Présentation de la nouvelle équipe de Lost in Gohelle : Vincent, un parcours de combattant

Les étudiants burkinabés connaissent plus le responsable syndical. Et pour cause, Vincent Bado est jusqu’à ce jour, secrétaire général de l’Union générale des étudiants Burkinabè (UGEB), la principale organisation d’étudiants à caractère syndical de son pays d’origine, le Burkina Faso.

Vincent BADO, lors de son premier jour à Loos-en-Gohelle © Stefano Lorusso

Les étudiants connaissent certainement moins sa casquette de journaliste. C’est pourtant ce qui l’a conduit en France, à l’école supérieure de journalisme (ESJ) de Lille. Il vient d’arriver à Lille jeudi dernier pour rejoindre l’aventure Lost in Gohelle. Mais qui est Vincent?

Vincent est le cinquième d’une fratrie de sept enfants. Il est né à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, un matin d’octobre 1992. Cinq ans plus tard, il commence son cursus scolaire à l’école primaire complexe Sono, une école de six classes pas très loin de chez lui. Brillant, il est toujours dans le box des cinq meilleurs de sa classe jusqu’en fin d’école primaire. Bon lecteur, il a été à plusieurs reprises désigné pour lire des discours lors des événements qu’organise l’école. Mais sa passion pour le journalisme est née au lycée. En classe de 1ère, l’adolescent de 16 ans constitue avec quelques camarades du Lycée Wend Manégré, « une rédaction » qui s’amusait à publier des articles écrits à la main, sur des faits divers, que les lecteurs se passaient de main en main.

Et puis l’insurrection d’octobre 2014 est passée par là

Dans la vie de Vincent, beaucoup d’événements ont influencé sa volonté de devenir journaliste. Déjà en décembre 1998, le pays est en ébullition parce que Norbert Zongo, un journaliste défenseur des droits humains, a été assassiné, immolé avec trois des ses compagnons. Il était encore tout petit mais il se rappelle être descendu dans la rue à l’époque pour réclamer, même s’il n’y comprenait pas grand chose, « vérité et justice ».

D’ailleurs 1998 marque un tournant décisif dans la vie politique du Burkina Faso: une succession de mouvements sociaux aboutissent à une insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Avant, pendant et après cette insurrection qui a vu la fuite de l’ancien président du pays, Blaise Compaoré, Vincent est toujours parmi ces millions de jeunes burkinabés qui descendent dans la rue pour réclamer une vraie démocratie. Après l’insurrection de 2014, il intègre un bimensuel en juin 2015. Un bimensuel au nom évocateur: La Rupture.

À côté, il continue ses études dans le département d’études anglophones à l’Université de Ouagadougou d’où il décroche sa licence en 2017. Il n’hésite à postuler au concours d’entrée à l’ESJ Lille. Et le voilà à Loos-en-Gohelle… Le début d’un nouveau parcours.

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