Tour d’Afrique à vélo, à 25 ans : Julian Perdrigeat  l’a fait !

En 2011, il a traversé l’Afrique à vélo. Ce projet fou et courageux, Julian Perdrigeat, aujourd’hui directeur de cabinet du maire, en parle comme si c’était hier.

Julian Perdrigeat, Crédit Photo: Charlotte Mesurolle

Julian Perdrigeat à la mairie de Loos-en-Gohelle, Crédit Photo: Charlotte Mesurolle

« J’avais un rêve : faire un voyage au long cours, un voyage où je dépasserai la frustration du retour et j’aurais envie de rentrer chez moi« , raconte Julian Perdrigeat. En un an et demi, il a parcouru 15 000 kilomètres de routes, rencontré des centaines de personnes et vécu d’incroyables aventures.

Aujourd’hui, directeur du cabinet du maire Jean-François Caron à Loos-en-Gohelle (Les Verts), il sait qu’il a réalisé une prouesse incroyable. Dont il parle encore avec des étoiles dans les yeux. « Ce n’était pourtant pas facile de se jeter dans l’inconnu, avec pour un seul bagage de 15 kilos et un vélo dont je savais à peine changer la roue ».

La poursuite d’un rêve 

Tout est parti de plusieurs envies : l’envie de découvrir l’Algérie de son grand-père paternel, l’envie de rallier Sharpeville pour rencontrer Nelson Mandela, l’envie d’échanger des expériences, d’explorer des modes de vie par nature écologiques. « Le virus m’a aussi été transmis par le livre L’usage du monde de Nicolas Bouvier », Confie-t-il.

Il a donc décidé de faire un tour d’Afrique à vélo. Pourquoi le vélo? « Parce que je voulais voyager de façon ni trop rapide, ni trop lente tout en étant autonome« , comme il l’explique sur son blog. 

Julian Perdrigeat pret à pédaller, photo prise à Lille devant l'école Quinet Rollin, Wazemmes, Crédit Photo: http://juliancyclo.tumblr.com/velo

Julian Perdrigeat – Photo prise à Lille devant l’école Quinet Rollin, Wazemmes,
Crédit Photo: http://juliancyclo.tumblr.com/velo

Plusieurs questions taraudent l’esprit du jeune de 25 ans qu’il est à l’époque : comment le peuple africain a-t-il réussi à surmonter le choc de la colonisation ? Comment ont-ils eu cette capacité de résilience pour se reconstruire ? Le jeune diplômé de sciences politiques veut avoir les réponses directement en Afrique plutôt que dans les livres. Après avoir réussi son concours de la fonction publique territoriale, le jeune homme décide de repousser sa titularisation le temps de voyager.

Les réalités du voyage 

Il a mis un peu d’argent de côté. Le reste se fera à l’improvisation : « J’ai fait avec quelques contacts sur place mais j’ai aussi eu de la chance de tomber sur les bonnes personnes ». Et notamment, non pas Nelson Mandela qui était à l’époque souffrant mais son bras droit Ahmed Mohamed Kathrada, un « freedom fighter » devenu un homme politique sud africain.

« Ahmed a passé 24 ans de sa vie en prison avec Mandela », raconte Julian Perdrigeat qui a eu la chance de l’accompagner sur les lieux mêmes où les deux partisans de la paix ont été emprisonnés. « Nous étions avec des jeunes pour lesquels je m’investissais bénévolement : quand nous sommes entrés dans les lieux, tous ont entamé une danse tribale. C’était très émouvant. Mandela fait partie des personnalités publiques qui m’ont toujours inspiré. »

Au final, le voyage aura duré un an et demi, comprenant un an de traversée et quelques mois d’arrêt dans de grandes villes comme Alger, Cotonou, Dakar ou encore Soweto. Route qui se termine par une étendue de sable, camions de marchandises bondés par des passagers clandestins, train qui déraille en pleine cambrousse, passage de frontières dans des endroits compliqués : malgré tous les obstacles, Julian Perdrigeat a donc réalisé son rêve.

Ange Kasongo 

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