L’association Loos N’Gourma au coeur d’actions au Burkina Faso

Depuis 1981, l’association Loos N’gourma basée à Loos-en-Gohelle soutient  le village de Sampieri dans la commune de Kantchari au Burkina Faso. 

Quel lien entre Loos-en-Gohelle et Sampieri, village où l’association intervient dans le domaine de l’agroécologie ? Comment une Loossoise est-elle tombée sous le charme du Burkina Faso, au point de s’investir pendant toutes ces années ? Quelles sont les actions de l’association au Burkina Faso?

Rencontre avec Béatrice Bouquet, présidente de l’association depuis 1994.

Béatrice Bouquet, président de Loos N'Gourma crédit Photo: Shi Xiaohan

Béatrice Bouquet, Présidente de Loos N’Gourma
crédit Photo: Shi Xiaohan

D’un voyage touristique à une vie d’engagement!

L’histoire qui lie Béatrice Bouquet et le Burkina Faso date d’au moins 35 ans. A l’époque, encore jeune fille, Béatrice s’intéresse déjà aux questions internationales. Avec ses soeurs, elle rêve même de faire le tour du monde, et de l’Afrique en particulier.

Son premier voyage sur le continent africain se fera avec des amis. Tous s’envolent pour la première fois au Bénin en Afrique de l’Ouest. Nous sommes au début des années 80. A l’époque, avec son mari, Béatrice décide de faire d’une pierre deux coups. Elle profite pour visiter ses partenaires au Burkina Faso. Son coeur reste alors définitivement en Afrique. “Ce premier voyage m’a donné l’occasion de mettre en oeuvre ce à quoi je pensais depuis toujours : notamment en aidant les écoles et les hôpitaux. Mais pas que, il y a aussi la joie et le bonheur qu’on reçoit des autres. C’est un enrichissement mutuel. Je peux donc dire que l’accueil de la population a influencé mon engagement.

 

600 paysans déjà formés

Aujourd’hui, l’association se développe essentiellement à Kantchari, une ville de quelques milliers d’âmes à l’Est du Burkina Faso. Loos N’Gourma y propose notamment d’échanger sur différents thèmes dont l’agroécologie (une façon de concevoir des systèmes de production de façon à respecter l’environnement), un thème très cher à l’association.

Près de 600 paysans ont déjà été formés dans la région, ce qui est énorme dans une ville où l’agriculture représente 95% des ressources. “Il a eu tellement d’engouement pour la formation que le lieu est carrément devenu un centre de formation à Sampieri l’un des villages de la commune pour apprendre l’agriculture, la lecture et l’écriture, l’énergie solaire, la construction mais aussi la gestion bio digesteur (une cuve qui permet de générer du biogaz grâce aux matières organiques).”

Dans cette commune, huit forages ont déjà été installés dans les villages pour faciliter l’accès à l’eau. L’association a finalement construit, avec l’aide de huit partenaires privés et publics dont le conseil départemental du Pas-de-Calais, un centre d’hébergement en internat avec la méthode de construction des « voûtes nubiennes » (une technique novatrice utilisant la terre comme matière première). C’était une première dans la région.

Béatrice Bouquet , en arrière plan, la photo de la carte du Burkina Faso Crédit Photo: Shi Xiaohan

Béatrice Bouquet , en arrière plan, la photo de la carte du Burkina Faso
Crédit Photo: Shi Xiaohan

Encore des défis

« Notre prochaine étape, c’est d’être reconnu par l’Etat burkinabé comme une école de formation » explique Béatrice Bouquet au local de l’association de la rue Roger Salengro à Loos-en-Gohelle. « Nous ne nous positionnons pas en donneur des leçons mais l’on s’appuie sur les structures du pays. Nous réfléchissons à comment améliorer ce qui se fait déjà”. Parallèlement, plusieurs autres actions ont été menées, à commencer par la réhabilitation d’une maternité, la construction d’une bibliothèque, l’installation d’une halte garderie.  L’association envisage de faire encore plus, toujours dans le domaine du développement durable et de l’agroécologie.

Impliquée à Loos-en-Gohelle

En attendant, l’association sera présente lors de la Semaine de la solidarité internationale, organisée en novembre de chaque année à Loos-en-Gohelle. Elle réunie une dizaine d’associations du collectif de la Gohelle pour l’éducation au développement et à la solidarité internationale. L’événement accueille de nombreux participants dont les écoliers, afin qu’ils se rendent compte des difficultés d’accès à l’éducation d’autres enfants dans le monde. Il y a également toutes sortes d’animations et chaque année des nouveaux thèmes : cette année, place notamment à un concert de musique malienne avec Badala Foly.

“ Le monde est en mouvement, nous devons prôner le vivre ensemble”  précise Béatrice Bouquet, “c’est d’ailleurs le thème que nous allons développer cette année avec les participants, lors de la semaine de la solidarité.”

Une correspondance entre le Burkina et Loos

L’association N’Gourma a tissé le lien entre deux jeunes filles, qui ne sont âgées que d’une dizaine d’années à l’époque : Océane Ten, à Loos-en-Gohelle et Florence à Sampieri. Océane n’a jamais mis un pied au Burkina Faso mais c’est à travers les lettres qu’elle voyage : « J’y ai découvert les modes de vies, les coutumes, les tenues vestimentaires, bref j’ai été plongée dans le quotidien des habitants de ce petit village ».

Les deux filles partagent leur quotidien par lettres interposées. “Nos échanges tournaient autour de notre vie de tous les jours. On parlait des fêtes de noël, je savais qu’elle allait puiser de l’eau dans les puits, qu’à un moment sa soeur était souffrante, etc. » Océane recevait aussi des photos. « Sans m’être jamais rendue dans son village, je peux le décrire. Une fois, elle m’a envoyé un costume typiquement burkinabé, je l’ai gardé pendant longtemps. C’était un bel échange culturel entre nous. » Aujourd’hui, sa correspondante est enseignante d’anglais. Même si les échanges de lettres ne sont plus réguliers qu’autrefois, elles ont gardé contact. « D’ailleurs, je dois lui envoyer une lettre un de ces jours” , conclut-elle sourire aux lèvres.

 

Ange Kasongo

4 commentaires

  • Madame, Monsieur,

    Actuellement chargée de projet biodiversité à la Fondation Nicolas Hulot, je suis en train de préparer un visuel qui mettrait à l’honneur les femmes et leurs actions pour la journée internationale de la femme, avec une photo et un petit texte très rapide (environ 5 phrases).
    A cette occasion, Sébastien Galy, directeur des projets d’action au national et à l’international, m’a conseillé de mettre en valeur les actions de Béatrice Bouquet.
    C’est pourquoi je me demandais si vous accepteriez que nous utilisions la photographie où on la voit en portrait sur ce site, celle qui a en légende : » Béatrice Bouquet, Présidente de Loos N’Gourma
    crédit Photo: Shi Xiaohan ».

    Si oui, pourriez-vous me le faire savoir d’ici la fin de semaine ?

    Je vous remercie d’avance et reste à votre entière disposition pour toute éventuelle question,

    Bien cordialement,

    Géraldine Audrerie

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