Zoom sur la faune et la flore exceptionnelle des terrils de Loos-en-Gohelle

Saviez-vous que les terrils possèdent une flore et une faune exceptionnelle ? Hier chargés du poids de l’image négative de la région, ces montagnes de cailloux abritent aujourd’hui une biodiversité fascinante à observer. Top 6 des incontournables des terrils.

Plantes

Le figuier

Un jour, un specimen a germé à l’improviste sur un flanc du terril: normalement dans la région il ne pousse même pas dans les jardins ! Même si les figuiers de terrils ne donnent jamais réellement de fruits à cause du manque de soleil, ils figurent en bonne place dans le top des espèces originales.

Une légende raconte que le pépin originel est venu directement du Maroc, dans les bagages d’un mineur de la fosse 11/19. En effet à l’époque, lors de leur pause-déjeuner, les mineurs jetaient leurs déchets de nourriture dans des wagonnets, qui étaient déversés… directement au sommet des terrils !

Le pavot cornu

Cette espèce rustique et vigoureuse, qui pousse normalement dans les dunes et dans les terres incultes, fait partie des plantes pionnières, c’est-à-dire les premières ont réussi à s’implanter spontanément sur le sol nu. On le reconnaît grâce à son feuillage vert-bleu ondulé et à ses fleurs de coquelicot d’un jaune orangé. Son système de racines très longues et pivotantes lui permet de garder une certaine tenue dans les sols drainés, s’accrochant même aux pierres encore mobiles.

Un exemplaire de pavot cornu fleuri sur le terril © Arianna Poletti

Le seneçon du cap

Cette espèce herbacée très envahissante, aux fleurs d’un jaune vif, fait partie des plantes qui sont arrivées sur le terril grâce aux hommes. Originaire d’Afrique du Sud, elle arrive en Europe lors des guerres 14-18 et 39-45. Elle produit des grains à forte capacité de dissémination, qui volent au vent et s’accrochent facilement aux habits. La tradition veut qu’elle soit arrivée en France par intermédiaire des toisons de moutons importées de la ville de Mazamet, dans le Sud, par les usines de Calais. Elle s’est vite répandue dans le bassin minier où on la retrouve souvent au bord des routes ou des voies ferrées.

Le rosier sauvage

Autrement appelé Rosa Canina, c’est un arbuste épineux à fleurs rosées qu’on trouve surtout en plaine et qui sert de base pour les greffes des arbres. Ses fruits, les cynorhodons, sont très riches en vitamine C et sont utilisés pour réaliser des gelées, des sirops et des confitures. Ils sont appelés familièrement ‘gratte-culs’ : un terme qui évoque l’effet irritant des poils qui se trouvent à son intérieur au contact de la peau. Les enfants du territoire s’amusent souvent à les enfiler dans le derrière des chemises de leurs camarades.

Animaux

Le Crapaud calamite

Cet habitant de taille petite du terril aime l’altitude et se refuge habituellement dans les zones les plus tranquilles et humides pour pondre ses œufs, comme des flaques d’eau par exemple. Il se cache souvent sous les pierres et sous les morceaux de ferrailles et de bois qui forment l’ancien tapis minier. Il se distingue par une ligne jaune ornant son dos verdâtre. Au début de la saison des amours, en mai, les mâles chantent au cours de la nuit. Ce chant en cœur est très puissant  : il peut être entendu jusqu’à deux kilomètres de distance !

Le lézard des murailles

On trouve tout un cortège de ces lézards protégés au niveau des terrils. De couleur marron-gris, avec une longue queue, ils apprécient les expositions ensoleillées et ils pondent leurs œufs sous les pierres. Mais le mode de ponte dépend du milieu : dans le sud de la France, ils sont vivipares : les petits naissent sans enveloppe ni coquille.

Le merle à plastron

Cet oiseau migrateur au plumage brun part chaque année des pays du Nord pour descendre jusqu’en Afrique. C’est en remontant qu’il s’arrête sur les terrils au printemps pour se reproduire. Pour mieux observer l’évolution et les déplacements de ces oiseaux migratoires, des opérations de baguage sont organisées durant trois semaines.

Un champ de fleurs aux pieds du terril © Arianna Poletti

Le saviez-vous ?

Dans les années 80, la majorité des Loossois n’avait jamais mis les pieds sur les terrils. Ces collines de roches et de ‘gaillettes’ noires, déchets de l’extraction minière, étaient considérées comme de gigantesques poubelles. Dans ce territoire post-industriel, la nature a repris ses droits : elle représente même un patrimoine varié très intéressant à étudier et à préserver.

Au début de la reconquête verte, les plantes les moins exigeantes et les plus capables de s’adapter aux conditions particulières ont ouvert le bal. Ce sont elles qui ont ensuite permis l’installation d’autres nombreuses espèces.  Le microclimat des terrils contraste avec le territoire alentour. Les pentes sont plus sensibles à l’érosion. Les températures sont plus élevées (de 5 degrés en moyenne) à cause de la couverture noire qui absorbe mieux les rayons du soleil.  La composition du sol est plus acide et dépourvue de substances chimiques. Le milieu est globalement plus sec et aride, puisque les tas de cailloux présents ne tiennent pas l’eau.

 

Merci à Francis Maréchal, président du CPIE Chaine des Terrils, passionné de nature et ornithologie et organisateur de balades guidées, qui a permis la réalisation de cet article.

 

Loos-en-Gohelle : Une jeune génération perdue dans la transition ?

Dans cette ville en transition de Loos-en-Gohelle, la jeune génération se bat pour réparer les blessures d’hier. Enquête sur l’état de la jeunesse loossoise.

Il a longtemps hésité avant de glisser ces mots. Mais finit par lâcher « J’ai voté FN » avec un peu de réticence. Au cours de cet après-midi ensoleillé, ce jeune garçon de 22 ans s’entraîne dans le skatepark de Loos-en-Gohelle. Il habite dans le quartier ouest, où se regroupent trois cités d’anciens logements miniers, éloignés du centre-ville.

Quand on parle de l’univers médiatique, il ne cache pas son désaveu à l’égard des médias français : « Souvent les journalistes cherchent du scoop et disent les bêtises, tandis que nous avons seulement besoin des faits essentiels. » Lorsqu’on lui demande d’expliquer les raisons qui l’ont poussé à voter FN, il reste souriant, hésite à répondre et finit par refuser de parler plus de politique. Il souhaite d’ailleurs rester anonyme.

« Parce que Mélenchon représente les ouvriers, tandis que Macron est pour les riches ! »

La nuit tombe à Loos-en-Gohelle, un bourg entre ville et village. Lors des dernières élections législatives, le Front National a dépassé les 50% de vote. La moitié des habitants ont donc voté pour l’extrême-droite mais personne n’en parle. Dans un bar du centre-ville, on rencontre quelques jeunes qui prennent un verre. « Moi, je ne me suis pas encore inscrit auprès de la mairie pour voter, mais sinon je voterais pour Mélenchon », affirme Corentin, 19 ans, sans la moindre hésitation. Il poursuit son explication : « Parce que Mélenchon représente les ouvriers, tandis que Macron est pour les riches ! » De son côté, Dominique Da Silva, adjointe au maire de jeunesse et sports constate que « c’est la tendance actuelle : la plupart des jeunes ont voté soit pour Mélenchon soit pour Marine Le Pen. »

« Le problème c’est que les jeunes sont habitués à recevoir les aides de l’Etat au lieu de se débrouiller. Ils peuvent dépenser 15 euros pour acheter un maillot de football à l’effigie de Neymar… et ils se plaignent de la baisse d’APL de 5 euros par mois ! »

« Monde du chômage »

Située dans le département du Pas-de-Calais, en région des Hauts-de-France, Loos-en-Gohelle se trouve au cœur de la région minière. Après la cessation des activités minières, ce territoire se bat pour une transition vers l’avenir. Les blessures économiques de la ville ont forcément marqué les jeunes habitants. Environ 1900 Loossois sont âgés de 3 à 25 ans, sur les 6700 habitants au total selon le recensement officiel de l’INSEE de 2012.

Dominique Da Silva fait le point : « Dans les années 50 jusqu’à 60, c’était très facile de trouver un emploi. Après, les générations suivantes ont subi un peu le chômage. Aujourd’hui, c’est le monde du chômage ! » Le taux de personnes sans emploi de Loos-en-Gohelle atteint 17,7% de la population, alors que le chiffre à l’échelle nationale n’est que de 9,6 %, toujours selon l’INSEE.

Selon l’élue Dominique Da Silva, le chômage constitue le plus grand problème qui précarise la jeunesse loossoise. « Le problème c’est que les jeunes sont habitués à recevoir les aides de l’Etat au lieu de se débrouiller. Ils peuvent dépenser 15 euros pour acheter un maillot de football à l’effigie de Neymar… et ils se plaignent de la baisse d’APL de 5 euros par mois ! » En affirmant une ascension de FN parmi les jeunes, Julien Perdrigeat, directeur de cabinet du maire, affirmait lui aussi que « le plus grand problème pour les jeunes est aujourd’hui de trouver une place dans la société. »

« Allez de l’avant ! C’est à vous de vous débrouiller ! Montrez-nous ce que vous voulez ! Voilà ce que je veux dire aux jeunes »

Dominique Da Silva, adjointe au maire de jeunesse et sports, est dans son bureau. © Yan Chen

« Allez de l’avant ! »

« Allez de l’avant ! C’est à vous de vous débrouiller ! Montrez-nous ce que vous voulez ! Voilà ce que je veux dire aux jeunes », s’émeut Dominique Da Silva. Elle qui a consacré sa vie aux enfants en difficulté et s’investit maintenant en faveur de la « résilience » des jeunes de Loos-en-Gohelle.

Selon les statistiques de la mairie, la municipalité a subventionné plus de 80 associations pour les jeunes dont 23 sur le sport. Ces dernières ont intégré 691 jeunes au total dont 506 de moins de 18 ans et 185 de moins de 25. « Notre objectif est de les aider à sortir de leur mal-être et à s’ouvrir vers le monde », poursuit Dominique Da Silva. « Ces associations peuvent favoriser l’intégration des jeunes dans la société. Par exemple, dans certaines familles où les parents sont toujours au chômage, les jeunes grandissent dans une mauvaise ambiance familiale où le travail n’est pas montré en exemple. Cela pourrait devenir un cercle vicieux. Dans les associations, les jeunes peuvent mieux connaître leur environnement et trouver d’autres exemples. C’est ensemble que l’on peut retrouver un équilibre de vie. »

Résilience mouvementée

Avec son statut de ville en transition, Loos-en-Gohelle a très peu d’emplois à proposer aux jeunes. Même si beaucoup d’initiatives ont été lancées dans le but de la création d’emplois comme la pépinière d’éco-entreprises du CD2E ou la nouvelle zone industrielle Quadraparc. Dominique Da Silva admet que la plupart des jeunes partis faire des grandes écoles ne reviennent plus à Loos-en-Gohelle : ils ont du mal à percer ici. En outre, selon le document de la mairie, « une politique de co-construction de la ville n’a pas encore été totalement comprise ou adoptée par toute la population, notamment les jeunes de moins de 25 ans ». La municipalité en conclut dans son diagnostic jeunesse que « des services à l’enfance et à la jeunesse doivent se renforcer au regard des données démographiques ». Rémi, Loossois de 19 ans, confie : « Oui, l’écologie est importante. On ne dit pas que la politique écologique n’est pas correcte mais il faut faire plus pour nous les jeunes. Par exemple, nous n’avons pas beaucoup de moyens de loisirs ou d’occasions pour se rencontrer à Loos-en-Gohelle même. »

Yan CHEN

Les “pyramides noires”, site touristique incontournable de Loos-en-Gohelle

À 186 mètres d’altitude, les terrils 11/19 de Loos-en-Gohelle se présentent véritablement comme les “pyramides noires” de Loos-en-Gohelle. Ce symbole paysager du bassin minier attire chaque année des milliers de touristes de partout en France et du monde entier.

Les terrils jumeaux du 11/19 constituent l’un des quatre grands sites du patrimoine minier conservés dans le Nord-Pas de Calais. Ces deux chiffres 11 et 19 font référence aux numéros des anciens puits de mine, 11 pour le chevalement métallique des années 1920 et 19 pour la tour de concentration en béton de 1960.

Site incontournable de Loos-en-Gohelle

Un capture d’écran de Tripadvisor.

Fondés avec les déchets de l’extraction, les terrils offrent une faune et une flore diversifiées favorisées par la chaleur dégagée des terrils. Oui, ces milliers de tonnes de charbon dégagent de la chaleur ! Aujourd’hui, grâce aux aménagements, ils sont devenus une destination incontournable pour les touristes, tant pour sa riche histoire, que pour ses zones idéales d’une randonnée et des activités sportives.

Classé au 35ème rang sur 308 choses à voir/à faire à Pas-de-Calais sur TripAdvisor, grand site de voyage, les Terrils Jumeaux du 11/19 attirent des milliers de curieux chaque année.

En publiant les photos des terrils sur TripAdvisor, belleretraite de Montréal, Canada a exprimé sa surprise.

Tiphaine Carrez , venue de Fruges dans le Pas-de-Calais, a déjà visité le Centre historique minier de Lewarde. Cette fois-ci, elle amènent ces six enfants à Loos-en-Gohelle. « Nous allons grimper les terrils en apprenant un peu d’histoire aux enfants », explique-t-elle.

Tandis que Kader Mis, entraîneur d’athlétisme, vient ici uniquement pour le sport : « Je viens de Lille. Mon père était un ancien mineur du bassin minier. Je viens sur les terrils cinq à six fois chaque année pour la course et le marathon. J’y emmène même mes athlètes quelques fois par an ! »

Sur Twitter, les touristes partagent leurs photos prises pendant le voyage sur les terrils:

Informations pratiques

  • Visite libre du site du 11/19 (avec parcours signalétique d’interprétation) et des terrils, tous les jours. Pour monter au sommet depuis le carreau de fosse et redescendre : compter 1h.
  • Visite guidée du site et des terrils avec le CPIE La Chaîne des Terrils : 03 21 28 17  28

Loos-en-Gohelle patrimoine de l’Unesco : quelles avantages et quelles contraintes cinq ans après ?

2012 : le Bassin Minier Nord-Pas de Calais est enfin inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Cinq ans après ce classement, quel bilan peut-on en dresser ? Francis Maréchal, adjoint au maire, sous-pèse le pour et le contre. 

 

Le bassin minier patrimoine de l’Unesco : pourquoi ?

« L’origine du dossier Unesco? C’est Jean-François ! », sourit Francis. L’adjoint au maire l’appelle par son prénom. Jean-François Caron est le maire écologique de la ville de Loos-en-Gohelle depuis 2001. Tout a commencé il y a trente ans, lorsque le premier élu, Francis et d’autres Loossois ont fondé La Chaîne des Terrils. Une association avec un but précis : revaloriser une zone en déclin. 

« On voulait changer l’image du bassin minier en partant du contexte. Les terrils étaient tous noirs au départ, ils n’étaient que des cailloux. Mais on constatait que la nature poursuivait son cours, elle les reverdissait. On considérait que c’était un signe marquant de l’évolution du paysage ».

Comme le dit la devise de Loos-en-Gohelle, « Du noir à vert« . Du charbon au développement durable. Mais pas seulement. « A l’époque, le chômage montait et ça créait un esprit défaitiste, une perte de confiance en soi. On a donc pensé à faire quelque chose en commençant par un travail sur l’image. La population devait reprendre possession de cet espace-là, il nous appartenait, et il nous appartient ».

« Le projet de la Chaîne des Terrils avait beaucoup avancé en matière de visites organisées sur les terrils », continue Francis. C’est alors que le groupe a décidé de candidater au classement du patrimoine mondial de l’Unesco.

Une fierté pour Loos-en-Gohelle, mais une réussite qui ne se limite pas à la ville : « 120 kilomètres de long, 87 communes, 17 fosses, 21 chevalements, 51 terrils, 3 gares, 124 cités, 38 écoles, 26 édifices religieux, des salles des fêtes ou encore 4 000 hectares de paysage vont porter les couleurs d’un héritage patrimonial de trois siècles d’exploitation du charbon », décrivait Le Monde il y a cinq ans, juste après le résultat. Un patrimoine matériel et immatériel lié à l’héritage d’une société qui s’est développée autour du monde noir de la mine.

Les sentiers montant des pieds des terrils amènent les visiteurs jusqu’au sommet – © Stefano Lorusso

Quelles contraintes ? 

Quel bilan peut-on dresser cinq ans après l’inscription du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais au patrimoine mondial de l’humanité?

« La difficulté, c’est de peser les avantages. Les contraintes ? C’est facile », reconnaît l’adjoint au maire. « Il y a une zone juste à coté des terrils, y compris les terrils mêmes, qui est maintenant protégée. On aura pas le droit de bâtir. Il y a beaucoup de bâtiments pour lesquels de nombreuses autorisations sont nécessaires pour n’importe quelle intervention. Il y a un certain nombre d’endroits, par exemple les cités minières, où nous ne pouvons pas faire ce que nous voulons ».

Il y a bien des choses à faire. En ce qui concerne les normes thermiques d’isolation des bâtiments, les anciennes maisons des cités minières, construites en briques il y a longtemps, ne sont pas conformes.

« Il faut les rénover. Mais le problème c’est qu’on ne peut pas les rénover n’importe comment parce qu’il ne faut pas qu’on gâche le côté architectural. Il y a des secteurs où il est extrêmement simple, mais il y en a d’autres où l’architecture des maisons est très complexe. On sera obligé de la garder ».

« Par l’intermédiaire de l’Etat, on peut effectivement demander des financements plus facilement. Mais c’est l’Etat, pas l’Unesco ».

Rénover, donc, est forcément synonyme de dépenses. Mais est-ce que l’Unesco aide financièrement la zone du bassin minier ? « On ne reçoit pas directement de l’argent par l’Unesco. Mais par l’intermédiaire de l’Etat, on peut effectivement demander des financements plus facilement. Mais c’est l’Etat, pas l’Unesco. C’est une protection symbolique. L’inscription du bassin minier implique que les mairies et les communautés locales doivent s’engager à protéger le patrimoine ».

Cité n° 12, Lens et Loos-en-Gohelle, inscrite sur la liste du patrimoine mondial par l’Unesco le 30 juin 2012 . © Jérémy-Günther-Heinz Jähnick sur Wikicommon

Quels avantages ?

A quoi sert, finalement, l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco? Heureusement Loos-en-Gohelle en retire de nombreux avantages. Tout d’abord, le tourisme, une source de revenus. Même si « peut-être pas comme on aurait voulu », avoue Francis.

Il continue : « Je pense que la chose la plus importante, c’est de montrer aux gens le patrimoine qui a été créé par la société, donc par nos parents et nos grands-parents ». Les gens y ont participé : cet héritage, qu’il soit matériel ou immatériel, est effectivement l’histoire de la ville. « C’est notre patrimoine, c’est un beau patrimoine. Il mérite d’être connu. Quand des gens d’ici ont vu arriver des touristes, ils se sont dit que finalement ils vivent dans un pays où il y a des choses intéressantes. Avant c’était la déprime sociale. Une fois le charbon terminé, les gens ont eu l’impression d’être jetés ».

Ça en vaut la peine? Francis Maréchal n’hésite pas un seul moment : « Oui. Au delà de l’argent, socialement et moralement ». Selon lui « les terrils – symboles d’une ville, d’une société, d’un moment historique – sont nos pyramides. Ils ont été construits par les mains de nos parents et grand-parents. Nos terrils peuvent avoir la même valeur que les pyramides d’Egypte ».

Loos-en-Gohelle: la ville qui est passée de l’économie noire à l’économie verte

« L’histoire des mineurs vaut celle des rois », dit Jean-François Caron, maire écologiste de Loos-en-Gohelle, quand en 2012, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Pour Loos-en-Gohelle, ce n’est pas qu’une nomination symbolique. En vingt ans, ce territoire a su se révolutionner et passer de l’économie de charbon, à l’économie verte. Reportage.

A Loos-en-Gohelle, prononcer le mot « mine » fait penser aux terrils – ces collines constituées des sous-produits non exploités de la production minière. A Loos-en-Gohelle il y en a deux. Ces jumeaux, les plus hauts d’Europe, culminent à plus que cent-quatre-vingt mètres. C’est ici, à leurs pieds, qu’il faut aller pour comprendre la transition énergétique.

Dans ce paysage, ils sont les seules repères. Ces géants noirs et verts surplombent le paysage du « plat pays ». Ils le façonnent. Toute l’histoire contemporaine de ce territoire est ici : la culture du travail, la fatigue et la mémoire des ouvriers, les richesses produites pour faire repartir l’économie de la France d’ après-guerre, les grèves ouvrières. Empâtées aux résidus de pierre et de schiste, il y a le sang et la sueur des mineurs. Ils sont le symbole de tout ce qui fut.

Beaucoup auraient voulu les raser pour enterrer le passé. Mais Jean-François Caron, maire écologiste de Loos-en-Gohelle depuis 2001 a combattu aux côtés de son père Marcel, maire socialiste de Loos-en-Gohelle de 1977 à 2001, pour les préserver. Grâce à leur ténacité, depuis 2002 le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. « L’histoire des mineurs vaut celle des rois », compare Jean-François Caron lors de son discours après l’inscription.

 

Un de deux terrils de Loos-en-Gohelle. Dans ce territoire plat, ils sont les seules repères - © Stefano Lorusso

Les sentiers montant des pieds des terrils amènent les visiteurs jusqu’au sommet – © Stefano Lorusso

Les bâtiments miniers aux pieds des terrils de Loos-en-Gohelle – © Stefano Lorusso

« La vie à l’époque de la mine était dangereuse, on travaillait beaucoup. Mais on l’aimait tous. »

« La vie à l’époque de la mine était dangereuse, on travaillait beaucoup. Une fois mon service à la mine terminé, je suis allé travailler dans un garage pour gagner plus. Mais finalement, on regrettait la mine et l’ambiance des fosses : c’était la convivialité et l’entraide, tout le monde se disait bonjour, tout le monde se connaissait » évoque Gilbert Lété, soixante-quinze ans, mineur de fond aujourd’hui à la retraite. Sa boucle d’oreille de diamant blanc brille sous les rayons du soleil.

« Beaucoup de personnes auraient voulu tout raser. Après la fermeture du puits de mine, ça a été la crise. »

Clément Ere, mineur durant sa jeunesse avant de s’enrôler pour la guerre d’Algérie, détaille plus en profondeur les cicatrices du territoire : « Beaucoup de personnes auraient voulu tout raser. Après la fermeture, ça a été la crise. On ne savait plus où on allait, on regardait le passé avec un mélange de honte et de nostalgie. Mais il ne faut pas avoir honte, c’est notre passé, notre identité ! Aujourd’hui quelque chose bouge, le maire porte un grand projet de transition écologique. Le charbon, ça n’était plus possible. »

Clément ERE revient sur son passé de mineur à Loos-en-Gohelle - © Stefano Lorusso

Sortir de l’engrenage infernal

Avec la progressive fermeture des mines, le territoire du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais plonge dans un fort immobilisme économique. C’est un choc dur et sanglant pour la population. La mine et les patrons, dont toute l’organisation des villes de cette région dépendait, avaient injecté un profond esprit paternaliste et hiérarchique dans les rapports sociaux, les rythmes de vie, l’urbanisme et l’économie. Une fois partis, les patrons ont tout laissé en l’état : un territoire saigné à blanc et destructuré.

Comment sortir de cet engrenage infernal de crise sociale ? Loos-en-Gohelle, dont le paysage et l’humanité portent encore les blessures liées aux mines, a été complètement retournée dans les vingt derniers années. Prenant son histoire à contre-courant, la ville a mis en œuvre la révolution verte. Le deus-ex-machina de cette transition énergétique est Jean-François Caron, maire écologiste de Loos-en-Gohelle depuis 2001. Dans une ville qui n’avait plus d’espoir, cet homme maigre au visage calme et au discours pédagogique a apporté une vision, un rêve. Il a su s’entourer d’une équipe forte et efficace qui partage son projet de transition énergétique.

Résilience et durabilité

Julian Perdrigeat a 31 ans. Diplômé en science politique, il est directeur de cabinet du maire de Loos-en-Gohelle. Avant de s’engager pour la transition écologique à Loos-en-Gohelle, il a traversé l’Afrique à vélo pour étudier le thème de la résilience. C’est ça, le mot clés de Loos-en-Gohelle, sa capacité de résistance aux chocs. A son retour en France, par un hasard de la vie, il rencontre Jean-François Caron et commence à travailler pour son cabinet. « On a été au cœur de la première révolution industrielle, on a loupé la deuxième, mais on a anticipé la troisième » affirme-t-il avec détermination.

Julien Perdrigeat, directeur de cabinet du maire de Loos-en-Gohelle devant la mairie – © Lost en Gohelle

« On suit le principe de l’économie circulaire en allongeant le cycle de vie de certaines matières et produits. »

« Il faut préserver la planète. On suit le principe de l’économie circulaire en allongeant le cycle de vie de certaines matières et produits. On réduit la consommation. On produit de l’énergie grâce à des nouvelles technologies : les panneaux photovoltaïques, un système de récupération des eaux de pluie, des nouveaux matériaux pour les éco-constructions, un projet d’une usine de méthanisation » continue-t-il.

« Concrètement, il s’agit de passer d’une société paternaliste à la démocratie participative et horizontale. On fait un grand travail culturel ici pour faire comprendre aux habitants et aux communes intéressées par notre philosophie que les énergies renouvelables sont l’avenir. Il faut systématiser la logique écologique. »

Pendant son précédent mandat, le maire a organisé plus de deux-cent réunions publiques, il se base sur un large consensus électorale : 83% des voix lors des élections municipales de 2014.

Vers une 3e révolution industrielle

Loos-en-Gohelle a été nommée ville pilote du développement durable en France. On y expérimente le potentiel de l’économie verte. « D’ici en 2050, on a l’objectif de produire plus d’énergie que ce qu’on consomme », le directeur du service technique de la mairie, Didier Caron (qui n’a aucun lien de parenté avec le maire NDLR). A 53 ans, il a les mains sur tous les dossiers communaux. Ayant travaillé en tant que jardinier, il y a appris l’amour et le respect pour la terre.

Sur les toits de l’Eglise de Saint-Vaast, la Mairie a installé 200 m2 de panneaux photovoltaïques qui rapportent 5000 euros chaque année (32 000 kilowatts/heure). « Imaginez-vous qu’on développe ça à l’échelle du bassin minier », la voix de Didier Caron monte, dans ses yeux on aperçoit la vision de l’avenir. « Dans les jardins publics, un système de détecteurs de mouvement a été installé afin de régler la consommation d’énergie en fonction de la présence humaine », poursuit-il avec fierté.

 

Les bâtiments publics sont dotés d’un système de récupération d’eau de pluie qui servent à alimenter les sanitaires et à l’entretien des espaces verts. 86000 litres d’eau sont ainsi récupérés chaque année. « Le développement durable consiste également en des petits gestes d’attention vers notre planète », conclut Didier Caron, en souriant paisiblement.

Didier Caron, directeur du service technique de la mairie de Loos-en-Gohelle dans son bureau – © Stefano Lorusso

Changement d’échelle

Depuis 1998, 148 logements ont été construits avec des principes écologiques. 350 emplois ont été créés. Du côté des pouvoirs publics de la ville, les idées sont claires. Le défi aujourd’hui est le changement d’échelle. Comment peut-on impliquer les particuliers pour financer la transition écologique au niveau citoyen ?

« L’avenir de l’écologie dépend du changement d’échelle. »

« La plus grande difficulté est d’appliquer les stratégies du développement durable dans le secteur privé », assume Didier Caron. Un propos qui fait l’écho à celui de Béatrice Bouquet, élue locale écologiste entre 1982 et 2004. Elle a travaillé avec les Caron, père et fils. « On est tous responsables de ce qui va venir. On doit tous changer notre mentalité par rapport à l’écologie. Toutefois, c’est vrai que chez les particuliers, cela demande un investissement économique important. La seule chose qu’on peut faire, c’est de travailler sur la culture et sur la pédagogie ». Le défi est grand, dans l’une des villes les plus pauvres du bassin minier. Ici, 60% de la population est exonérée de l’impôt sur le revenu.

« L’avenir de l’écologie dépend du changement d’échelle.» Julien Perdrigeat le sait très bien : « Loos-en-Gohelle est une petite communauté, on n’est qu’une ville laboratoire. Réfléchissez : si au lieu des 70 milliards d’euros que la France paie chaque année aux Emirats Arabes et à la Russie pour acheter de l’énergie, elle les investissait en fermes solaires, en unités de méthanisation, en mobilité soutenable, elle produirait des bénéfices économiques ».

Une nouvelle identité

Sous les terrils, cent mille kilomètres de galeries ont été creusés. Une longueur égale à deux fois et demi le tour de la terre ! Après la fermetures des mines, les élus de ce territoire ont dû gérer de lourdes conséquences environnementales : affaissement des terrains, pollutions, un territoire dévasté.

Les terrils de Loos-en-Gohelle sont le symbole de la profonde capacité de résilience de ce territoire. Créés par l’homme, apparemment stériles, ils sont aujourd’hui habités par six cent espèces d’animaux et de plantes. La nature reprend ses droits et à Loos-en-Gohelle, et l’homme la suit.

Regarder le patrimoine de Loos-en-Gohelle d’un œil numérique

Après les démolitions causées par les guerres, les affaissements dus à l’exploitation du charbon, les divisions urbaines entre les quartiers ouvriers… Que reste-t-il du patrimoine de la ville de Loos-en-Gohelle? Peu de traces historiques, mais une richesse territoriale et humaine énorme qui exige d’être racontée et valorisée. C’est là que la technologie entre en jeu.

Chronologie d’un long processus

L’idée de mettre en place un itinéraire de visite pour faire découvrir la trajectoire de la commune et suivre ses choix de développement remonte à l’année 2009. Elle est née de la volonté de l’équipe municipale, de concert avec la population. Les tablettes permettent de « rendre visible l’invisible ». De montrer efficacement aux touristes et aux visiteurs les signes et l’empreinte du passé. Et aussi de donner envie aux Loossois d’approfondir leurs connaissance de leur ville tout en fournissant des outils pédagogiques aux écoliers.

La première étape du projet est orchestrée par le bureau d’études Atemia : diverses études sont réalisées par les experts pour identifier les lieux attractifs et emblématiques de la ville et les classer par thématique. En même temps, un blog est mis en place et des groupes de travail sont crées, pour permettre aux habitants de suivre les démarches administratives, de se rencontrer et de proposer leur point de vue lors des réunions sur le projet.

Sept circuits d’interprétation sont finalement choisis. Un premier se concentre sur l’histoire minière. Deux autres expliquent la transition écologique et ses expérimentations. Un quatrième fait visiter les lieux de mémoire de la grande guerre.  Un cinquième, plus technique, s’immerge dans la base du 11/19. Enfin, un dernier circuit fait découvrir le paysage contrasté de la ville et ses terrils.

Le projet obtient  des  financements du FEDER, le fonds européen de développement régional, l’Etat et le conseil régional.

Lors de l’inauguration des circuits, en 2012, le maire Jean-François Caron rappellera, satisfait, le but ultime du projet, avec les mots suivants: « En élargissant le répertoire d’activités connu des habitants, on élargit leur capacité d’accueil, [..] on les rend fiers de faire partager l’histoire de leur ville, celle d’hier et celle de demain. »

Flavie Delvallet, 15 ans, explore le fonctionnement d’une tablette au Centre Jeunesse © Arianna Poletti

Un accompagnement interactif et innovant

Pour devenir pionniers de la troisième révolution industrielle, les Loossois ont créé différents niveaux de lecture de leur ville grâce aux nouvelles technologies.

Un premier niveau d’interprétation est disponible le long des parcours proposés par les panneaux explicatifs. Ensuite, un système d’applications multimédia pour smartphone avec GPS intégré permet d’avoir accès à des photos, à des bandes sonores et à des vidéo-témoignages de la vie agricole et la vie dans les mines. Des tablettes sont également disponibles au point d’information touristique de la ville, situé sur la base 11/19, et dans les deux commerces du centre L’Artiste Bar et Le Saint-Hubert, grâce à une coopération avec la mairie.

Les circuits sur tablette ont commencé à être utilisés l’année dernière et viennent d’être mis à jour, en juin 2017. Ils seront utilisés prochainement, en septembre, à l’occasion des journées du patrimoine. Ces outils d’accompagnement ont permis à Loos-en-Gohelle de devenir précurseur en matière des circuits d’interprétation numérique.

Une exigence de complémentarité

Nathalie TELLART, responsable de la communication de la mairie de Loos-en-Gohelle, avec une tablette à la main © Martina Mannini

Selon Nathalie Tellart, responsable de la communication de la mairie, « il faut vivre avec son temps, mais avant tout, il est indispensable de garder l’aspect humain du récit de la ville ». Rien n’est plus précieux, à son dire, pour la mémoire collective, qu’une balade en compagnie des guides des associations locales. « Ils peuvent à tout moment s’attarder sur des questions spécifiques, sur l’histoire, la géologie, la politique ou les enjeux sociaux du territoire. Ils sont aussi capables de répondre aux questions des curieux, et indirectement de transmettre la chaleur et l’envie de partage des habitants de la commune », s’enthousiasme-t-elle.

 

Elle reconnaît cependant l’un des avantages les plus importants des outils numériques: le fait de pouvoir transmettre une histoire racontée directement par son protagoniste. Mot à mot, les vidéos et enregistrements sonores permettent d’archiver un témoignage pour les générations futures.

Screen touch : tout le monde est à l’aise?

Les jeunes Loossois, qui ont plus de compétences numériques, sont plus attirés par les circuits sur smartphone et sur tablette. Les informations sont à leur portée, ils doivent juste se laisser balader par leur curiosité. En atteste le fait qu’au Centre Jeunesse Julie Nodot, la visite à tablette est devenue presque une activité ludique.

À l’inverse, les personnes d’un certain âge montrent pour le moment une petite réticence à utiliser les technologies, moins désireux d’expérimenter ce qu’ils ont connu très tard.

Parmi les plus âgés, certains ont tout de même suivi toutes les étapes du projet. Beaucoup ont pu découvrir le fonctionnement de ces outils à l’occasion de l’inauguration des circuits d’interprétation.

Même si peu ont décidé pour l’instant de poursuivre l’aventure du numérique, la situation est susceptible de changer. La ville est depuis longtemps habituée aux changements.

Trois nouvelles peintures pour le 100e anniversaire de la bataille de la Cote 70

« Je n’aurais rien pu en faire de toute façon. » Voilà l’une des raisons étrange qui a mené l’artiste peintre Josiane Wiart d’Arras à donner mercredi 9 août trois de ses peintures sur les monuments canadiens de la région au petit musée Alexandre Villedieu de Loos-en-Gohelle. Une donation qui tombe à point nommé pour les commémorations du centenaire de la bataille de la Cote 70.

Josiane WIART pose avec l’une de ses peintures au musée Alexandre Villedieu © Clémence Labasse

À quelques pas de la mairie de Loos-en-Gohelle se terre un petit musée dont les portes ne s’ouvrent que sur rendez-vous. Le musée Alexandre Villedieu, tenu par des bénévoles loossois, recèlent des trésors d’histoire qui pour la plupart ont 100 ans ou plus. Ce sont des reliques de la grande guerre, notamment de la bataille de la Cote 70 qui a vu s’affronter en 1917 les troupes allemandes et canadiennes à quelques kilomètres de la ville.

Le 9 août, Josiane Wiart du groupe artistique Bellon de Saint-Nicolas-lez-Arras a enrichi le musée de trois nouvelles pièces. Trois peintures, qui ne seront cependant présentées au public que le 22 août, lors d’une exposition conjointe à l’inauguration du mémorial canadien de la ville.

« J’ai réalisé le tableau de la pleureuse de Vimy à l’occasion d’un concours en 2007 par la Société des Rosati sur le visage du Nord-Pas-de-Calais » raconte l’artiste retraitée. « Si vous regardez bien, à l’horizon vous pouvez apercevoir les deux terrils de Loos. »

Les trois œuvres données au musé Alexandre Villedieu © Clémence Labasse

Les deux autres œuvres ont été réalisées en 2017, à l’occasion du centenaire des batailles canadiennes de la région. Elles représentent le mémorial de Vimy, à 20 minutes de Loos-en-Gohelle et l’anneau de la Mémoire, un mémorial international plus récent situé à Notre-Dame-de-Lorette.

Qu’est-ce qui a poussé cette donation ?

« Ce genre de tableaux ne s’exposent pas vraiment dans une maison, ou ailleurs. Il faut vraiment que ça parle à quelqu’un. Ça ne se vend pas, » explique Madame Wiart. « Je n’aurais rien pu en faire de toutes façons. »

L’artiste espère que dans le musée, sous les yeux de visiteurs venus des quatre coins du mondes, ses tableaux pourront trouver une nouvelle vie.

Les rêves des jeunes Loossois : rendre leurs vies utiles

Chacun a ses propres rêves, petits ou grands. Les jeunes de Loos-en-Gohelle vont vous le prouver. Dans le petit village du Pas-de-Calais, certains adolescents rêvent de réussir, de se construire un avenir et surtout d’être utile aux autres.

Quatre adolescents du Centre de la Jeunesse Julie Nodot ont accepté de partager leurs rêves. Tous ont quinze ans, des ambitions différentes mais une même envie de servir et d’être utile aux autres.

Voyager sur la lune et faire du commerce

Ophélie BERNUS, lycéenne au lycée Robespierre

Ophélie BERNUS, 15, étudiante au Lycée Robespierre /© Photo : Oudom HENG

« Moi, je me vois devenir une femme d’affaire et voyager autour du monde » affirme Ophélie Bernus, étudiante au Lycée Robespierre. Ophélie rêve de visiter différents pays. Voire même sur la lune ! « Comme j’adorerai rencontrer d’autres cultures, je me dis que l’idéal est d’évoluer professionnellement dans le commerce : j’associe ainsi deux aspects pour voyager tout en travaillant. Je me verrai bien dans le commerce international de vêtements par exemple. » Pour cette adolescente, ce qui pourraient l’aider à réaliser ses rêves serait d’apprendre à parler plusieurs langues. Ophélie étudie déjà l’espagnol et l’anglais, elle débute tout juste allemand.

« Il ne faut pas compter sur une seule langue. Je sais que je dois apprendre et comprendre le maximum de langues possibles. Comme ça, quand j’arrive dans un pays, je pourrait parler plus facilement avec les gens ». Ophélie sait déjà que dans trois ans, son baccalauréat en poche, elle devra décrocher un BTS commerce international avant de commencer cette aventure.

Devenir un magicien célèbre

Antoine WARWZYNIAK, Lycéen loossois de Saint Paul à Lens

Antoine WARWZYNIAK,15, lycéen à Saint Paul à Lens /© Photo : Oudom HENG

Étudiant loossois du Lycée Saint-Paul, à Lens, Antoine Warwzyniak rêve vraiment d’être magicien. D’emblée, Antoine raconte comment il a rencontré son idole préférée, Dani Lary, magicien illusionniste français : « J’ai envie de devenir magicien depuis que je suis tout petit. J’avais 6 ans quand ma famille m’a emmené voir un spectacle de Dani Lary. Lors du spectacle, il a choisi une personne dans la salle pour monter sur scène avec lui. Et c’était moi ! », raconte le jeune garçon des étoiles plein les yeux. « Sur scène, je reste bouche bée, je n’ai pas pu parler pendant presque cinq minutes même si Dani m’a demandé plusieurs fois mon prénom. Finalement, j’ai enfin pu participer au tour de magie avec lui : on a fait voler une table par exemple. C’est depuis ce moment, que je sais que je veux devenir magicien ».

©Vidéo : Clémence Labasse

Aujourd’hui, Antoine sait faire des tours de cartes. Il a toujours un tour dans son sac pour amuser ses amis. En ce moment, il enchaine les petits spectacles d’illusion, autour de séances d’hypnose. En espérant un jour réussir des tours magistraux, comme faire disparaître des spectateurs… Dani Lary n’a qu’à bien se tenir.

Soigner les armées françaises

Flavie DELVALLET, 15, lycéenne à Condorcet à Lens /© Photo : Oudom HENG

Élève du Lycée public Condorcet à Lens, Flavie Delvallet a également 15 ans. À l’école et même dans la famille, elle est une personne capable de remonter le moral des membres de sa famille ou de ses amis. Pendant son temps libre, elle gagne son argent de poche en faisant du baby-sitting, car elle aime beaucoup les bébés.

Les rêves de Flavie s’orientent vraiment du côté de l’humanitaire. « Je voudrais devenir infirmière militaire, car je veux soigner les soldats français à l’étranger, en Afrique ou ailleurs. Pour moi, cela permet de soigner ceux qui consacrent leur vie pour nous protéger. »

Si elle n’y arrive pas à devenir infirmière militaire, elle souhaiterait devenir psychologue. Flavie aime voyager. Elle souhaiterait aller au Canada pour faire toutes ses études.

Entre voyageur, assistante sociale et juge pour enfants

Valentine PAILLARD, 15, lycéenne de quinze ans à Saint-Paul à Lens /©Photo : Oudom HENG

Valentine Paillard n’a pas qu’un seul rêve : elle en a carrément trois ! Cette lycéenne de quinze ans étudie à Saint-Paul à Lens. Comme beaucoup de jeunes, Valentine rêve de voyager partout dans le monde, mais « pas forcément le monde entier, seulement les villes principales ».

Elle aimerait pouvoir travailler dans le secteur des aides sociales, car rendre service aux enfants et aux femmes lui tient à cœur. Cette jeune fille engagée sait clairement ce qu’elle veut faire dans l’avenir : travailler comme assistante sociale, ou alors carrément être juge des enfants. Pourquoi ces deux métiers ? Parce qu’elle a vu trop souvent, à la télévision, au cinéma, dans les médias, des images de femmes battues et d’enfants victimes de la misère et de la violence. Elle conclut : « Il faut rendre notre vie utile pour la société ».


Et vous? Nos chers lecteurs, avez-vous des rêves? Quels sont-ils?