José Herbert, un écrivain de Loos-en-Gohelle qui oeuvre dans le loufoque

José Herbert est tombé dans l’écriture après sa retraite. Cet habitant de Loos-en-Gohelle, passionné de littérature (il aime surtout jouer avec les mots anglo-saxon et explorer de nouvelles formes d’écritures) se consacre désormais exclusivement à l’écriture de plusieurs romans.

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Comédie, témoignages, humour : l’écrivain José Herbert sait jouer sur plusieurs registres. Né à Aniche en 1944, il a mené une carrière d’instituteur à Wambaix avant de devenir directeur d’école (qui n’avait que deux classes) tout en assurant des fonctions de secrétaire de mairie dans le petit village du Cambrésis de Wambaix.

Quand avez-vous commencé à écrire ?

Depuis ma retraite en 2003, je ne me consacre plus qu’à l’écriture de romans. J’avais en tête des tas d’anecdotes relatives à ma profession, et je ne voulais pas les oublier. Je les ai donc écrites, sans savoir que je trouverai facilement un éditeur séduit par mes écrits. Ce fut le début d’une belle aventure en écriture. Écrire c’est pour moi un loisir, un besoin, une véritable jouissance, donc un grand plaisir. J’ai besoin d’écrire comme j’ai besoin de respirer. J’adore manipuler la langue française, travailler un texte, utiliser des mots anciens. Le côté « financier » est second.

Qu’est-ce qui vous inspire le plus ?

D’abord mon métier pour le premier roman, un métier que j’ai fait avec passion. Ensuite la maladie de ma petite fille Lola, pour « La messe bleue ». Pour trois autres roman, ce fut ma vision un peu particulière des rapports humains, disons « loufoques » à mes yeux, ainsi que l’inspiration qui me hante, en provenance de la Mort (La Grande Faucheuse) et de la religion. Deux thèmes sont récurrents en fait dans mes romans, La Mort et La Religion.


herbert1                                                                        crédit : droit réservé

 

 

Vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans écrire ?

Tout dépend de l’importance du « longtemps ». Certaines périodes sont très fécondes, avec un besoin maladif d’écrire, d’autres sont plus calmes. Je n’écris pas de manière régulière. C’est variable, suivant l’inspiration et les possibilités que me laissent les autres activités. J’utilise toujours l’ordinateur et le traitement de texte, contrairement à certains auteurs qui écrivent directement sur papier, comme au temps passé. A part ça, j’exige du calme autour de moi, pas de télé ou de bruits divers.

Dans votre 3éme roman où vous parliez de « la messe bleue », avez-vous voulu passer un message ?

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Pas vraiment. Mon but était d’abord de satisfaire mon besoin d’écriture, en écrivant presque au jour le jour les péripéties d’un tremblement de terre qu’est l’arrivée d’un enfant très malade (maladie orpheline) au sein d’une famille. Ensuite, j’ai voulu créer une communauté autour de cette maladie, méconnue, même des médecins.

Que représente l’écriture pour vous ?

Un moyen d’expression, au même titre que la parole. Mais je préfère l’écriture, qui permet de « tout dire », sans retenue. Maîtriser la parole est difficile. L’écriture m’est plus facile pour dire ce que j’ai à dire. Et puis la parole ! Qui vous écoute ?

Quels sont vos projets?

Une sortie en septembre. Une sortie en 2017. Un ouvrage de témoignage (Maya, l’épouse de Pierre Damageux). Et j’écris en ce moment une nouvelle (une grosse nouvelle d’une centaine de pages). Tant que l’inspiration sera là, j’écrirai.

Roukia Ismaël Ibrahim

A paraître

La vie de Maya, béninoise mariée avec un français et installée à Loos en Gohelle. Témoignage. Travail bénévole au profit de l’association Kabé-Bénin dont Maya est la présidente, et qui accomplit des actions au Nord Bénin. Sortie prévue pour 2017.

Drames en Loufoquie. Roman. Sortie prévue 2017. Personnages et situation loufoques qui vivent des aventures, notamment sur le chemin fléché d’un magasin IKEA, ainsi que dans une maison penchée.

L’Association, Rires et tapage chez les Hirschsprung est une association légalement déclarée, dont le but est multiple. Venir en aide aux familles confrontées à la maladie de Hirschsprung (tout ou partie de l’intestin invalide), ensuite, aider la recherche dans le domaine de cette maladie.

Déjà parus

L’instituteur impertinent. Témoignage. 80 chapitres relatant des anecdotes familiales ou professionnelles. Plutôt humoristique.

Signé la grande faucheuse. Roman. Le squelette de la mort est personnifié. C’est « Samantha », qui vit comme tout le monde, tout en effectuant son métier, faucheuse de vies.

La messe bleue. Témoignage. Première année de vie de Lola, dont je suis le papy. Lola est atteinte à la naissance d’une maladie grave qui la prive d’intestin.

Les chiens de Pavlov. Roman. Farce loufoque. Personnages dingues qui vivent dans une société où les gens sont conditionnés, par les médias, la télé, la publicité, les discours, etc. En somme, c’est notre société. Présence de Samantha, la grande faucheuse.

Le dernier jour. Roman à suspens. Martin est écrivain. Il apprend sur un site internet la date de sa mort. Il lui reste 120 jours à vivre. Que va-t-il se passer durant ces 120 jours. Il doit en principe mourir le prochain 21 janvier à 10h22, date qui fut également celle de la décapitation de Louis XVI. Martin va organiser son dernier jour. Mais ce jour-là, il va se passer un événement qui va tout changer.

Rires et tapage chez les Hirschsprung. Recueil de 35 témoignages, que j’ai assemblés et corrigés, à propos de la maladie de Hirschsprung, qui atteint également ma petite fille Lola. Travail bénévole. Droits d’auteur reversés à l’association du même nom.

Le grand pied de Berthe. Fresque historico-loufoque inspirée du personnage emblématique de Berthe au grand pied, mère de Charlemagne et épouse de Pépin Le Bref. Berthe naît avec un grand pied, et l’autre tout à fait normal. Aventures rocambolesques ensuite. Sortie du roman début septembre.

L’histoire de l’étrange rue de Djibouti à Loos-en-Gohelle

Il faut toujours se fier à sa première impression. Elle est déterminante. Quand moi, Roukia, qui viens tout droit de Djibouti a entendu parler d’une « rue de Djibouti », je me suis dit « en voilà une ville accueillante ! ». Un vrai bonheur d’être à Loos-En-Gohelle : la ville est paisible, l’air doux et frais, l’accueil chaleureux et fraternel et si une rue a été baptisée Djibouti, c’est dire s’ils savent mettre à l’aise les étrangers de passage ! « Comme le hasard fait bien les choses », je me suis dit.

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Direction la fameuse rue en question qui se situe en fait dans la Cité Belgique. Et là, grande déception : rien ne me rappelle ces terres arides sur lesquelles j’ai grandi. Les maisons sont en briques rouges, toutes identiques, toutes alignées. M’auraient-on trompée avec cette appellation ? J’accoste une jeune femme dans la rue. « Y a-t-il des Djiboutiens qui habitent rue de Djibouti ? », demandais-je. « Non, pas du tout, ce sont plutôt des Marocains et des Belges qui habitent le quartier. »

DSC01157 DSC01154                Crédit: mairie de Loos-en-Gohelle

Il n’y a donc pas de Djibouti à Djibouti. Et encore moins de Djiboutiens. La rue de Djibouti se trouve au final dans la cité Belgique. Je commence à comprendre. Cette cité a été au début du siècle dernier, vers 1908, à l’occasion de la construction de la fosse 11 de la Compagnie des Mines de Béthune, alors basée à Grenay. C’est là qu’on y logeait les travailleurs venus de Pologne, du Maroc, d’Italie, etc. Peut-être y a-t-il eu un Djiboutien mais je commence à douter. La cité Belgique tient surtout son nom de ses occupants, de nombreux Belges qui sont venus travailler à la fosse 5 et à la fosse 11 de Béthune.

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Depuis 1958, les rues de cette cité portent ceux d’anciennes colonies françaises Africaines: Algérie, Tunisie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Soudan, Haute-Volte, Tchad, Oubangui, Cameroun, Gabon, Congo, Niger, Guinée, Dahomey et Djibouti.

 

Roukia Ismaël Ibrahim

L’Amitié d’Ophélie et Alizée est née à Loos-en-Gohelle

Ophélie et Alizée ont toutes les deux 14 ans. Ophélie a les cheveux courts, bruns et bouclés. Alizée les a blonds, très longs. Leur point commun ? Elles sont des amies inséparables. Derrière leurs sourires éclatants, on perçoit une complicité sans faille.

Tout a commencé à la maternelle. « Nous ne nous sommes jamais quittées » expliquent-elles en chœur. Elles ont suivi le même parcours, en entrant dans le même collège. Et sont désormais dans la même classe. « Chacune de nous part en vacances mais nous nous donnons quand même régulièrement des nouvelles. »

Amitié exceptionnelle

Le reste du temps, elles sont inséparables. « Un jour, à l’école, la maitresse nous a séparées parce que nous étions tout le temps en train de parler. Depuis, tous nos profs au collège font la même chose », sourient-elles complices. Même en dehors de l’école, elles continuent de s’appeler régulièrement. Le tout dans le rire et la bonne humeur !

 

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Sous des abords assez simples, ces jeunes filles pleines de vie ont au fond une forte personnalité. « Pour nous, ce qui compte, c’est d’être heureuses et d’être bien dans notre peau, nous n’aimons pas nous rendre la vie trop compliquée ». Leur optimisme naturel leur est pour cela d’une grande aide.


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Pendant leur temps libre, elles fréquentent le centre de jeunesse Julie Nodot. « On vient pour profiter des activités ensemble et pour rencontrer d’autres personnes », sourient-elles.

Ophélie n’est pas une grande sportive (à cause d’une fragilité des os de la cheville) ni une grande amatrice de théâtre (« je bégaie beaucoup »). « Mais j’aime bien m’occuper des accessoires ». Au centre jeunesse, elles aiment participer aux « diners presque parfaits » ou à « reine du shopping », comme à la télé ! « On reprend le principe des émissions : l’animateur donne un budget pour les participants, les autres jouent le rôle des spectateurs ou du jury. C’est très amusant !  »

Être épanouie auprès des grandes personnes ou des bébé

Alizée, elle, aime s’occuper des personnes âgées et des enfants : elle aime apporter un soutien aux seniors et aux nouveaux nés. « Comme je suis la benjamine de la famille et que je n’ai pas de petit frère, j’ai toujours cette image qui me vient tout le temps en tête : travailler dans une maison de retraite ou dans une garderie ». Elle s’imagine déjà prendre les bébés dans les bras, les changer, leur donner le biberon, les habiller…  » Quand je suis à la maison, j’aide ma mère pour la cuisine ou les tâches ménagères : ça me permet de passer un moment avec elle. J’adore ça ! »

Quant à Ophélie, elle voudrait travailler un jour dans un magasin de vêtements chic : « J’ai toujours rêvé de travailler dans une boutique de luxe, parce que je regarde souvent des émissions a la télé comme La Reine de Shopping : ça m’a toujours fascinée, je suis une grande fan de fringues et j’en achète à chaque fois que l’occasion se présente ».

Se projeter dans l’avenir

Alizée et Ophélie souhaiteraient se rendre au Canada pendant leurs prochaines grandes vacances.  » Au centre jeunesse, chaque équipe propose un projet à l’animateur », détaillent les deux jeunes filles pétillantes. « Celui qu’on a en tête depuis un bon moment, c’est de se rendre au Canada pour rencontrer des amis, mais aussi découvrir un pays étranger. » Pour mettre de l’argent de côté, elles pensent à plusieurs actions, comme du lavage de voiture par exemple.

 » On ne se retourne pas quand on marche sur la corde du rêve », disait Fatou Diome, femme de lettres sénégalaise. Alors les deux jeunes filles tiennent la corde !

 

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Roukia Ismaël