressivement des spectacles comme par exemple un « one man show » au foyer des personnes âgées ou les spectacles thématiques en chansons, en poésies et en archives à l’occasion des grands événements.

Quel est l’objectif de Passeurs de Mémoire ?

Sylviane Roszak : L’objectif est de donner une occasion pour que les jeunes puissent s’exprimer et avoir accès à connaître leur histoire, à leur patrimoine. Nous essayons aussi de transmettre les émotions aux personnes qui regardent les spectacles.

Spectacle de Passeurs de mémoire « Mon grand-père était mineur » le 3 juillet 2017 au Foyer Omer Caron © Facebook de Passeurs de mémoire

Qu’est-ce qui relie ces jeunes adolescents autour d’un spectacle?

Sylviane Roszak : Ce n’est pas un simple groupe de jeunes. C’est avant tout une aventure humaine. Comme les âges de ces jeunes varient de 11 à 20 ans, ils n’ont pas forcément les mêmes centres d’intérêts. C’est un peu surprenant mais les spectacles ont eu un grand succès. Je ne peux pas expliquer la magie au sein de notre groupe.

Pourquoi on dirige les jeunes vers le travail sur l’histoire?

Sylviane Roszak : La mémoire a le droit de ne pas être oubliée. On essaie de transmettre cet esprit aux jeunes. A mon avis, si on ignore son passé, on ne peut pas se projeter vers l’avenir.

Passeurs de Mémoire permet à ces jeunes de réfléchir sur les erreurs du passé et l’évolution actuelle de la société. Quand on réfléchit, on peut être amené à contester ce qui se passe en disant que ce n’est pas normal. Si on ne réfléchit pas, on accepte tout. C’est à vous les jeunes de prendre la charge pour changer le monde, le monde sera ce que vous voulez qu’il soit.

Quelle est la responsabilité assumée par Passeurs de Mémoire dans le monde actuel?

Sylviane Roszak : Evidemment on peut faire évoluer le monde dans lequel on vit. On veut que ce soit un monde d’entraide, de solidarité et de fraternité plus qu’un monde d’indifférence. On est là pour inciter les jeunes à réfléchir. On leur montre les différences et également « les meilleurs plats ». « Les meilleurs plats » sont ceux qui mélangent au maximum les ingrédients. Une société meilleure, c’est celle qui prend la meilleur de chaque. C’est justement le partage de tout ce qui fait notre force qui peut rendre le monde meilleur. Ce qui m’importe, c’est de faire notre petit travail à notre niveau. Si il n’y pas cet effort dans une société, les sociétés qui se nourrissent de l’angoisse vont tout droit vers le burn-out. Je pense que si chacun a son petit niveau de faire ce travail, ce serait déjà pas mal.

Clémenté Rabito, élève de Sylviane Roszak et coordinateur de Passeurs de Mémoire, a chanté un morceau de Nuit et brouillard de Jean Ferrat durant notre interview.

Propos recueillis par Yan CHEN

A Loos-en-Gohelle, un écogîte conjugue développement durable et tourisme

Situé au pied des terrils jumeaux les plus hauts d’Europe (ces collines artificielles construites par les sous-produits écartés à l’époque des mines), « Fleur de ciel » est un écogite situé dans la commune de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), une ville pilote du développement durable.

Construit en 2009, il est le premier écogîte au nord de Paris. Panneaux solaires, récupération des eaux de pluie, mur et toit végétalisés font de lui un exemple de tourisme durable. Marianne l’a construit avec son mari, Didier Caron. Ils expliquent en quoi cet écogîte est original.

 

Marcel Caron, ancien maire de Loos-en-Gohelle : un mandat consacré à la mémoire et la la culture

Fin des années des 70, les puits de mines ferment les uns après les autres dans le bassin minier. Marcel Caron, alors maire de Loos-en-Gohelle (et père du maire actuel), entreprend envers et contre tous, la préservation du patrimoine minier. Rencontre.

Marcel Caron, ancien maire de Loos-en-Gohelle © Martina Mannini

C’était la fin d’un empire. Avec la fermeture progressive des mines et l’arrêt de l’extraction de charbon, la population sombre dans un pessimisme noir. Elu maire de Loos-en-Gohelle, une petite ville de 7000 habitants au coeur du bassin minier, Marcel Caron n’a pas souhaité se résoudre à voire disparaître les chevalets, les terrils et les bâtiments de la fosse du 11-19. A une époque où la majeure partie des habitants souhaitaient tout raser, ne souhaitant plus entendre parler de charbon. L’objectif du maire : faire du site un lieu de mémoire collective.

Partir des racines

C’est à partir de ce projet que les festivités des Gohelliades sont lancées. Quand l’industrie minière a cessé d’exister, les gens se sentaient perdus, tout à coup inutiles et incompétents malgré eux. « A l’époque, monsieur l’ingénieur dirigeait tout« , se souvient Marcel Caron. Même après, les traces de la domination minière restaient visibles à chaque coin de rue : dans les propriétés de quartier, dans les installations, dans les stades… Le travail s’était arrêté, mais la ville ? Personne n’en parlait. Pour Marcel Caron, il fallait se relever et commencer une nouvelle vie à partir du passé. « Le territoire changeait autour de nous, et on devait profiter du temps donné pour fixer les souvenirs trop longtemps ignorés« . Il insiste :  » Des souvenirs qui étaient révélateurs à la fois de la vie et de la richesse spontanée des Loossois« .

En chemin vers le festival

Marcel Caron pense à organiser des activités culturelles. Il voit la culture comme une piste d’avenir pour donner une nouvelle dimension à la région. A l’époque, on le considère comme un fou. Aux réunions des syndicats intercommunaux, apparemment personne ne semble comprendre l’importance d’un tel projet. Malgré tout, le maire réussit à réunir une quinzaine de bénévoles autour de son projet. L’idée sera formalisée en 1982.

« Au début, on est parti un peu dans toutes les directions », explique-t-il. « On voulait valoriser les passions des gens, découvrir les petits trésors personnels qu’ils avaient tendance à cacher dans leurs maisons, puisqu’ils avaient vécu longtemps dans un esprit de soumission ». L’équipe de Marcel a donc organisé des expositions, des soirées et des concours qui tournaient autour de plusieurs formes d’expression : la danse, le chant, l’écriture, l’art, etc.

Début des Gohelliades

Lors de la première édition du festival des Gohelliades en 1984, il y avait de tout et notamment des collectionneurs, de peintres, des poètes patoisants. « Je me souviens d’une formidable maquette en miniature de l’ancienne fosse où est actuellement implanté le Louvre« , raconte l’homme en souriant.

Le vrai choc restait à venir. Bientôt, le projet s’est tourné vers les symboles visibles de la région : les terrils. Pour montrer brutalement aux gens que ces lieux typiques pouvaient être regardés autrement et redevenir ‘vivants’. Plusieurs opérations de décoration de ces cônes noirs se succèdent, pour donner à nouveau envie à la population de lever la tête vers eux.

Marcel souligne les gros efforts fournis en cours de réalisation, aux prises avec un lieu presque inaccessible, où tout devait être transporté à la main. « Une fois, on a blanchi la pointe du terril. Une autre fois, on a mis un triple collier tout autour. Et encore une autre fois, un miroir aux alouettes qu’on pouvait voir jusqu’à 40 kilomètres à la ronde » Ce sont les images qu’il voit figurer dans sa tête. L’ancien maire s’est ensuite rendu compte que ça fonctionnait : il y avait une accroche, les habitants se mobilisaient en masse pour participer à la fabrication des outils de décoration.

Explorer l’identité

L’équipe est donc passée à l’organisation d’événements scéniques avec des montages son et lumière en plein air (dans le terril plat du puits du 15 bis, ingénieusement aménagé en théâtre de verdure). Elle collaborait avec les associations locales et des clubs de haut niveau, ouverts à tous. « On a quand même choisi de gérer le processus de création sous forme de travail de créativité encadré. C’est-à-dire que chacun pouvait participer librement au ‘jeu’, apporter une idée, mais tout devait tourner autour du thème du patrimoine et de l’identité de la Gohelle ».

Finalement, en 1987, les efforts du groupe sont récompensés et le spectacle populaire « Terre d’en haut, terre d’en bas » est représenté sur les ruines du carreau de fosse 11/19, fraichement fermé, animé par une centaine de figurants non-professionnels. Par la suite, grâce à une nouvelle et fructueuse collaboration avec l’organisme intercommunal Culture commune, dont le laboratoire artistique s’installe à la Base 11/19, les activités culturelles à Loos trouvent finalement une plateforme stable, alimentées par un réseau énergique qui reste fidèle à la philosophie initiale du projet : un mélange entre professionnalisme et forte implication des habitants.

Un exploit difficile

« Notre cible était de rendre le festival accessible à tous et d’attirer un public provenant y compris des territoires en dehors de la commune. Mais le long du parcours on a rencontré des obstacles ». L’expression sur le visage de Marcel Caron change, il dévient plus sérieux. Il raconte qu’en 1984, lors du lancement du projet, et dans les années suivantes, il n’y avait eu aucun relais positif sur ces actions dans la presse locale. Un empêchement lié aux préjugés. « Tout autour en France, s’était formée une image du Nord détestable. Malheureusement relayée par les gens de la région eux-mêmes. Quand je parlais de ce projet culturel à Paris, tout le monde se demandait ce qu’il pouvait bien sortir de bon de cette région composée de pions capables de travailler mécaniquement pendant des heures ».

Marcel Caron, par contre, voyait bien plus de choses derrière cette image. Il voyait un ensemble original et riche en potentiel. « Ce qui m’a frappé au cours de mon mandat, c’est que je suis tombé sur des personnes assez extraordinaires, qui m’ont appris des choses inconnues et intéressantes. Dans mon travail, j’ai voulu partir de ce qui les gens ressentaient. J’ai essayé de les mettre en condition de pouvoir extérioriser leurs pensées. » Son but était de transformer la négation de la réalité vécue en quelque chose de positif. « Je cherchais un moyen pour révéler leurs propres capacités et les aider à développer un sentiment de fierté et d’appartenance au bassin minier. »

 

Le pâté des rois, recette de Loos-en-Gohelle, doit-elle être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco ?

Le « pâté des rois » est un plat local, une spécialité que l’on ne trouve qu’à Loos-en-Gohelle. Certains habitants souhaiteraient même que cette recette figure au patrimoine mondial de l’Unesco.

Pâté des Rois organisé par la Mairie de Loos en Gohelle en mars 2017-Océane Ten

Pâté des Rois préparée par la mairie de Loos en Gohelle en mars 2017 © Mairie de Loos-en-Gohelle

C’est une recette qui se transmet de génération en génération. Lauriane Lorthios, agent administratif à Loos-en-Gohelle a accepté de nous dévoiler son secret. Car a priori, chaque famille a sa propre recette…

Ce plat était au départ destiné aux agriculteurs : beaucoup de viandes se trouvent à son intérieur, car le travail des champs demandait énormément d’énergie. Selon certains Loossois, le « pâté des rois » existe depuis longtemps, sans doute plus de mille ans.

Traditionnellement, les Loossois concoctent le « Pâté des Rois » au cœur de l’hiver, surtout au mois de janvier. Il faut beaucoup de temps, presque trois jours pour préparer cette spécialité ! Cette tourte se mange évidemment en famille.

Pâté des rois, avant cuire © Lauriane Lorthios

Pâté des rois, avant cuire © Lauriane Lorthios

La recette du pâté des rois

Chaque famille Loossoise possède ses propres proportions. Certaines personnes veulent moins de viande. D’autres mettent plus de farine ou de pruneaux. Il existe même une variante avec les pommes. La préparation de base est presque pareille : farine, levure, sel, poivre, pruneaux, pommes, oignons, thym, matière grasse. Les viandes utilisées sont le veau, le porc et le lapin. Attention : pas de poissons autorisés, sinon, c’est un plat japonais.

Voici la recette qu’on a trouvée sur le site de la mairie de Loos-en-Gohelle.

La recette du pâté des Rois © Mairie de Loos-en-Gohelle

La recette du pâté des Rois, mars 2017 © Mairie de Loos-en-Gohelle

Lauriane Lorthios est en train de préparer le pâté des rois © Mairie de Loos-en-Gohelle

 

          

 

          Comment fait-on le Pâté des Rois ?

 

Passionné la culinaire française, Lauriane Lorthios réalise  chaque année le pâté des rois afin de le partager en famille. Elle nous explique avec plaisir sa recette, à écouter par ici.

Pour cette adjointe administratif à la mairie de Loos-en-Gohelle, ce plat est unique devrait être inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Lauriane Lorthios espère qu’on puisse faire la demande d’inscription pour ne pas perdre la tradition.

Pâté des rois © Lauriane Lorthios

Pâté des rois © Lauriane Lorthios

Pâté des rois © Lauriane Lorthios

Pâté des rois © Lauriane Lorthios

Loos-en-Gohelle : Une jeune génération perdue dans la transition ?

Dans cette ville en transition de Loos-en-Gohelle, la jeune génération se bat pour réparer les blessures d’hier. Enquête sur l’état de la jeunesse loossoise.

Il a longtemps hésité avant de glisser ces mots. Mais finit par lâcher « J’ai voté FN » avec un peu de réticence. Au cours de cet après-midi ensoleillé, ce jeune garçon de 22 ans s’entraîne dans le skatepark de Loos-en-Gohelle. Il habite dans le quartier ouest, où se regroupent trois cités d’anciens logements miniers, éloignés du centre-ville.

Quand on parle de l’univers médiatique, il ne cache pas son désaveu à l’égard des médias français : « Souvent les journalistes cherchent du scoop et disent les bêtises, tandis que nous avons seulement besoin des faits essentiels. » Lorsqu’on lui demande d’expliquer les raisons qui l’ont poussé à voter FN, il reste souriant, hésite à répondre et finit par refuser de parler plus de politique. Il souhaite d’ailleurs rester anonyme.

« Parce que Mélenchon représente les ouvriers, tandis que Macron est pour les riches ! »

La nuit tombe à Loos-en-Gohelle, un bourg entre ville et village. Lors des dernières élections législatives, le Front National a dépassé les 50% de vote. La moitié des habitants ont donc voté pour l’extrême-droite mais personne n’en parle. Dans un bar du centre-ville, on rencontre quelques jeunes qui prennent un verre. « Moi, je ne me suis pas encore inscrit auprès de la mairie pour voter, mais sinon je voterais pour Mélenchon », affirme Corentin, 19 ans, sans la moindre hésitation. Il poursuit son explication : « Parce que Mélenchon représente les ouvriers, tandis que Macron est pour les riches ! » De son côté, Dominique Da Silva, adjointe au maire de jeunesse et sports constate que « c’est la tendance actuelle : la plupart des jeunes ont voté soit pour Mélenchon soit pour Marine Le Pen. »

« Le problème c’est que les jeunes sont habitués à recevoir les aides de l’Etat au lieu de se débrouiller. Ils peuvent dépenser 15 euros pour acheter un maillot de football à l’effigie de Neymar… et ils se plaignent de la baisse d’APL de 5 euros par mois ! »

« Monde du chômage »

Située dans le département du Pas-de-Calais, en région des Hauts-de-France, Loos-en-Gohelle se trouve au cœur de la région minière. Après la cessation des activités minières, ce territoire se bat pour une transition vers l’avenir. Les blessures économiques de la ville ont forcément marqué les jeunes habitants. Environ 1900 Loossois sont âgés de 3 à 25 ans, sur les 6700 habitants au total selon le recensement officiel de l’INSEE de 2012.

Dominique Da Silva fait le point : « Dans les années 50 jusqu’à 60, c’était très facile de trouver un emploi. Après, les générations suivantes ont subi un peu le chômage. Aujourd’hui, c’est le monde du chômage ! » Le taux de personnes sans emploi de Loos-en-Gohelle atteint 17,7% de la population, alors que le chiffre à l’échelle nationale n’est que de 9,6 %, toujours selon l’INSEE.

Selon l’élue Dominique Da Silva, le chômage constitue le plus grand problème qui précarise la jeunesse loossoise. « Le problème c’est que les jeunes sont habitués à recevoir les aides de l’Etat au lieu de se débrouiller. Ils peuvent dépenser 15 euros pour acheter un maillot de football à l’effigie de Neymar… et ils se plaignent de la baisse d’APL de 5 euros par mois ! » En affirmant une ascension de FN parmi les jeunes, Julien Perdrigeat, directeur de cabinet du maire, affirmait lui aussi que « le plus grand problème pour les jeunes est aujourd’hui de trouver une place dans la société. »

« Allez de l’avant ! C’est à vous de vous débrouiller ! Montrez-nous ce que vous voulez ! Voilà ce que je veux dire aux jeunes »

Dominique Da Silva, adjointe au maire de jeunesse et sports, est dans son bureau. © Yan Chen

« Allez de l’avant ! »

« Allez de l’avant ! C’est à vous de vous débrouiller ! Montrez-nous ce que vous voulez ! Voilà ce que je veux dire aux jeunes », s’émeut Dominique Da Silva. Elle qui a consacré sa vie aux enfants en difficulté et s’investit maintenant en faveur de la « résilience » des jeunes de Loos-en-Gohelle.

Selon les statistiques de la mairie, la municipalité a subventionné plus de 80 associations pour les jeunes dont 23 sur le sport. Ces dernières ont intégré 691 jeunes au total dont 506 de moins de 18 ans et 185 de moins de 25. « Notre objectif est de les aider à sortir de leur mal-être et à s’ouvrir vers le monde », poursuit Dominique Da Silva. « Ces associations peuvent favoriser l’intégration des jeunes dans la société. Par exemple, dans certaines familles où les parents sont toujours au chômage, les jeunes grandissent dans une mauvaise ambiance familiale où le travail n’est pas montré en exemple. Cela pourrait devenir un cercle vicieux. Dans les associations, les jeunes peuvent mieux connaître leur environnement et trouver d’autres exemples. C’est ensemble que l’on peut retrouver un équilibre de vie. »

Résilience mouvementée

Avec son statut de ville en transition, Loos-en-Gohelle a très peu d’emplois à proposer aux jeunes. Même si beaucoup d’initiatives ont été lancées dans le but de la création d’emplois comme la pépinière d’éco-entreprises du CD2E ou la nouvelle zone industrielle Quadraparc. Dominique Da Silva admet que la plupart des jeunes partis faire des grandes écoles ne reviennent plus à Loos-en-Gohelle : ils ont du mal à percer ici. En outre, selon le document de la mairie, « une politique de co-construction de la ville n’a pas encore été totalement comprise ou adoptée par toute la population, notamment les jeunes de moins de 25 ans ». La municipalité en conclut dans son diagnostic jeunesse que « des services à l’enfance et à la jeunesse doivent se renforcer au regard des données démographiques ». Rémi, Loossois de 19 ans, confie : « Oui, l’écologie est importante. On ne dit pas que la politique écologique n’est pas correcte mais il faut faire plus pour nous les jeunes. Par exemple, nous n’avons pas beaucoup de moyens de loisirs ou d’occasions pour se rencontrer à Loos-en-Gohelle même. »

Yan CHEN

Quartier Ouest de Loos-en-Gohelle : trois anciennes cités minières en transformation

Le quartier Ouest a été imaginé par la mairie de Loos-en-Gohelle pour reconnecter trois cités d’anciens logements miniers, éloignés du centre-ville (la Cité 5, la Cité Belgique et la Cité Bellevue). Objectif : recréer un quartier plus écologique.

Photo crédit : Xiaohan Shi

Des maisons de logements sociaux à la Cité5 Photo crédit : Xiaohan Shi

C’est plutôt paradoxal. Les 700 logements du Quartier Ouest (600 à Cité 5, 80 à cité Belgique et 20 à cité Bellevue) comptent près 2000 habitants. Paradoxalement, il n’y a que trois commerces: un café-tabac, une boulangerie et un salon de beauté.

Les trois cités ont été initialement construites au siècle dernier pour abriter les mineurs à proximité des différentes fosses d’exploitation, à une époque où l’on ne se souciait guère de la connexion au centre-ville. « Ces cités ne sont pas seulement éloignées du centre-ville, elles sont aussi éloignées des autres cités. De surcroît, la Cité Belgique est à cheval sur Loos-en-Gohelle et sur Grenay, une ville située juste à côté », souligne Dominique Da Silva, adjointe au maire en charge du sport, jeunesse et association, qui habite depuis quatre ans à la Cité 5.

Dès la fin de l’exploitation minière en 1986 à Loos-en-Gohelle, la mairie prend la main sur les cités. En partenariat avec des bailleurs sociaux comme SIA Habitat et Pas-de-Calais Habitat, les cités sont devenues principalement des logements sociaux. Cette transformation a connu des lourdes difficultés économiques et sociales dans les cités: un taux de chômage élevé, une population stagnante, des commerces fermés et des maisons abandonnées… Le travail pour la mairie de Loos-en-Gohelle a été bien difficile.

 

cité belgique

Des maisons typique à la Cité Belgique

Crédit photo : Xiaohan Shi

Reconnecter les isolés

Océan Ten est aujourd’hui l’animatrice du Quartier Ouest. Son travail est justement de rendre les cités isolées plus connectées et plus dynamiques. Elle organise par exemple des rencontres tous les deux mois entre les locataires et les bailleurs du Quartier Ouest, comme Pas de Calais Habitat, afin de régler certains problèmes. Le quartier connaît d’importants problèmes de dégradation. « Les travaux de réparation prennent du temps, les interventions tardent souvent « , selon l’adjointe Dominique Da Silva.

Médiation

« Grâce aux réunions, certains problèmes peuvent être réglés plus vite, complète Océane Ten. D’autres interventions prennent quand même du temps mais au moins les habitants peuvent avoir une explication. Cela permet à réduire le mécontentement « , Ces rencontres sont organisées à la Maison de quartier de cité Belgique ou la salle Caulet de Cité 5.

A travers ces cités, la mairie a tenu à favoriser les lieux de rencontres afin de permettre aux habitants de se retrouver. La salle André Dubois est par exemple une salle de sport où beaucoup d’associations se regroupent : tennis de table, twirling, total combat, gym ou encore foot en salle. Il existe également un city-stade où les jeunes des cités peuvent se retrouver pour jouer au basket ou au football. Ou encore le Cybercoin, lieu équipé d’ordinateurs où les habitants peuvent par exemple apprendre à se servir d’internet.

« Avec la réhabilitation du quartier, peut-être aurons-nous plus de commerces « , espère Dominique De Silva.

Crédit photo : Xiaohan Shi

City Stade à la Cité 5                    Crédit photo : Xiaohan Shi

Vers un quartier écologique

Pour transformer et connecter le Quartier Ouest, la mairie envisage de le transformer en un ambitieux quartier écologique.

Dominique Da Silva va d’ailleurs déménager, quitter un plain-pied pour un appartement de 50 m2 qui coûtera 500 euros par mois (charges comprises). Il est situé dans un bâtiment labellisé haute qualité environnemental (HQE) construit par la société Chenelet (qui avait déjà construit une maison de six logements sociaux en 2010 sur la cité).

Logement HQE

Un exemple de logement HQE

Crédit photo : Mairie de Loos-en-Gohelle

Les logements HQE seront équipés de panneaux solaires, de potagers sur les toits et d’un système de récupération d’eau de pluie. En plus, elles seront bien isolées pour garder la chaleur. Résultat : la facture de charges coûtera beaucoup moins chère, ce qui contribue à lutter contre la précarité énergétique (permettant aux locataires à faibles revenus de payer leurs factures de gaz et d’électricité).

La mairie a aussi aménagé « l’Entre Deux », une jolie promenade qui relie la Cité 5 et les  deux autres cités. Selon le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE), L’Entre-Deux compte près de 150 espèces de plantes (dont une orchidée très rare) et 45 espèce d’oiseaux, des mammifères.

Entre Deux

Entre Deux

Crédit photo : Mairie de Loos-en-Gohelle

Aujourd’hui, les trois cités sont beaucoup plus connectées dans une contexte plus écologique. Mais le travail est loin d’être fini.

Pour suivre l’évolution du projet, direction le site de la mairie, rubrique Quartier Ouest.

 

 

 

 

Le CERDD stimule le développement durable régional depuis Loos-en-Gohelle

Le CERDD, pour Centre de ressource du développement durable, est installé depuis maintenant plus de dix ans à Loos-en-Gohelle. Son rôle ? Créer de l’interaction entre élus et professionnels, entre acteurs et décideurs pour inventer de nouveaux modèles de société. Tout un programme !

Ils sont installés dans de discrets locaux sur la base du 11/19. Le Centre Ressource du Développement Durable (CERDD) rayonne aujourd’hui sur toute la région Nord-Pas-de-Calais, agissant comme un catalyseur de projets exemplaires en développement durable. Tout en encourageant d’autres projets du même type à voir le jour. « Nous donnons envie au public novice. Nous apportons notre connaissance aux projets en cours. Nous valorisons des bonnes pratiques déjà établies », énumère Marjorie Duchêne, chargée de communication au CERDD.

En tant que groupement d’intérêt public (GIP), le CERDD est une organisation neutre qui travaille en bonne intelligence avec les instances locales et régionales et avec les pouvoirs économiques, pour permettre au Nord-Pas-de-Calais de passer d’un fonctionnement industriel à une économie plus durable.

Financé par le conseil régional Nord-Pas-de-Calais, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), l’Etat et l’Union Européen, le CERDD dispose d’un budget annuel de 1,33 million d’euros en 2015 pour une équipe de 12 salariés.

De Lille à Loos-en-Gohelle

D’abord basé à Lille, l’organisation a déménagé en 2005 à Loos-en-Gohelle toute en continuant son action. Pourquoi Loos ?  » Il y a une raison symbolique : les organisations régionales ne sont pas forcement toutes basées à Lille. De plus, Loos-en-Gohelle est une ville pionnière en matière de développement durable puisqu’elle a été l’une des premières municipalités à adopter la HQE (Haute Qualité Environnementale)« , poursuit Marjorie Duchêne.

Avec l’aide de la mairie de Loos-en-Gohelle, le CERDD a donc créé un premier tour de développement durable (DD Tour) dans la ville. Illustrant les principaux projets de la ville, il commence à la mairie et se termine à la base 11-19 aux pieds de terrils. Le tour traverse ainsi tous les sites-phares de la ville : l’église couverte de panneaux solaires, les maisons écologiques et la ceinture verte qui entoure la ville. Le tour, gratuit et proposé tout au long de l’année, dure une demi-journée.

Aujourd’hui, le CERDD a développé douze circuits du même genre dans d’autres villes, afin de mettre en lumière les projets exemplaires de la région. Mais cela n’est pas suffisant pour CERDD. En ce moment, Marjorie Duchêne, coordinatrice du DDTour, veut explorer les possibilités d’une visite pouvant durer jusqu’à deux jours à Loos-en-Gohelle.

 

Introduction de DDTour

Crédit vidéo : Cerdd

Décloisonner les acteurs

Pour réaliser ces tours, Marjorie Duchêne a commencé à travailler avec des organisations comme le CD2E, la Chaîne des terrils, Culture commune et l’Office du tourisme de Lens. « J’ai été surprise de voir à quel point nos actions étaient finalement peu connues des autres structures du territoire », souligne la coordinatrice. « Les liens ne se fait pas automatiquement. Seul un processus de co-production permettra de décloisonner les différents acteurs de développement durable », affirme Marjorie Duchêne.

Cet effort de dé-cloisonnage est visible dans un autre projet phare de CERDD : les ambassadeurs de développement durable. Depuis 2010, le centre forme une centaine de volontaires venus des secteurs publics ou privés afin de récolter leurs savoirs en matière de transition vers développement durable.  Les « ambassadeurs » se rassemblent régulièrement pour échanger les informations recueillies sur le terrain et explorer des pistes de coopération.

« La transition vers le développement durable engage toutes les parties d’une communauté », conclut Marjorie Duchêne. Le leitmotiv désormais ? Ne plus travailler chacun de son côté mais plus connectés vers un nouveau modèle économique. « Pour cette raison, le travail de dé-cloisonnage est primordial pour le CERDD « .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie-Françoise Ten : lectrice, d’une passion à un métier

La lecture et elle, c’est une grande histoire d’amour. A tel point qu’elle est devenue lectrice professionnelle. Cette habitante de Loos-en-Gohelle travaille à l’association “Lis avec moi” de La Sauvegarde du Nord. Une histoire qu’elle partage avec plaisir avec adultes comme nourrissons. Rencontre.

Marie -Françoise Ten, lectrice et formatrice des parents. Crédit Photo: Ange Kasongo

Marie-Françoise Ten, lectrice et formatrice des parents. Crédit Photo: Ange Kasongo

“On ne peut pas séparer l’image et les écrits, ils sont complémentaires.” D‘entrée de jeux, Marie-Françoise Ten annonce la couleur. “Ce qui est exceptionnel entre les albums photos et la lecture, c’est que l’image ajoute un plus : elle insiste sur ce que l’écrit ne laisse pas facilement transparaître.”

Plaisir de partager

Marie-Françoise a 52 ans. Elle baigne dans les mots depuis toute petite. L’influence de son grand père, qui s’amusait à inventer des histoires avec elle, a été prépondérante. Très tôt, Marie-Françoise ressent un esprit d’une grande curiosité et l’envie d’aller dans le « détail des choses », de vouloir comprendre « les images au delà des textes qui les accompagnent ». Elle garde aussi le souvenir de sa grand-mère, qui lit des romans d’amour… auxquels la petite ne comprend évidemment rien. Les grands-parents initient en tout cas parfaitement la jeune fille curieuse qu’est Marie-Françoise au plaisir de la lecture.

Plus tard, Marie-Françoise fait la même chose avec ses filles, à commencer par son aînée. A trois ans à peine, cette dernière raconte la fin des histoires à l’école… sans attendre que la maîtresse les termine. Car ce sont des histoires que la petite fille a déjà entendu à la maison ! Invitée à l’école, Marie-Françoise en tant que jeune maman, accepte de lire bénévolement des histoires aux écoliers mais aussi aux enfants des quartiers. Nous sommes en 1988.  

D’une passion à un métier

Aujourd’hui, Marie-Françoise sillonne la région Pas-de-Calais pour des lectures aux petits comme aux grands. “La lecture est un plaisir, le plaisir de partager quelques chose avec l’autre”, résume-t-elle. Il lui aura fallu attendre dix ans pour que sa passion devienne sa profession. En 1997, elle devient salariée. D’abord à travers un projet culturel de la mairie de Loos-en-Gohelle. Ensuite, avec l’association “Lis avec moi” pour laquelle elle travaille aujourd’hui. Dans ce cadre, Marie-Françoise a collaboré à l’écriture du Kit du praticien de l’association nationale Quand les livres relient, qui travaille autour de la lecture à haute voix. Le thème de la littérature de jeunesse est en effet un axe de prévention de l’illettrisme.

 

Marie - Fraçoise Ten entrain de faire une lecture, Crédit Photo: Ange Kasongo

Marie – Fraçoise Ten entrain de faire une lecture. Crédit Photo: Ange Kasongo

Lire aux bébés 

“Il faut lire des histoires dès la naissance”, aborde-t-elle avec un ton direct mais modéré, tel un médecin qui transcrit une ordonnance.  Assise sur son canapé noir, près des cinq livres qui accompagnent sa vie quotidienne, elle poursuit: “Le plus important dans la lecture c’est de transmettre, passer un relais : il faut le faire dès la naissance”.

D’un air très rassuré et expérimenté, avec des gestes dont elle seule a le secret, Marie Françoise avoue que travailler avec les parents des nourrissons est nécessaire en amont. « Le langage du récit provoque des émotions chez le nourrisson, affirme clairement Marie-Françoise. Je me rappelle d’une petite fille, à qui je lisais “Mandarine, la petite souris” en chantonnant : elle se mettait à hurler et à s’agiter. Lorsque je lisais “Brave coccinelle”, elle se calmait et souriait. Je crois qu’elle me disait qu’elle préférait la deuxième histoire. Un bébé peut ressentir des choses et les exprimer à travers des gestes”.

Marie-Françoise observe une minute de silence puis se met à lire “Pomme – Pomme-Pomme” de Corinne Dreyfuss. La lecture dure un peu plus d’une minute

 

 

“Sur ce semblant de livre qui paraît tout simple, le sujet est complexe car il parle du cycle de la vie”, commente t-elle ensuite. “Dans les bons livres pour enfants, il y a toujours une complexité que les adultes ne voient pas forcément, les images captivent beaucoup les enfants”, ajoute-t-elle.

Selon Marie-Françoise, lire aux plus petits leur permet de voyager, de s’imaginer un univers et d’inventer à leur tour des histoires. Un enfant que l’on a habitué très tôt à lire des histoires aura une grande capacité d’écoute.

Selon une étude du Centre national du livre menée en juin 2016 auprès de 1500 jeunes de 7 à 19 ans, les jeunes lisent au moins six livres (dont deux pour l’école) par trimestre.

Coups de coeur  

Mais ce n’est pas tout. Marie-Françoise lit également dans les centres pénitentiaires. Une expérience que la cinquantenaire aux yeux bleu turquoise livre sans aucune appréhension. “ Je passe beaucoup de temps à analyser quels ouvrages j’aimerais partager avec les gens. Je ne parviendrai de toute façon pas à transmettre ce qui ne me plaît pas. Je choisis mes livres selon les attentes des prisonniers aussi. Après chaque lecture, un moment d’échange permet de découvrir l’autre.

Entre le centre pénitentiaire de Longuenesse, la maison d’arrêt d’Arras et celle de Douai, Marie-Françoise garde des souvenirs toujours singuliers. “ Par exemple, je me souviens avoir lu l’album “Partir au delà des frontières” : je pouvais lire beaucoup d’émotions dans le regard des prisonniers. Parfois, les gens s’identifient aux histoires qu’ils écoutent. La personne qui lit le ressent énormément.”

Lecture sur la pelouse
Marie-François officie aussi à l’air libre, lors des opérations de lecture sur les pelouses des jardins publics. A la fin des séances, aux adultes comme aux enfants présents, Marie-Françoise offre « un bain de livres » en étalant les ouvrages sur la pelouse. Pour elle, cela amène les livres vers les gens et inversement. Et de conclure : Il faut que les livres sortent des bibliothèques”.

 

Ange Kasongo 

José Herbert, un écrivain de Loos-en-Gohelle qui oeuvre dans le loufoque

José Herbert est tombé dans l’écriture après sa retraite. Cet habitant de Loos-en-Gohelle, passionné de littérature (il aime surtout jouer avec les mots anglo-saxon et explorer de nouvelles formes d’écritures) se consacre désormais exclusivement à l’écriture de plusieurs romans.

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Comédie, témoignages, humour : l’écrivain José Herbert sait jouer sur plusieurs registres. Né à Aniche en 1944, il a mené une carrière d’instituteur à Wambaix avant de devenir directeur d’école (qui n’avait que deux classes) tout en assurant des fonctions de secrétaire de mairie dans le petit village du Cambrésis de Wambaix.

Quand avez-vous commencé à écrire ?

Depuis ma retraite en 2003, je ne me consacre plus qu’à l’écriture de romans. J’avais en tête des tas d’anecdotes relatives à ma profession, et je ne voulais pas les oublier. Je les ai donc écrites, sans savoir que je trouverai facilement un éditeur séduit par mes écrits. Ce fut le début d’une belle aventure en écriture. Écrire c’est pour moi un loisir, un besoin, une véritable jouissance, donc un grand plaisir. J’ai besoin d’écrire comme j’ai besoin de respirer. J’adore manipuler la langue française, travailler un texte, utiliser des mots anciens. Le côté « financier » est second.

Qu’est-ce qui vous inspire le plus ?

D’abord mon métier pour le premier roman, un métier que j’ai fait avec passion. Ensuite la maladie de ma petite fille Lola, pour « La messe bleue ». Pour trois autres roman, ce fut ma vision un peu particulière des rapports humains, disons « loufoques » à mes yeux, ainsi que l’inspiration qui me hante, en provenance de la Mort (La Grande Faucheuse) et de la religion. Deux thèmes sont récurrents en fait dans mes romans, La Mort et La Religion.


herbert1                                                                        crédit : droit réservé

 

 

Vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans écrire ?

Tout dépend de l’importance du « longtemps ». Certaines périodes sont très fécondes, avec un besoin maladif d’écrire, d’autres sont plus calmes. Je n’écris pas de manière régulière. C’est variable, suivant l’inspiration et les possibilités que me laissent les autres activités. J’utilise toujours l’ordinateur et le traitement de texte, contrairement à certains auteurs qui écrivent directement sur papier, comme au temps passé. A part ça, j’exige du calme autour de moi, pas de télé ou de bruits divers.

Dans votre 3éme roman où vous parliez de « la messe bleue », avez-vous voulu passer un message ?

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Pas vraiment. Mon but était d’abord de satisfaire mon besoin d’écriture, en écrivant presque au jour le jour les péripéties d’un tremblement de terre qu’est l’arrivée d’un enfant très malade (maladie orpheline) au sein d’une famille. Ensuite, j’ai voulu créer une communauté autour de cette maladie, méconnue, même des médecins.

Que représente l’écriture pour vous ?

Un moyen d’expression, au même titre que la parole. Mais je préfère l’écriture, qui permet de « tout dire », sans retenue. Maîtriser la parole est difficile. L’écriture m’est plus facile pour dire ce que j’ai à dire. Et puis la parole ! Qui vous écoute ?

Quels sont vos projets?

Une sortie en septembre. Une sortie en 2017. Un ouvrage de témoignage (Maya, l’épouse de Pierre Damageux). Et j’écris en ce moment une nouvelle (une grosse nouvelle d’une centaine de pages). Tant que l’inspiration sera là, j’écrirai.

Roukia Ismaël Ibrahim

A paraître

La vie de Maya, béninoise mariée avec un français et installée à Loos en Gohelle. Témoignage. Travail bénévole au profit de l’association Kabé-Bénin dont Maya est la présidente, et qui accomplit des actions au Nord Bénin. Sortie prévue pour 2017.

Drames en Loufoquie. Roman. Sortie prévue 2017. Personnages et situation loufoques qui vivent des aventures, notamment sur le chemin fléché d’un magasin IKEA, ainsi que dans une maison penchée.

L’Association, Rires et tapage chez les Hirschsprung est une association légalement déclarée, dont le but est multiple. Venir en aide aux familles confrontées à la maladie de Hirschsprung (tout ou partie de l’intestin invalide), ensuite, aider la recherche dans le domaine de cette maladie.

Déjà parus

L’instituteur impertinent. Témoignage. 80 chapitres relatant des anecdotes familiales ou professionnelles. Plutôt humoristique.

Signé la grande faucheuse. Roman. Le squelette de la mort est personnifié. C’est « Samantha », qui vit comme tout le monde, tout en effectuant son métier, faucheuse de vies.

La messe bleue. Témoignage. Première année de vie de Lola, dont je suis le papy. Lola est atteinte à la naissance d’une maladie grave qui la prive d’intestin.

Les chiens de Pavlov. Roman. Farce loufoque. Personnages dingues qui vivent dans une société où les gens sont conditionnés, par les médias, la télé, la publicité, les discours, etc. En somme, c’est notre société. Présence de Samantha, la grande faucheuse.

Le dernier jour. Roman à suspens. Martin est écrivain. Il apprend sur un site internet la date de sa mort. Il lui reste 120 jours à vivre. Que va-t-il se passer durant ces 120 jours. Il doit en principe mourir le prochain 21 janvier à 10h22, date qui fut également celle de la décapitation de Louis XVI. Martin va organiser son dernier jour. Mais ce jour-là, il va se passer un événement qui va tout changer.

Rires et tapage chez les Hirschsprung. Recueil de 35 témoignages, que j’ai assemblés et corrigés, à propos de la maladie de Hirschsprung, qui atteint également ma petite fille Lola. Travail bénévole. Droits d’auteur reversés à l’association du même nom.

Le grand pied de Berthe. Fresque historico-loufoque inspirée du personnage emblématique de Berthe au grand pied, mère de Charlemagne et épouse de Pépin Le Bref. Berthe naît avec un grand pied, et l’autre tout à fait normal. Aventures rocambolesques ensuite. Sortie du roman début septembre.

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